Non classé

Election TPE, avec 12,49 % des voix, l’UNSA enregistre la plus forte progression

capture-decran-2017-02-05-a-07-56-02

capture-decran-2017-02-05-a-07-57-01

Les résultats des élections des Très Petites Entreprises (TPE), qui se sont déroulées du 30 décembre 2016 au 13 janvier 2017, viennent d’être publiés.

Avec 12,49 % des voix, l’UNSA enregistre la plus forte progression. Au regard du scrutin TPE précédent de 2012, elle est en effet la seule organisation à améliorer son score, en pourcentage (+ 5,17 %) comme en voix ( + 18,5 %). L’UNSA consolide ainsi sa 4ème place et se rapproche des trois premiers, à 0,5 point seulement du 3ème.

Ces bons résultats sont d’abord à mettre au compte de l’offre syndicale développée par l’UNSA auprès des salariés de TPE. Elle les considère comme des salariés à part entière, qui ont d’abord besoin d’information, d’aide juridique, d’assistance administrative, bref d’un syndicalisme utile, efficace et responsable. Ils sont le fruit aussi d’une campagne de terrain dynamique menée par des équipes militantes motivées.

Cet excellent score réalisé par l’UNSA ne lui fait pas oublier le très fort taux d’abstention qui marque ce scrutin. Déjà faible en 2012 avec 10,09 %, la participation chute en effet à 7,23 % en 2017.

Le report du vote pendant la période des fêtes de fin d’année en est la principale explication. Cela engage la responsabilité de la CGT qui ne pouvait ignorer les conséquences d’un recours qu’elle a déposé tardivement.
Mais au-delà de cet épisode procédurier, la faible participation témoigne du degré d’extériorité des salariés de TPE à l’égard du syndicalisme. Ce sentiment, ressenti par près de 20 % du salariat français, devrait interpeller le syndicalisme dans son ensemble.

Pour sa part, et à la hauteur de sa responsabilité, l’UNSA entend bien continuer à répondre aux attentes de ces salariés qui, parce qu’ils sont des salariés à part entière, méritent aussi d’être défendus et conseillés à part entière.

Non classé

3,5% de rendement pour l’emprunt Crédit Mutuel Arkéa 2029

Capture d’écran 2016-08-17 à 14.23.07

Le groupe de bancassurance français a récolté mercredi 500 millions d’euros lors de la mise sur le marché de son emprunt subordonné échéant au 09/02/2029 et au coupon de 3,5%.

Sur le secondaire, cette obligation, à la coupure de 100.000 euros, se traite ce matin légèrement sous son prix d’émission, portant le rendement à 3,55%. Bien que Crédit Mutuel Arkéa n’ait pas fait de demande de rating pour cet emprunt spécifique, il est à noter que S&P attribue cependant une note A à sa dette long terme non sécurisée.

Quelques mots sur l’émetteur

Crédit Mutuel Arkéa est un groupe de bancassurance français qui couvre, à l’aide de ses nombreuses filiales, l’ensemble des métiers de la banque, de l’assurance et de la finance, en France, Belgique et au Luxembourg. Il s’adresse aux particuliers, professionnels et entreprises dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas les 10 millions d’euros.
Le groupe se présente comme profondément ancré dans l’univers numérique et de la finance en ligne. Il est le premier à avoir proposé ses services sur Internet (1995) et à avoir développé une application pour smartphone (en 2009) et Google (NASDAQ:GOOGL) Glass (en 2014). Crédit Mutuel Arkéa a par ailleurs lancé en 2009 la banque en ligne Fortuneo Banque, l’un des leaders en France et en Belgique, avec plus de 365.000 clients. En 2015, il a acquis Leetchi, plate-forme permettant de réaliser des cagnottes en ligne qui compte plus de 5 millions de clients, et début 2016, le groupe a racheté le leader de la banque en ligne en Belgique, Keytrade Bank.

Des chiffres en hausse

Dans son rapport semestriel au 30 juin 2016, Crédit Mutuel Arkéa présente des chiffres en progression par rapport à la même période un an plus tôt : une hausse de 7,4% des clients en portefeuille (près de 3,9 millions de clients), une augmentation de 3,4% (soit 1,5 milliard d’euros) des encours de crédit ainsi que de 7,5% (ou 6,5 milliards d’euros) des encours d’épargne,… Le résultat net, en hausse de 24,4%, à 187 millions d’euros, représente par ailleurs un plus haut historique sur un premier semestre pour le groupe.

Non classé

Des bornes pour sonder le bien-être au travail , la DRH ARKEA ne devrait-elle pas s’en inspirer? …

capture-decran-2017-01-26-a-08-31-56

La Maif s’est équipée, à Marseille, de bornes pour sonder l’humeur des collaborateurs. Plus de 70 % d’entre eux répondent régulièrement, permettant d’améliorer le pilotage RH et d’agir sur la performance des équipes.

Il voulait mesurer le moral de ses troupes. Marc Violette, responsable du centre d’appels téléphoniques pour les sociétaires (CATS) de la Maif de Marseille, a donc préparé un questionnaire, réalisé sous Excel et mis à la disposition des collaborateurs sur un ordinateur. La démarche s’est révélée contraignante, ne garantissant pas totalement l’anonymat des répondants. Se sont ajoutés à cela une faible participation et un long process d’analyse des commentaires. Abandon de l’idée. Toutefois, la volonté de proposer une « tribune » vouée au bien-être est restée à l’agenda du top management. « Je suis convaincu que la qualité de vie au travail et la satisfaction des conseillers contribue à la performance de l’entreprise », explique Marc Violette.

