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Carte bancaire : les commerçants vont-ils jouer le jeu du cash-back ?

Les décrets encadrant la fourniture d’espèces dans le cadre d’une opération de paiement par carte – une pratique connue sous le nom de cash-back – sont attendus très prochainement. Les commerçants, premiers intéressés, vont-il jouer le jeu et accepter de fournir du cash à leurs clients ? Les réponses de Jean-Michel Chanavas

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Jean-Michel Chanavas, quel est le point de vue des commerçants sur le futur encadrement de la pratique du cash-back en France, qui pourrait faire décoller son usage ?

Capture d’écran 2018-10-24 à 16.05.19.pngJean-Michel Chanavas : « Il faut rappeler qu’il s’agit d’une normalisation, à l’échelle européenne d’une pratique qui existe déjà de manière informelle. Il est logique que les commerçants français proposent également ce service, comme ailleurs en Europe. Cela correspond aux attentes des clients. »

Qu’attendent les commerçants des décrets à paraître ?

J-M. C. : « Une ouverture la plus large possible, mais aussi de la liberté pour les commerçants : liberté de fournir ou non le service, de le réserver à certains clients – les plus fidèles par exemple -, d’ajuster le plafond à leur guise… Nous attendons maintenant avec impatience la publication des décrets, histoire d’être fixés. »

Ce service aura un coût pour les commerçants qui le proposeront. Quel sera son modèle économique ?

J-M. C. : « Effectivement, le cash-back viendra grossir de quelques centimes la commission versée par le commerçant à sa banque. Ce n’est pas énorme, mais c’est un coût. Il présente toutefois certains intérêts. Celui par exemple de mieux satisfaire sa clientèle, en offrant un service supplémentaire. Celui aussi de se délester d’une partie de ses espèces, ce qui représente un gain de temps et surtout de sécurité. C’est pourquoi il ne serait pas judicieux de facturer un service qui, dans l’esprit des gens, n’a d’intérêt que s’il est gratuit. »

Les commerçants ont-ils vocation à se substituer aux banques pour la fourniture d’espèces ?

« Les gens ne vont pas se précipiter »

J-M. C. : « En France, contrairement à d’autres pays, il reste possible de retirer de l’argent gratuitement aux distributeurs. Les gens ne vont donc pas se précipiter sur le cash-back. Toutefois, c’est un service qui aura son intérêt pour certaines catégories de clients – les personnes âgées par exemple, qui craignent parfois d’utiliser les DAB – et dans certaines communes où les DAB se font rares. »

Quels seront selon vous les types de commerces les plus pertinents pour proposer ce service ?

J-M. C. : « Ceux, d’abord, qui reçoivent beaucoup de cash : les buralistes en premier lieu. La petite et grande distribution alimentaire, ensuite, en tant que service de fidélisation : Casino est d’ailleurs la première enseigne à lancer le cash-back à grande échelle, aux caisses en libre-service uniquement. Certains commerces plus spécifiques enfin, comme les stations services sur autoroute, qui ont l’obligation de fournir un accès aux espèces et pourraient en profiter pour remplacer les distributeurs automatiques par du cash-back.

N’y a-t-il pas un risque que le cash-back soit utilisé de manière frauduleuse ?

« Un usage difficile à détourner »

J-M. C. : « Le cash n’a, en général, pas bonne réputation, son usage est souvent entaché de soupçons de blanchiment. Dans le cas du cash-back, je ne vois pas comment son usage pourrait être détourné. Depuis le 1er janvier 2018, les commerçants sont soumis à de nouvelles obligations en matière de conformité des logiciels de caisse. Chaque opération de cash-back laissera ainsi dans leur comptabilité une trace impossible à effacer. »
En savoir plus sur https://www.cbanque.com

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Arkéa : la direction outrepasse (encore) l’avis des syndicats

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  • Publié le: vendredi 19 octobre 2018

Les syndicats de la banque bretonne Arkéa viennent, encore une fois, de prendre position contre le projet de désaffiliation du Crédit Mutuel porté par leur direction. Qui, comme à son habitude, a décidé de ne pas en tenir compte.

Pour les syndicats d’Arkéa, les jours se suivent et se ressemblent. Depuis plusieurs mois, la direction de banque bretonne, engagée dans un processus de sécession vis-à-vis de sa maison-mère, la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), boude les représentants syndicaux, opposés au projet.

