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Crédit Mutuel : le tribunal de l’UE déboute Arkéa

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Le tribunal de l’Union européenne a rejeté mercredi un recours du Crédit Mutuel Arkéa qui contestait le fait d’être supervisé par la Banque centrale européenne via l’organe central du Crédit Mutuel, avec qui Arkéa est en conflit ouvert de longue date.

« Le Tribunal rejette les recours du Crédit Mutuel Arkéa » (CMA), a fait savoir la justice européenne dans un communiqué publié sur son site internet. Arkéa a annoncé dans un communiqué séparé son intention de se pourvoir devant la Cour de Justice de l’UE. Principal objet du litige, la décision prise fin 2015 par la Banque centrale européenne (BCE) de surveiller l’activité des différentes entités du Crédit Mutuel sous le prisme des données consolidées à l’échelon de la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), l’organe central du groupe mutualiste.

Depuis le lancement en 2014 de la supervision bancaire unique en zone euro, l’institution monétaire européenne applique cette méthode à l’ensemble des grands groupes bancaires de la région. L’objectif est d’avoir une meilleure vision des risques pris par des établissements aux nombreuses filiales et ramifications réparties sur plusieurs pays, évitant un morcellement de la surveillance entre BCE et autorités nationales.

Arkéa conteste l’existance d’un « groupe Crédit Mutuel »

Crédit Mutuel Arkéa, qui rassemble les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central du réseau bancaire mutualiste, s’est aussi vu imposer par la BCE des exigences de fonds propres renforcées en raison d’un possible risque de sortie de cette entitée hors du groupe mutualiste, sur fond de guerre ouverte depuis de longs mois avec la Confédération. Le CMA avait saisi le tribunal pour faire annuler les décisions de la banque centrale, estimant notamment que la Confédération ne pouvait être considérée comme un établissement de crédit et contestant l’existance d’un « groupe Crédit Mutuel ».

Le tribunal a rejetté cette demande, estimant entre autres que le Crédit Mutuel, via la Confédération, remplissait « toutes les conditions prévues par (la) réglementation pour être qualifié » de groupe. En outre, « les comptes du groupe Crédit Mutuel sont bien établis sur une base consolidée, ce qui permet à l’autorité compétente de s’assurer que la liquidité et la solvabilité de l’ensemble des entités formant le groupe sont conformes aux exigences » des superviseurs, a précisé le tribunal.

Une sortie envisageable

Les juges ont par ailleurs estimé que la BCE n’avait pas commis d’erreur en se fondant sur l’éventualité d’une sortie du Crédit Mutuel Arkéa du groupe Crédit Mutuel pour imposer à cette entité des exigences de capitaux supplémentaires.

Dans son communiqué, Arkéa relève ce point comme un argument en faveur de sa stratégie, ce qui accrédite l’hypothèse d’une sortie du groupe : « Les exigences prudentielles appliquées au Crédit Mutuel Arkéa par le superviseur européen intègrent d’ores et déjà l’hypothèse d’une telle sortie », explique CMA. « Le Crédit Mutuel Arkéa dispose d’une autonomie stratégique depuis toujours et reste plus que jamais mobilisé pour obtenir son autonomie prudentielle, garante de sa liberté d’entreprendre. »

 

Tribunal de l’Union européenne

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 135/17

Luxembourg, le 13 décembre 2017

Arrêts dans les affaires T-712/15 et T-52/16

Presse et Information

Crédit mutuel Arkéa/BCE

La BCE est en droit d’organiser une surveillance prudentielle du groupe Crédit mutuel par l’intermédiaire de la Confédération nationale du Crédit mutuel, y compris à l’égard du Crédit mutuel Arkéa

Le Crédit mutuel est un groupe bancaire français non centralisé, constitué d’un réseau de caisses locales ayant le statut de sociétés coopératives. Chaque caisse locale de crédit mutuel doit adhérer à une fédération régionale et chaque fédération doit adhérer à la Confédération nationale du Crédit mutuel (CNCM), organe central du réseau.

Le Crédit mutuel Arkéa est une société anonyme coopérative de crédit à capital variable, agréée en tant qu’établissement de crédit. Il a été créé en 2002 par le rapprochement de plusieurs

fédérations régionales de crédits mutuels.

Par décisions du 5 octobre et du 4 décembre 2015, la Banque centrale européenne (BCE) a organisé sa surveillance prudentielle des entités du groupe Crédit mutuel, dont le Crédit mutuel

Arkéa, sur une base consolidée par l’intermédiaire de la CNCM. Elle a également considéréque le

Crédit mutuel Arkéa devait posséder des fonds propres supplémentaires de catégorie 1 (« fonds propres CET 1 ») amenant son ratio de fonds propres CET 1 à 11 %, puis à 10,75 %.

Le Crédit mutuel Arkéa a saisi le Tribunal de l’Union européenne pour faire annuler ces décisions.

En substance, il conteste le recours à une surveillance prudentielle consolidée du groupe Crédit mutuel par l’intermédiaire de la CNCM au motif que celle-ci ne serait pas un établissement de

crédit, qu’il n’existerait pas de « groupe Crédit mutuel » et que la BCE ne pouvait pas lui imposer des exigences de fonds propres supplémentaires.

Par arrêts de ce jour, le Tribunal rejette les recours du Crédit mutuel Arkéa et confirme les deux décisions de la BCE.