Le choix est alors fait d’équiper les locaux de bornes interactives similaires à celles utilisées dans la distribution pour recueillir les avis des clients. « L’avantage d’une borne est qu’elle offre un terrain d’expression de façon instantanée, rapide et ludique. Résultat, les trois quarts de nos collaborateurs l’utilisent », observe Marc Violette. Il s’agit de « bornes smiley », installées à la sortie de l’open space. L’utilisateur répond à des questions fermées de type « comment avez-vous vécu votre journée de travail ? » en cliquant sur un émoticone dont la couleur est variable : vert foncé (très satisfait), vert pâle (plutôt satisfait), rose (plutôt insatisfait) ou rouge (insatisfait). En fonction des réponses, il est invité à préciser si son irritation ou sa satisfaction sont due à la hiérarchie, aux collègues, à l’organisation ou à la charge de travail.

« Qu’elles s’adressent aux consommateurs ou aux salariés, les enquêtes traditionnelles sont de moins en moins plébiscitées. Lorsqu’on y répond, c’est le plus souvent pour exprimer son mécontentement ou formuler une réclamation, constate Sébastien Lerouge, fondateur et directeur général d’Evalandgo, société conceptrice de Qwesteo, la borne qui a été adoptée par la Maif. A l’inverse, avec une borne, on réveille la franchise au quotidien : tout le monde est invité à s’exprimer, pas seulement « ceux qui parlent fort » et se font les porte-paroles d’un groupe. Et on n’est pas dans la démarche d’un cahier de doléances ».

Mesurer l’ambiance est une chose, prendre en compte le vote des collaborateurs en est une autre. « Il faut que le management soit prêt à entendre d’éventuels mécontentements et surtout à mettre en place des actions concrètes pour améliorer la situation. La borne est la première étape à une démarche d’amélioration continue », insiste Marc Violette. C’est ce qui s’est passé à la Maif : grâce au baromètre, la direction a pris conscience que de nouvelles procédures de pilotage mettaient les équipes sous pression. « Nous avons rapidement mis sur pied une réunion pour dire à l’équipe que cette tendance de fond à la démotivation était clairement prise en compte et pour annoncer des changements dans l’organisation », raconte Marc Violette.

« Dans les entreprises qui s’en sont équipées pour avoir un retour sur la perception du quotidien, la borne est clairement considérée comme un outil de pilotage RH », poursuit Sébastien Lerouge. A la Maif de Marseille, où la borne est un objet familier depuis octobre 2015, la direction estime que le dispositif instaure non seulement une atmosphère de confiance et de bonne humeur, mais aussi tient sa part dans la dynamique de performance du site.

JULIE LE BOLZER

capture-decran-2017-01-26-a-08-26-20

 

Non classé

Médecine du travail : vers une simplification des procédures d’inaptitude

capture-decran-2017-01-26-a-08-20-38

Une fois n’est pas coutume, la loi Travail, en réformant les procédures d’inaptitude, allège la tâche des directions RH et juridique.

«?Jusqu’ici, à l’issue d’une visite médicale, l’inaptitude n’en était pas vraiment une car suspendue au verdict de la seconde visite, qui sauf exceptions, permettait au médecin du travail de rendre l’avis d’inaptitude et de lancer la procédure de licenciement », définit Camille-Frédéric Pradel, avocat chez Pradel Avocats. Depuis le 1er janvier, la réforme de la médecine du travail issue de la loi El Khomri a supprimé le principe de la seconde visite d’inaptitude, le médecin conservant simplement la possibilité de reconvoquer le salarié. Cette simplification de procédure ne réduira pas forcément le nombre de contentieux mais agira favorablement sur la complexité de la règle juridique : «?De nombreuses procédures étaient frappées de nullité et aboutissaient à la demande de réintégration et d’indemnisation du salarié simplement parce que le délai de 15 jours entre les deux visites n’avait pas été respecté ?» , analyse l’avocat.

La procédure de reclassement est, elle aussi, allégée. Concernant les licenciements économiques, la loi Macron avait déjà déchargé les groupes présents à l’international de l’obligation de rechercher des offres… jusqu’en Chine. En novembre dernier, la Cour de cassation a, elle aussi, assoupli sa position sur l’obligation de reclassement du salarié inapte en autorisant l’employeur à tenir compte des souhaits exprimés par celui-ci quant au périmètre géographique désiré, simplifiant là encore la tâche du DRH.

Les avis d’aptitude avec réserves ou avis de restrictions _qui représentent la majorité du million d’avis prononcés chaque année en France_ ont également été retouchés. Depuis le 1erjanvier, le médecin du travail a l’obligation d’échanger avec l’employeur et le salarié : «?L’objectif est d’aboutir à des solutions plus concertées, parce que précédées d’un dialogue tripartite en amont de l’avis », décrypte l’avocat. Ces avis avec restrictions représentent en effet un authentique casse-tête pour les entreprises lorsque les conclusions du praticien interdisent à un conducteur la position assise ou le port de charges à un manutentionnaire. La contestation reste néanmoins possible si ce n’est que celle-ci sera désormais portée devant le conseil des prud’hommes, et non plus devant l’inspection du travail, avec la possibilité de demander la désignation d’un médecin expert pour contester l’avis du médecin. «?La loi autorise en somme un contrôle judiciaire des avis médicaux rendus pour aptitude ou inaptitude?». Dans ce cas d’espèce, ce n’est pas la bonne foi du médecin qui serait visée, mais plutôt la propension du salarié à influencer le diagnostic médical.