Ce 18 octobre, les élus du Comité central d’entreprise votaient contre l’indépendance, à une large majorité, estimant que ce plan «?demeure dans un flou juridique?» et ne tient pas compte «?de paramètres essentiels comme le coût de refinancement, la possible dégradation de la notation bancaire, les incertitudes concernant les besoins en fonds propres ou encore la concurrence de nouvelles agences Crédit Mutuel?».

N’étant que consultatif, l’avis des syndicats n’a en rien changé les plans de la direction qui a «?pris acte de l’opposition des instances représentatives, tout en confirmant la poursuite de cette mise en œuvre?».

Dégradation du climat social

 

Rien ne va plus entre la direction et les syndicats de la banque bretonne : selon ces derniers, les dirigeants du Crédit Mutuel Arkéa (CMA), alternent entre rétention d’informations et désinformation, dans le seul but de faire capoter toute entreprise de contestation. «?Les attaques répétées du collectif de salariés [Vent Debout pour l’emploi, NDLR], dénigrant le travail des instances représentatives du personnel, avec les moyens que la direction leur a largement octroyés, (…) ont renforcé le clivage entre salariés?», affirme ainsi l’intersyndicale qui déplore également que «?l’outil Twitter [ait été] largement utilisé (…) de manière outrancière et univoque par la communication de l’entreprise pour appuyer son projet d’indépendance?».

La fracture entre la direction et les syndicats ne date pas d’hier. En juillet dernier, déjà, les représentants syndicaux se plaignaient du trop peu d’informations fournies par la direction, qui venait de rendre un document explicitant le projet de sécession. «?Un document de 34 pages, dont à peine 20 sont vraiment utiles, regrettaient alors les syndicats. C’est maigrelet pour une réforme de fond [et] vraiment peu pour un texte censé détailler les conséquences sociales, économiques et juridiques de la séparation.?»

Les élus du personnel de dénoncer également l’attitude du «?directeur général, Ronan Le Moal, [qui] n’est pas venu au comité central d’entreprise [du 5 juillet dernier, ndlr] alors qu’il présente le projet à tout le monde sur Twitter?». Une mise en coupe réglée des syndicats, qui en ont «?appris bien plus par la presse que dans [le] document?» fourni par les dirigeants.

«?Incertitude et menaces?»

 

Si le calendrier initial est respecté, les quelque 300 administrateurs des caisses locales d’Arkéa devraient se prononcer, courant novembre, sur la sécession effective du groupe breton. Qui perdrait, si le «?oui?» l’emporte, l’usage de la «?marque?» Crédit Mutuel, ainsi que plusieurs avantages importants liés au statut mutualiste, comme les mécanismes de solidarité financière prévus par la CNCM. Si bien que la nouvelle banque n’aurait plus rien de comparable avec l’ancienne, les caisses locales perdant alors leurs pouvoirs et le modèle économique d’Arkéa sa stabilité.

Loin de faire la sourde oreille, les dirigeants en ont bien conscience, eux qui, dans le «?document de référence?» publié fin août dernier, ont reconnu que «?le projet de désaffiliation […] est inédit et particulièrement complexe à réaliser. [L’indépendance d’Arkéa aura] des conséquences qui peuvent être difficiles à appréhender [et la direction] ne peut garantir que le projet sera conduit à son terme, qu’il ne devra pas faire l’objet de modifications majeures […]?».

Ces risques sérieux, les autorités de tutelle de la banque (Banque de France, Banque centrale européenne [BCE] et gouvernement) les avaient déjà communiqués aux dirigeants d’Arkéa, en début d’année. Qui, après les avoir balayés d’un revers de main, ont été contraints de mettre de l’eau dans leur vin. Sauf que, devant la vive dégradation de la situation sociale, au sein du groupe breton, les syndicats ont décidé d’en référer à leurs tutelles, en leur faisant suivre le courrier adressé au directeur général et au DRH, dans lequel ils exprimaient leurs craintes quant au futur d’Arkéa.

Selon les représentants du personnel, les autorités de tutelle, ayant joué franc jeu avec la direction depuis le départ, pourraient laisser libre cours à leur «?colère?». Et, par conséquent, se ranger du côté des syndicats. Qui ont déjà reçu, il y a quelques mois, le soutien indirect de Frédéric Ranchon, le président d’Arkéa Massif Central — l’une des trois fédérations de la banque bretonne —, qui a choisi de «?quitter Arkéa?». «?L’incertitude et les menaces qui planent sur le projet d’indépendance […] nous l’imposaient. Nous ne l’avons pas fait par ambition personnelle, mais dans l’intérêt de nos sociétaires et collaborateurs?» estimait-il alors.