A noter

La disparition de la visite médicale d’embauche ne dispense pas l’employeur de surveiller la santé du salarié, a minima tous les cinq ans.
MARIE-SOPHIE RAMSPACHER

capture-decran-2017-01-26-a-08-26-20

Non classé

Ronan Le Moal : Bankable

capture-decran-2017-01-23-a-09-00-58

C’est l’un des instigateurs du rachat de Keytrade Bank, leader de la banque en ligne en Belgique. Et c’est un pur produit de la maison Crédit mutuel Arkéa. En deux décennies, Ronan Le Moal a façonné par endroit le nouveau visage 2.0 de la banque française désormais estampillée «?geek?» dans la catégorie «?open innovation?». À 43 ans, le directeur général breton féru de tech n’a pas son pareil pour détecter les pépites du numérique français. Son aura auprès des entrepreneurs est bien réelle. Son flair aiguisé n’a d’égal que la finesse de son jugement prédictif. Mais qu’est-ce qui fait mouliner ce financier hors norme??

Il ne porte pas de cravate, sauf quand il rencontre d’autres banquiers. Il vit entre la très chic avenue des Champs-Élysées et l’authentique village de Plougastel-Daoulas (29). Il mise sur la rencontre. «?Ces fameuses trente minutes qui peuvent faire basculer une vie?», selon ses mots. Pourtant, il ne répondra jamais au téléphone pendant notre interview alors que son mobile ne cesse de vibrer. À 36 ans, Ronan Le Moal a vu la sienne, de vie, basculer lorsque Jean-Pierre Denis, fraîchement nommé président, l’a appelé pour prendre la direction générale du Crédit mutuel Arkéa qui réunit les fédérations du Crédit mutuel de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central. C’était il y a sept ans. «?On forme un binôme pour le meilleur… et le meilleur?», s’amuse le patron du groupe bancaire qui n’a pas hésité en 2008 à opérer un choix en rupture avec les systèmes de promotion classiques. Parier sur un très jeune financier pétri de culture tech a évidemment créé la surprise dans le petit monde suranné de la finance. «?Ce n’était pas un choix attendu, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais aujourd’hui, personne ne peut prétendre que cela ne s’est pas révélé pertinent dans la durée?», observe M. Denis. Il faut dire que les faits sont éloquents.

En sept ans à peine, voilà Arkéa estampillée banque «?geek?» dans la catégorie «?open innovation?». Rien que cette année, le nom de Ronan Le Moal a été cité dans une dizaine d’opérations stratégiques du secteur tech. D’abord l’été dernier, lors du second tour de table lancé par la très prometteuse plate-forme de crédit entre particuliers, Prêt d’union, qui a levé trente et un millions d’euros. Ensuite à la rentrée où le directeur général a fait le buzz en rachetant la cagnotte Leetchi, dont il était le partenaire bancaire depuis sa création en 2009. En bonus, la start-up lancée par Céline Lazorthes a obtenu un investissement de dix millions d’euros pour soutenir son développement. Et le financier visionnaire de tempérer?: «?C’est l’effet boule de neige.?» Pas si sûr.

Le rachat de Keytrade Bank
Ces boîtes, encore faut-il savoir les conquérir. Habitué à détecter les hauts potentiels, Jean-Pierre Denis, ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée sous la présidence de Jacques Chirac, répète que Le Moal gagne parce qu’il est «?câblé pour faire bouger les lignes?». Catherine Barba, fondatrice de Pep’s Lab, un observatoire de l’innovation dans le commerce, ajoute?: «?Ronan connaît les codes du digital. C’est un homme avisé qui prend les bonnes décisions.?» «?Il ne se comporte pas comme un opportuniste mais comme un financier éthique?: c’est ce qui le différencie de 98?% des banquiers?», remarque Erwann Menthéour, fondateur et CEO de Fitnext, une start-up de coaching alimentaire et sportif. «?Il a cette capacité à se mettre au niveau des gens. Il ne m’a jamais pris de haut. Il aurait pu se dire?: “Elle est mignonne avec ses cagnottes”, comme je l’ai entendu de nombreuses fois?», salue Céline Lazorthes.

Le dernier assaut de M. Le Moal, début décembre 2015, c’est le projet d’acquisition de Keytrade (groupe Crelan). Un leader de la banque en ligne en Belgique, dont il a arraché le rachat à la barbe de quatre autres candidats qui seraient selon nos sources la Société générale, BPCE, ING direct et un acteur bancaire du sud-est asiatique. Arkéa a gagné parce que son offre était «?de loin la meilleure?», résume un observateur. N’entendez pas plus rémunératrice, mais plutôt mieux ficelée. Le dossier aurait été envoyé à Bruxelles vingt-quatre heures avant la date limite. C’est cette rapidité d’exécution qui aurait permis à la banque mutualiste de damer le pion aux géants français ralentis par la lourdeur de leur process. Le closing de cette opération, estimée entre 200 et 300?millions d’euros, aura lieu en mars prochain. Avec cette acquisition, Arkéa devient numéro un de la banque en ligne en Belgique. En France, l’établissement se rapproche ainsi singulièrement de Boursorama et de Dab Bank en Allemagne. De quoi sceller dans les prochaines années, un destin européen. La façon dont Ronan Le Moal a gagné l’appel d’offres dit sa méthode?: des lignes de commandements très courtes, des équipes réduites composées de fidèles, un mental d’acier et une obstination sans faille. Il faut dire que le Crédit mutuel Arkéa avait loupé le coche d’un rachat en Belgique il y a trois ans. La persévérance de son directeur général a fini par payer.

« Les belles choses, tout le monde les veut »
Rien ne prédestinait le sémillant Ronan à prendre le départ de la course au digital. Petit, il voulait être coureur cycliste. «?On s’enfilait 15?000 kilomètres à vélo par an?», se rappelle son ami d’enfance, le sportif Erwann Menthéour. «?À l’époque, j’étais un fanatique?», reconnaît Le Moal. Jusqu’à ce jour où son père l’a réveillé brutalement?: «?Tu ne deviendras pas pro, alors bosse à l’école.?» Un conseil pris au pied de la lettre par son fils qui ne sachant que faire intègre HEC, exécute à la perfection un major en finance avant d’atterrir comme la plupart de ses camarades à la branche audit du cabinet E&Y. Rétrospectivement, le financier ne regrette rien. Ses parents ont toujours été de très bons sparring-partners. Ils lui ont appris que lorsque l’on travaille, on y arrive. Lui y a toujours cru. «?Le talent c’est bien quand on en a, mais arrivé à un certain niveau, il faut travailler et faire vœu d’abnégation. Les belles choses, tout le monde les veut. Et à un moment donné, on se retrouve cerné par des gens talentueux. Alors, naturellement, ce sont ceux qui travaillent qui réussissent.?»

Sa jeunesse parle de persévérance et d’humilité. Elle est émaillée de leçons de vie apprises les fesses vissées sur un deux-roues. Un sport relativement ingrat où trois jours de bonheur vous en imposent deux cents de galère à l’entraînement. «?Il faut être capable d’endurer la souffrance physique et psychologique?», signale le CEO de Fitnext. De ses années passées à pédaler, Ronan Le Moal a gardé une détermination à consentir des sacrifices et une grande discipline. «?Sur le vélo, vous trouvez toujours des gens plus forts que vous. Cela apprend à ne jamais baisser les bras?», assure celui qui malgré le poids des années conserve son âme de compétiteur. À Paris, une fois par semaine, il s’impose une séance de quarante-cinq minutes de RPM, un programme de cyclisme en salle extrêmement intense où l’on brûle 670 calories par séance. En Bretagne, tous les week-ends, le directeur général du Crédit mutuel Arkéa enfourche son vélo pour «?se mettre dans le rouge?» comme il dit. À ses côtés sur les routes sinueuses de la pointe Finistère, des entrepreneurs bretons qu’il a lui-même coachés. Régulièrement, son épouse lui suggère d’arrêter de viser la performance. Lui n’y arrive toujours pas. «?L’adrénaline que cela me procure me remet les idées en place.?» L’autre vertu que ce bourreau de travail passe presque sous silence, c’est le lâcher prise.

La tech comme sésame
Le 12?septembre 2008, quand il prend ses fonctions à la tête d’Arkéa, s’abat sur lui le vertige de la responsabilité. «?Pour parler un langage tech, on ne pivote pas avec 9?000 collaborateurs à bord. Si on se trompe, on se trompe pour de bon, explique-t-il. Il fallait réfléchir et se poser les bonnes questions.?» Trop pressé, Ronan Le Moal s’est trompé. Dans la course à la transformation, il a oublié de donner les clés de lecture à ses collaborateurs. Cette année 2011, le duo Denis-Le Moal n’a pas passé la ligne d’arrivée. À la place, il a affronté onze jours de grève historique et un marathon de négociations quotidiennes dans les locaux occupés par des salariés en colère. De cette douloureuse expérience, le directeur général a tiré un enseignement?: avoir une bonne idée et une équipe talentueuse ne suffit pas pour que les collaborateurs vous suivent. «?L’entreprise est un être biologique. Le corps social a besoin de comprendre les raisons pour lesquelles les dirigeants vont l’amener à suivre telle direction?», résume le banquier imprégné par cette culture digitale où il faut agir vite. Pour lui, «?la banque serait l’alpha quand la tech serait l’oméga.?» D’où cet engouement pour les fintech qui sont à ses yeux l’un des leviers phares pour donner un nouveau souffle à la banque de détail. Une stratégie qui commence à payer, mettant à mal la salve de préjugés selon laquelle le Crédit mutuel Arkéa serait un groupe de banque-assurance enclavé en Bretagne et sans avenir. Ce qui au départ semblait être une faiblesse est soudain devenu une force.

Aujourd’hui, nombreux sont ceux à envier cette montée en puissance dans l’écosystème numérique français. Certes, il y a cette ADN innovant sur lequel capitalise la banque, pionnière dans l’informatisation de l’assurance-vie en 1984 et première à passer ses ordres de Bourse via Internet en 1995. Certes, il y a cette armada d’ingénieurs qui veillent au grain en élevant significativement le niveau des standards techniques. Certes, il y a aussi cette taille intermédiaire qui confère une agilité redoutable face aux quatre mastodontes français du secteur. Mais aussi convaincant soit ce faisceau d’indices structurels, il ne peut en lui-même expliquer que les plus belles success-stories de la tech française soient historiquement épaulées par Arkéa. C’est que depuis 2008, le duo Denis-Le Moal creuse le sillon tech avec un flair inégalé. De Frédéric Mazzella, fondateur du site de covoiturage Blablacar, en passant par Jean-David Chamboredon, CEO du fonds de capital-risque ISAI, ou Olivier Jamault créateur de Cashway qui permet de payer en liquide sur Internet… Tous sont un jour passés par le bureau de Ronan Le Moal pour discuter de leur projet. Arkéa est ainsi devenue actionnaire de Blablacar, l’une des licornes de la French Tech, après avoir abondé de six millions d’euros le tout premier fonds d’ISAI. La banque possède 34?% du capital de Prêt d’union (une plate-forme de prêts entre particuliers) et a également investi dans Linxo (un service de gestion des dépenses personnelles). «?C’est le premier institutionnel français qui nous a fait confiance?», se souvient Antoine Flamarion, le fondateur de la société d’investissement Tikehau, passée de quatre millions d’euros à sept milliards d’euros sous gestion en une décennie. En mai dernier, Arkéa a pris 6,8?% du capital de la holding de tête du groupe Tikehau.