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Arkéa : le projet de scission du Crédit Mutuel trop « flou » rejeté par le comité d’entreprise

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Le Comité central d’entreprise (CCE) de la banque régionale a remis un avis défavorable au projet de sortie de l’ensemble Crédit Mutuel. Les élus, et les syndicats Cfdt, Snb et Unsa, ont déploré le « flou juridique » du projet et les incertitudes sur l’emploi. La direction d’Arkéa a pris acte mais assure que le processus suit son cours, avec une nouvelle consultation des caisses locales avant la fin de l’année.

L’avis défavorable rendu par le Comité central d’entreprise (CCE), ce jeudi 18 octobre, sur le projet de scission du Crédit Mutuel Arkéa n’est pas une immense surprise. Le divorce est consommé depuis des mois entre la direction, les élus du personnel et les syndicats. Un avis rendu dans le cadre du processus d’information consultation des instances représentatives du personnel de la banque régionale, qui regroupe les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central, et emploie près de 10.000 personnes.

« Les organisations syndicales Cfdt, SNB, Unsa, dans une déclaration commune lors du Comité Central d’Entreprise de ce jour, 18 octobre 2018, ont appuyé les avis défavorables des instances centrales (CPC-HSCT et CCE) au projet de scission du Crédit Mutuel Arkéa de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel. Pour les trois OSR [organisations syndicales représentatives], le projet porté par les dirigeants demeure dans un flou juridique et ne lève aucune incertitude sur le devenir économique et social du groupe » ont-elles indiqué dans un communiqué.

Elles s’inquiètent pour l’emploi et observent qu’à ce jour « aucune étude n’a été menée concernant l’impact pour les salariés du groupe d’une rupture avec la CNCM, sur la perte de la marque ou d’une implantation de nouvelles fédérations sur les territoires aujourd’hui dévolus à Crédit Mutuel Arkéa« .

Les syndicats déplorent par ailleurs la « dégradation du climat social » et les « dénigrements » qu’ils subissent au sein de l’entreprise.

Lire aussi : Crédit Mutuel vs Arkéa : la « guerre civile » bancaire

Imperturbable, la la direction d’Arkéa a dit « prendre acte » de cet avis dans un communiqué.

« Cette phase de consultation étant désormais achevée, le groupe va poursuivre la mise en œuvre opérationnelle du projet » ajoute-t-elle.

Le groupe qui se fait désormais appeler Arkéa tout court assure avoir « des échanges réguliers avec les régulateurs en vue de finaliser le schéma technique » qui sera soumis au vote des caisses locales, prévu initialement avant la fin de l’année.

« Selon le rapport d’expertise du cabinet Syndex, mandaté par les IRP [instances représentatives du personnel], il ressort qu’une très large majorité des salariés consultés affirment leur confiance dans la direction pour mener à bien le projet d’indépendance du groupe » fait valoir la direction.

Au printemps, les administrateurs des caisses locales avaient très largement approuvé (à 94%) le projet d’indépendance porté par la direction, le président Jean-Pierre Denis et le directeur général Ronan Le Moal.

 

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Banque. Projet d’indépendance d’Arkéa?: le non des syndicats

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Le Crédit Mutuel Arkéa, 10?000 salariés, en froid avec la Confédération nationale du Crédit Mutuel souhaite reprendre son indépendance. Un divorce houleux marqué par de multiples procédures. Ce jeudi 18 octobre, les élus du Comité central d’entreprise ont voté à une large majorité contre ce projet. Un avis qui n’est que consultatif.

La direction du groupe bancaire mutualiste Arkéa qui souhaite se séparer du groupe Crédit Mutuel a présenté ce jeudi 18 octobre le plan qui sera soumis au vote des caisses locales.

Il prévoit la mise en place d’une banque coopérative et l’abandon de la marque Crédit Mutuel. Les caisses locales perdaient leur statut de banque mais conserveraient un rôle de solidarité et d’animation sur leur territoire. Un schéma proche de celui adopté par les Caisses d’Épargne.

«?Flou juridique?»

Les instances centrales (CPC-HSCT et Comité central d’entreprise) ont voté contre ce plan à une large majorité (treize voix sur quinze). Ce vote n’a qu’une dimension consultative. Il n’est donc pas en mesure de remettre en cause le projet porté par la direction d’Arkéa.