Un fonds d’amorçage tech de trente millions d’euros
Dans la finance comme dans la tech, ses réseaux accompagnent son parcours. Cette faculté à tisser du relationnel a permis à ce banquier d’ancrer progressivement son empreinte sur la toile. Ses cartes maîtresses?? La disponibilité et la réactivité. Par principe, il ne rate jamais une occasion de donner une chance à la rencontre. «?Je lui ai envoyé un mail et il m’a répondu dans la foulée?: “Je suis très admiratif de ce que vous faites?!” J’étais stupéfaite par sa réponse. Trois jours après je le rencontrais?», s’étonne encore Céline Lazorthes. Auprès des start-upers, l’homme possède une véritable aura, rarement attribuée aux banquiers français. Côté investisseurs, il fait l’unanimité. «?Chez la plupart des banquiers, le digital et le capital-risque sont des sujets très marginaux tandis que Ronan les place au cœur de son agenda?», souligne Jean-David Chamboredon. C’est plutôt côté banquiers que l’on grince des dents. Certains ne cachent pas leur désir de le voir rester petit. «?C’est normal, Ronan est un trublion?», lâche M. Chamboredon. Et ce n’est que le début.

Si aujourd’hui les start-up représentent entre 7?% et 10?% des flux de paiement annuels du Crédit mutuel Arkéa, ce pourcentage est appelé à progresser rapidement. Pour cela, la banque lancera en janvier prochain un fonds d’amorçage tech de trente millions d’euros abondé par un autre investisseur financier de la place et des petits institutionnels bretons. Ce véhicule financier baptisé West Web Valley (WWV) se fait l’écho de l’accélérateur du même nom lancé il y a trois ans par Ronan Le Moal et deux «?serial entrepreneurs?»?: Sébastien Le Corfec et Charles Cabillic. La création de WWV devrait permettre à Arkéa d’accompagner des opérations que la banque ne ferait sans doute pas en fonds propres. De quoi combler ce fameux equity gap. Au 15 décembre, près de 120 projets ont déjà été reçus sans que le fonds soit officiellement lancé.

« C’est un intrapreneur?»
Sa réputation, Ronan Le Moal la doit à un travail de longue haleine. Pour apporter sa pierre à l’édifice numérique français, il sonde sans relâche l’écosystème, multiplie les rencontres avec les entrepreneurs français, s’engage à leurs côtés dans le lobby France Digitale et comme si cela n’était pas suffisant, il lance en 2013 le West Web Festival qui réunit en marge des Vieilles Charrues le gotha des entrepreneurs du Web. Selon sa définition, un banquier ne fait pas que de la finance. C’est aussi et surtout un chef d’entreprise. La petite dizaine de personnes que nous avons interrogées répètent que Ronan Le Moal est un entrepreneur qui s’ignore. Ils ajoutent que si Arkéa ne lui laissait pas les coudées franches pour entreprendre, la question de son départ se poserait. Lui rétorque avec lucidité?: «?Un entrepreneur, c’est celui qui un jour met sur la table son argent et sa vie pour se mettre en risque. Je ne l’ai jamais fait et j’ai beaucoup de respect pour celles et ceux qui ont sauté le pas.?» Et le fondateur de Prêt d’union de trouver le mot juste?: «?C’est un intrapreneur?: il a le mode de fonctionnement, la réactivité, les codes et les réflexes d’un entrepreneur de très haut niveau mais il a choisi d’évoluer dans un grand groupe.?» Un profil moins rare aux États-Unis qu’il ne l’est en France. Jean-Pierre Denis l’a bien compris. «?Le plus de valeur ajoutée qu’il donnerait serait de prendre ma place?», glisse-t-il comme un appel du pied.

Prendre des risques sur l’humain
«?De qui parle-t-on???» est sans doute la question la plus récurrente que se pose Ronan Le Moal. «?Quand on est banquier, on croit beaucoup à l’analyse des risques et aux systèmes de notation. Or tout n’est pas dans le tableur Excel. Si vous voulez faire des paris stratégiques, il faut prendre des risques sur une équipe.?» La curiosité est un des traits de caractère de Ronan Le Moal qui vous raconte sa vie comme une succession de rencontres, tout en s’excusant de «?donner trop de détails?»?: lorsqu’il a vu Frédéric Mazzella dans un restaurant du XVIIe arrondissement où ce dernier lui expliquait que les pâtes étaient le meilleur ami des start-upers parce qu’on peut en manger tous les jours?; la fois où il a rencontré Pierre Kosciusko-Morizet à une conférence de l’argus de l’assurance en 2007?; celle où les fondateurs de Prêt d’union sont venus jusqu’à Brest pour prouver leur motivation. «?Il nous a dit que notre idée était intéressante mais qu’il fallait modifier deux points. Six mois après, nous avions corrigé le tir et il entrait au capital?!?», s’enthousiasme encore Charles Egly.

On se retourne alors sur ses success-stories rendues possibles par le flair d’un banquier pionnier du numérique et pétri d’empathie. «?On se souvient toujours de ceux qui étaient là le premier jour?», observe M. Chamboredon. «?L’entrepreneuriat est jonché de difficultés. On traverse une forêt les yeux bandés et il n’y a pas de chemin. Ronan, c’est celui qui vous tend la main quand vous tombez tous les trois mètres?», image Céline Lazorthes qui loue la capacité de ce financier à aider les start-up à trouver leur voie. Lui a sa petite théorie sur la question. «?Un petit qui est fait comme les gros finit toujours par disparaître. C’est pourquoi, il doit trouver sa voie. C’est darwinien?», brandit en souriant Ronan Le Moal. Lui a assurément trouvé la sienne. Très loin de l’image d’Épinal du banquier français traditionnel.

Émilie Vidaud

Keytrade, le rachat éclair
«?La Belgique est un territoire très important qui pèse aussi lourd que la France?», confirme Ronan Le Moal, le directeur général de Crédit mutuel Arkéa entré en négociations exclusives le 7?décembre dernier pour finaliser le rachat de Keytrade, leader de la banque en ligne en Belgique et propriété du groupe Crelan. L’ensemble consolidé devrait représenter 600?000 clients pour vingt milliards d’actifs gérés. Si cette opération complète les activités belges du groupe, elle renforce surtout son positionnement dans la banque en ligne et les services digitaux. Un virage amorcé dès 2006 avec l’acquisition de Fortuneo puis de Cortal Consors Belgique cédé en 2009 par le groupe BNP Paribas. Le marché belge a beau être six fois plus petit que celui de la France, il intéresse Arkéa qui avec cette opération se voit propulser parmi les leaders européens de la banque en ligne.

L’offensive Arkéa
• 3,6?millions de clients.
• 1?000 clients BtoB.
• 9?000 collaborateurs.
• 269?millions d’euros de résultat net.
• 5,5?milliards d’euros de capitaux propres.
• À travers de la filiale Monext, la banque opère dans vingt-six pays.
• Les start-up représentent 7?% à 10?% des flux de paiements annuels.
• 7 décembre 2015, début des négociations pour le rachat de la banque en ligne belge Keytrade.
• Fin janvier 2016, lancement du fonds d’amorçage West Web Valley.

capture-decran-2017-01-24-a-07-16-13

Non classé

Crédit Mutuel Arkéa investit dans les logiciels en entrant au capital de Vermeg

La banque entre au capital de Vermeg, éditeur de progiciels financiers.
Elle mise sur leur développement à côté des logiciels maison des banques et des assureurs.

Le Crédit Mutuel Arkéa, dont l’originalité du modèle repose sur les activités en « marque blanche » qu’il fournit à des clients entreprises, élargit son périmètre en investissant dans une société spécialisée dans les logiciels financiers. La banque vient en effet de prendre une participation de 19,5 % au capital de Vermeg, un éditeur de progiciels pour les assureurs, banques privées, « asset managers », dépositaires et banques centrales.

Concrètement, les logiciels fournis par cet éditeur permettent de réaliser la gestion administrative des contrats d’assurance, de la souscription à leur dénouement. Ils sont également utilisés par les conseillers bancaires, par exemple pour prendre des rendez-vous clients, ou permettent encore de gérer la conservation des titres ou le « collateral management ». Quelque 150 clients, parmi lesquels Suravenir (filiale d’Arkéa), Allianz Life, Barclays Vie, Banque Privée 1818 ou Carmignac Gestion et plusieurs banques centrales, ont recours à ces services.

« Les secteurs de l’assurance et de la banque ont largement développé leurs solutions maison, mais au moment où ils doivent les renouveler, ces acteurs sont de plus en plus nombreux à vouloir recourir à des progiciels d’éditeur pour tout ou partie de leurs portefeuilles et à passer des appels d’offres », explique Tarak Achich, le directeur des activités B to B du Crédit Mutuel Arkéa. La digitalisation de la finance et les exigences réglementaires contribuent à cette externalisation.

Synergies commerciales

Pour la banque mutualiste, il s’agit donc de surfer sur cette dynamique, mais aussi de développer des synergies commerciales. Le Crédit Mutuel Arkéa, dans son activité de services pour compte de tiers, propose à des sociétés de la sphère financière d’être leur sous-traitant en matière d’épargne financière (assurance-vie, PEA, comptes- titres…), via sa filiale ProCapital. Il prévoit désormais de fournir un service plus complet, clefs en main, en s’associant à Vermeg. « Si un assureur lance un appel d’offres pour un nouveau progiciel, nous pouvons lui proposer, avec ProCapital, une solution pour gérer la totalité de la gestion administrative de son activité par nos propres équipes : la saisie, la gestion des sinistres ou les obligations réglementaires comme la recherche des contrats en déshérence », détaille Tarak Achich. Vermeg, créé en 1993 par l’entrepreneur franco-tunisien Badreddine Ouali, était jusqu’à présent détenu par ses partenaires fondateurs. La société, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 53 millions d’euros en 2016, veut profiter du soutien financier d’Arkéa pour renforcer sa présence en Europe par croissance externe.

V. Ch., Les Echos

 

Non classé

Retraite : comment partir vite et bien

capture-decran-2017-01-20-a-07-18-18

D’importants changements pourraient bientôt venir bousculer les règles actuelles. D’où la nécessité d’anticiper d’ores et déjà sa fin de carrière.

Largement présente lors de la primaire de la droite et du centre, plus discrète pour le moment à gauche, la thématique des retraites devrait de toute façon s’inviter dans le débat électoral de ces trois prochains mois, si ce n’est dans la vie politique de 2017.
Car même si de réforme en réforme les conditions pour faire valoir ses pensions se sont resserrées ces quinze dernières années, le financement de notre système par répartition, justement pensé lors de sa création, n’en finit pas, hélas ! d’être fragilisé par des fondamentaux économiques durablement en berne et un vieillissement accéléré de la population.
Avant de probables et nouvelles contraintes qui pourraient voir le jour dès l’an prochain, les personnes qui se soucient de leur départ à la retraite ont d’ores et déjà intérêt à mettre en place une stratégie qui leur permette soit de partir vite, soit de partir au mieux en bénéficiant de pensions optimales.

Atteindre le taux plein… ou pas

Malgré la complexité des règles de calcul des pensions de retraite propres à chaque régime (il en existe actuellement pas moins de 35…), il existe un point apparemment compris de tous les futurs retraités : le taux plein.