Dans un communiqué, trois organisations syndicales, CFDT, SNB et Unsa, estiment que ce plan «?demeure dans un flou juridique?». Elles s’inquiètent des conséquences de cette séparation pour l’emploi et d’un scénario économique «?ne tenant pas compte de paramètres essentiels comme le coût de refinancement, la possible dégradation de la notation bancaire, les incertitudes concernant les besoins en fonds propres ou encore la concurrence de nouvelles agences Crédit Mutuel?».

En Bretagne et dans le Sud-Ouest

Si Arkéa reprend son indépendance, le groupe Crédit Mutuel a en effet annoncé son intention d’ouvrir un réseau d’agences en Bretagne et dans le Sud Ouest, les régions couvertes par Arkéa. «?Cela impliquerait la création d’une centaine d’agences avec un coût compris entre 400 et 500 millions d’euros?», analyse Ronan Le Moal, directeur du Crédit Mutuel Arkéa qui reste optimiste sur la réalisation de ce projet.

Au printemps, les caisses locales de Bretagne et du Sud Ouest s’étaient prononcées à une large majorité pour cette scission. Elles auront à se prononcer sur ce projet d’ici à la fin de l’année. Ce feu vert ne sera pas suffisant. Les autorités de régulation avec la Banque centrale européenne doivent aussi émettre un avis. Elles ont déjà exprimé leurs réserves dans un courrier adressé à la direction d’Arkéa cet été. «?Le projet est désormais en bonne voie?», assure de son côté Ronan Le Moal.

Reste enfin la question de la place de la Confédération nationale du Crédit Mutuel. Cette dernière estime être en droit d’accepter ou de refuser cette demande de scission. Un point de vue contesté par la direction d’Arkéa qui défend un processus «?de désaffiliation unilatérale?».

Patrice MOYON

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L’intersyndicale CFDT SNB UNSA rend un avis défavorable au projet de scission chez Arkéa

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Un nouveau comité central d’entreprise se tenait chez Arkéa, ce jeudi au Relecq-Kerhuon (Finistère). Ces syndicats représentatifs ont fait part de leur opposition au projet de sortie de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel.

Le CCE avait déjà pris acte du projet des dirigeants d’Arkéa, sans se positionner encore. Aujourd’hui c’est chose faite, le CCE, mais aussi la majorité des représentants du personnel au sein d’Arkéa a fait part de son opposition au projet de désaffiliation de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel.

Grosse différence entre le vote des administrateurs et l’avis des instances centrales

Dans ce conflit bancaire, l’enjeu pour Arkéa est de devenir un groupe autonome, de quitter le CNCM, et pour cela, les caisses locales ont été amenées à voter au printemps. Un vote largement en faveur de l’idée de scission. Mais le sentiment des administrateurs n’est pas forcément le même que celui des salariés du groupe.

Dans le détail, le vote de ce jour est bien sûr consultatif, mais il met encore un nouveau coup de projecteur sur la défiance qui existe entre d’un côté les dirigeants d’Arkéa et le collectif de salariés, et de l’autre les instances centrales du Crédit Mutuel Arkéa. La CFDT, le SNB et l’UNSA expliquent dans un communiqué que « le projet porté par les dirigeants demeure dans un flou juridiqueet ne lève aucune incertitude sur le devenir économique et social du groupe ». La récente publication du document de référence de la banque a jeté encore un trouble sur le devenir d’Arkéa, et ses perspectives.

Flou sur le projet et ses impacts

L’intersyndicale ajoute : « à ce jour aucune étude n’a été menée concernant l’impact pour les salariés du groupe d’une rupture avec la CNCM, sur la perte de la marque ou d’une implantation de nouvelles fédérations sur les territoires aujourd’hui dévolus à Crédit Mutuel Arkéa ».

De son côté, la direction d’Arkéa a toujours défendu l’idée que si le groupe reste au sein de la CNCM, il y avait des risques de re-centralisation et donc, sur l’emploi. Les chiffres avancés varient, mais parlent de 3 à 4000.

Climat social dégradé

Par ailleurs, le CCE de ce jour a été l’occasion pour les organisations syndicales de redire qu’ils « déplorent conjointement la dégradation du climat social au sein de l’entreprise, récusent les procès d’intention dont ils font régulièrement l’objet et regrettent les dénigrements qu’ils subissent dans le simple exercice de leurs missions ».

Jeudi 18 octobre 2018 à 12:24Par Benjamin Bourgine, France Bleu Breizh Izel et France Bleu Armorique

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