Ce paramètre est utilisé, parmi d’autres, pour le calcul des pensions dans les grands régimes de base (CNAV pour les salariés du privé, RSI pour les indépendants et MSA pour les salariés agricoles notamment) et les régimes de la fonction publique (SRE pour les fonctionnaires de l’Etat et CNRACL pour ceux des collectivités locales).

A son acmé, il est de 50 %, par exemple pour un salarié dont la durée d’assurance au moment de la liquidation de ses droits retraite équivaut à celle requise pour sa génération (166 trimestres s’il est né en 1955, 1956 ou 1957). C’est « le » critère à atteindre pour la majorité des futurs retraités : en 2015, plus de 6 personnes sur 10 affiliés au régime général ont ainsi liquidé leur retraite de base de droit direct à taux plein, que ce soit à partir de leur âge légal ou quelques années après (hors carrières longues).

A dire vrai, cette « obsession » du taux plein n’est pas infondée : elle évite une double peine, qui se traduit d’abord par une décote définitive de la retraite de base et ensuite par une minoration pérenne des retraites complémentaires Arrco et Agirc pour les salariés du privé. Mais vouloir l’atteindre à tout prix n’est pas forcément le meilleur calcul.

Exception faite des salaires qui peuvent être perçus lorsqu’on se maintient dans l’emploi, mieux vaut en effet liquider au plus tôt ses retraites, même si elles ne sont pas optimisées, que d’attendre quelques années pour en tirer le maximum. Ce raisonnement s’illustre parfaitement avec la partie des droits Agirc acquis en tranche C par les cadres à hauts revenus (salaires dépassant 4 fois le PASS, soit 156.912 euros brut soumis à cotisations pour 2017). S’ils ont été acquis avant le 1er janvier 2016, ces droits ne peuvent en effet être liquidés à taux plein qu’à 67 ans (pour les personnes nées en 1955 ou après). Si l’on souhaite les faire valoir en même temps que ses autres pensions, il faut accepter à 62 ans un abattement de 22 %. Or, ce manque à gagner, effrayant en apparence, est moins pénalisant qu’on ne veut bien le croire : mieux vaut en effet percevoir 7.800 euros par an dès 62 ans, plutôt que 10.000 euros par an à partir de 67 ans, car pour amortir les 39.000 euros de différence perçus durant cinq ans (7.800 euros/an × 5), il faut être sûr de vivre au moins 17 ans après la liquidation de ses droits retraite !

Mesurer les avantages d’un rachat de trimestres

A quelques années de l’âge légal autorisant un départ en retraite (62 ans actuellement pour toutes les générations nées en 1955 ou après), la question du rachat de trimestres peut se poser si l’on souhaite faire valoir ses droits sans attendre et si, par ailleurs, on n’entre pas dans un dispositif de départ anticipé (carrière longue, handicap…).

Les personnes ayant commencé tard leur vie professionnelle ou connu diverses périodes de rupture (expatriation sans affiliation à la CFE, chômage prolongé, congé sabbatique…) sont évidemment concernées par ce dispositif dont le premier objectif consiste à « faire le plein » de trimestres pour bénéficier de pensions de base et complémentaires le plus optimisées possible.

De nombreux régimes de retraite autorisent cette opération : celui des salariés du privé (CNAV), des fonctionnaires de l’Etat (SRE) comme des collectivités locales (CNRACL), des professionnels libéraux (CNAVPL) ou encore celui des indépendants (RSI) par exemple… Chaque fois, les possibilités (rachat des seules années d’études supérieures par exemple) et les coûts (3.275 euros à 6.472 euros le trimestre pour un salarié de 60 ans par exemple, selon l’option choisie) sont différents.

La décision de racheter des trimestres doit être appréhendée avec prudence : il est essentiel d’en mesurer la rentabilité réelle en regard des surplus de pensions procurés et surtout de leur amortissement dans le temps. En clair, il ne faut pas se fier à la seule possibilité de minorer son impôt sur le revenu, même si celle-ci est particulièrement intéressante.

L’intégralité des versements est déductible l’année où ils sont effectués, avec report des éventuels déficits, et ne vient pas grignoter les 10.000 euros de plafonnement des niches fiscales. Cependant, dans la perspective d’un resserrement des modalités à réunir pour faire valoir ses droits à la retraite, cette opération peut être envisagée à titre préventif, « pour figer dans le temps les règles du jeu, tout en tirant parti des délais de réponse des régimes concernés », explique Emmanuel Grimaud, président-fondateur de Maximis Retraite.

Le temps de traitement de la demande pouvant prendre plus d’un an, les droits sont cristallisés au moment de l’envoi de la lettre recommandée dans laquelle figure la demande. Et, au-delà de cette réponse, le futur retraité dispose encore de six mois pour se décider ! « Cette stratégie n’engage à rien. Si le dispositif de rachat devient moins intéressant de par son nouveau coût, le futur retraité pourra s’y engager en faisant valoir des règles antérieures plus favorables. A l’inverse, s’il devient plus intéressant, il lui sera toujours possible soit de ne pas s’y engager, soit d’interrompre ses versements et de se faire rembourser les sommes n’ayant pas encore permis l’acquisition de trimestres. »

Parier sur une retraite progressive

Toujours dans la perspective de faire valoir ses droits au plus tôt, c’est-à-dire dès son âge légal, il est possible de jouer la carte de la retraite progressive, soit indépendamment de tout rachat de trimestres, soit en parallèle.

Ce dispositif, rénové depuis deux ans, est particulièrement attractif en fin de carrière, surtout s’il peut être optimisé par le biais d’un accord salarié-employeur. Sur le principe, il est accessible à tous les salariés de 60 ans ou plus : cadres hors forfait jours et non-cadres ayant un minimum de 150 trimestres d’assurance-vieillesse dans leur besace retraite (tous régimes de base obligatoires, régimes spéciaux compris). Il est aussi ouvert aux chefs d’entreprise et aux commerçants et artisans, mais pas aux professionnels libéraux ou aux fonctionnaires.

Sous réserve de l’accord de l’employeur, ce dispositif permet de travailler moins, puisque le nouveau et unique temps de travail doit être compris entre 40 % et 80 % de l’ancien temps plein. En parallèle, les régimes de retraite auxquels le salarié a été affilié (hors régimes spéciaux) vont calculer, en fonction des droits acquis, le montant de la pension de retraite dite progressive pour qu’elle vienne compenser partiellement la diminution du temps de travail.

Si le nouveau temps de travail est par exemple de 60 %, la fraction de pension de retraite progressive perçue par le salarié sera de 40 %. Celle-là n’est évidemment pas inscrite dans le marbre puisqu’au moment de la liquidation définitive des droits, dès 62 ans ou plus tard, elle va céder la place à une pension de retraite « classique », dont le montant sera recalculé par chaque régime en tenant compte de tous les droits acquis pendant la période « progressive ».

Enfin, comme l’explique Christel Bonnet, consultante senior chez Mercer France, le salarié doit « persuader son employeur de continuer à cotiser sur la base d’un temps complet, pour ne perdre ni trimestre ni point retraite, tout en lui démontrant qu’il reste gagnant même avec cette prise en charge ».
Sur la base d’un salaire temps plein de 80.000 euros brut (hors charges sociales patronales) par an, par exemple, et d’un passage à temps partiel à hauteur de 60 %, ce qui ramène le salaire à 48.000 euros brut par an, la différence de gain pour l’employeur atteint 46.000 euros par an sans compensation des cotisations retraite, mais tout de même 39.900 euros avec compensation de ces fameuses cotisations !

capture-decran-2017-01-20-a-07-16-45
Roselyne Poznanski, Les Echos

 

Non classé

Le revenu salarial net annuel moyen s’éleve à 20.670 euros

capture-decran-2017-01-19-a-19-12-26

En 2014, si le revenu salarial annuel net moyen atteignait 20.670 euros, il montait à 40.455 euros pour les cadres et s’établissait à 15.282 euros pour les ouvriers.

En 2014, le revenu salarial annuel, soit la somme de tous les salaires nets perçus par une personne dans l’année, s’est élevé à 20.670 euros en moyenne, selon une récente étude de l’Insee. En euros constants, il progresse de 1% par rapport à 2013, rompant ainsi avec une évolution négative observée entre 2010 et 2013. Cependant, par définition, cette moyenne cache de très grandes disparités, notamment chez les ouvriers et les employés.

Si l’on reste dans les grandes masses, le revenu salarial augmente avec l’âge des salariés jusqu’à 54 ans : il atteint pour les 50-54 ans un montant 3,4 fois plus élevé que celui des moins de 25 ans. Les femmes (17.815 euros) perçoivent un revenu salarial inférieur en moyenne de 24 % à celui des hommes (23.398 euros). Les cadres perçoivent, eux, un revenu salarial 2,6 fois supérieur à celui des ouvriers (15.282 euros) et 2,9 fois supérieur à celui des employés (13.988 euros). Le revenu salarial des diplômés de niveau Bac+3 ou plus est le double de celui des salariés de niveau inférieur au Bac.

Le revenu salarial annuel des cadres atteints 40.455 euros

Si l’on rentre dans le détail, par catégorie socioprofessionnelle, en 2014, le revenu salarial moyen des cadres atteignait 40.455 euros. Les 10 % de cadres les moins bien rémunérés perçoivent moins de 11.740 euros et les 10 % les mieux rémunérés plus de 68.250 euros, soit 5,8 fois plus. Pour les employés et les ouvriers, ce rapport est bien plus élevé (respectivement 15,9 et 12,8). En effet, dans la moitié basse de leurs échelles respectives de revenu salarial, le volume de travail est souvent plus inégal du fait notamment de périodes de chômage, ou bien parce qu’ils travaillent à temps partiel.

17.529 euros pour le salariés munis d’un diplôme inférieur au Bac

Le revenu salarial varie davantage parmi les salariés les moins diplômés que parmi les plus diplômés, en particulier dans la moitié basse de l’échelle salariale. En revanche, comme pour les cadres, la dispersion dans la moitié haute de l’échelle est plus élevée chez les salariés les plus diplômés. En moyenne, les salariés munis d’un diplôme d’un niveau inférieur au Bac perçoivent annuellement 17.529 euros, ceux d’un niveau Bac+2 23.064 euros et ceux ayant un Bac+3 et plus 36.537 euros.

Enfin, la dispersion du revenu salarial est bien plus importante dans le secteur privé où le rapport entre les 10% les mieux rémunérés et les 10% les moins bien rémunérés atteint 16,8, contre 7,8 dans le secteur public. Cette différence s’explique à la fois par une plus grande variabilité dans le secteur privé du volume de travail (pour les revenus salariaux les plus faibles) et des salaires (pour les niveaux plus élevés)

Enfin, le revenu salarial moyen de l’ensemble des salariés progresse de 1,0 % en 2014 en euros constants. Il avait augmenté de 0,7 % par an entre 1995 et 2009, puis diminué de 0,3 % par an jusqu’en 2013. La hausse en 2014 est plus marquée dans le secteur public (+ 1,0 %) que dans le secteur privé (+ 0,6). Auparavant, depuis 2000, le revenu salarial moyen était plutôt stable dans le secteur public et en hausse dans le secteur privé.

Par Jean-Christophe Chanut

capture-decran-2017-01-19-a-19-19-17