Le Tribunal déclare tout d’abord que, dans le cadre de la réglementation de l’Union en matière de surveillance prudentielle1, l’intention du législateur est de permettre à la BCE de disposer d’une vue globale sur l’ensemble des risques susceptibles d’affecter un établissement de crédit ainsi que

d’éviter un fractionnement de la surveillance prudentielle entre la BCE et les autorités nationales.

S’agissant du premier grief du Crédit mutuel Arkéa, selon lequel la surveillance prudentielle surune base consolidée d’établissements affiliés à un organisme central n’est possible que si celui-ci dispose de la qualité d’établissement de crédit (ce qui n’est pas le cas de la CNCM), le Tribunal déclare qu’il ne ressort pas de la réglementation de l’Union en matière de surveillance prudentielle que la notion d’« organisme central » doit disposer de la qualité d’établissement de crédit. Ainsi, un « groupe soumis à surveillance prudentielle » relève de cette réglementation dès lors qu’il remplit

1 Règlement (UE) n° 468/2014 de la Banque centrale européenne, du 16 avril 2014, établissant le cadre de la coopération au sein du mécanisme de surveillance unique entre la Banque centrale européenne, les autorités compétentes nationales et les autorités désignées nationales (le « règlement-cadre MSU ») (JO 2014, L 141, p. 1) et règlement (UE) n° 575/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, concernant les exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit et aux entreprises d’investissement et modifiant le règlement (UE)

n° 648/2012 (JO 2013, L 176, p. 1, et rectificatifs JO 2013, L 208, p. 68, et JO 2013, L 321, p. 6).

www.curia.europa.eu

les conditions prévues par celle-ci, et ce indépendamment du fait que l’organisme central de ce groupe dispose ou non de la qualité d’établissement de crédit. Le Tribunal ajoute que, dès lors que l’ensemble constitué par l’organisme central et les établissements affiliés possède des comptes consolidés, l’autorité compétente peut s’assurer que la liquidité et la solvabilité de cet ensemble sont conformes aux exigences prudentielles, et ce que l’organisme central dispose ou non de la qualité d’établissement de crédit.

En ce qui concerne le deuxième grief du Crédit mutuel Arkéa, selon lequel le Crédit mutuel ne saurait être qualifié de « groupe » au sens de la réglementation de l’Union en matière de surveillance prudentielle, le Tribunal considère que le Crédit mutuel, via la CNCM, remplit toutes les conditions prévues par cette réglementation pour pouvoir être qualifié de tel. D’une part, laqualité d’association de la CNCM n’empêche pas l’existence d’une solidarité avec les établissements affiliés, du fait qu’il existe une obligation de transfert de fonds propres et de liquidités au sein du groupe Crédit mutuel aux fins de s’assurer que les obligations à l’égard des créanciers sont remplies. D’autre part, les comptes du groupe Crédit mutuel sont bien établis surune base consolidée, ce qui permet à l’autorité compétente de s’assurer que la liquidité et lasolvabilité de l’ensemble des entités formant le groupe sont conformes aux exigences prudentielles. Enfin, la CNCM dispose du pouvoir d’adresser des instructions à la direction des établissements affiliés, lesquels sont tenus de respecter ces instructions et peuvent être sanctionnés par la CNCM en cas d’inobservation.

S’agissant du troisième grief du Crédit mutuel Arkéa, selon lequel la BCE n’aurait pas dû luiimposer des fonds propres supplémentaires, le Tribunal estime que la BCE n’a pas commis d’erreur en se fondant sur l’éventualité d’une sortie du Crédit mutuel Arkéa du groupe Crédit mutuel. En effet, une telle éventualité ne revêt pas un niveau d’improbabilité tel que sa prise en compte serait constitutive d’une erreur manifeste d’appréciation de la BCE. Par ailleurs, la BCE n’a pas commis d’erreur manifeste d’appréciation en concluant que la perte du mécanisme de solidarité suite à une sortie du groupe Crédit mutuel pourrait avoir une incidence négative sur les notations externes du Crédit mutuel Arkéa et, par conséquent, sur ses coûts de refinancement.

Enfin, l’imposition de fonds propres supplémentaires permettant de faire face à une telle sortie ne procède pas d’une erreur manifeste d’appréciation ni ne revêt un caractère manifestementdisproportionné.

RAPPEL: Un pourvoi, limité aux questions de droit, peut être formé devant la Cour contre la décision du Tribunal, dans un délai de deux mois à compter de sa notification.

RAPPEL: Le recours en annulation vise à faire annuler des actes des institutions de l’Unioncontraires au droit de l’Union. Sous certaines conditions, les États membres, les institutions européennes et les particuliers peuvent saisir la Cour de justice ou le Tribunal d’un recours en annulation. Si le recours est fondé, l’acte est annulé. L’institution concernée doit remédier à un éventuel vide juridique créé par l’annulation de l’acte.

Document non officiel à l’usage des médias, qui n’engage pas le Tribunal.

Le texte intégral des arrêts(T-712/15 et T-52/16)est publié sur le site CURIA le jour du prononcé.

Contact presse: Gilles Despeux ? (+352) 4303 3205

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SCANDALE: LES DEALS DU CRÉDIT MUTUEL…

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On le sait en lisant régulièrement L’Alterpresse. Le Crédit Mutuel veut, par tous les moyens, liquider deux imprimeries et licencier les 130 salariés concernés : 60 à Metz, au Républicain Lorrain, 70 à Mulhouse, à L’Alsace. Malgré les propositions et les efforts continus du Comité d’entreprise de L’Alsace, MM. Théry et Carli, respectivement président du Crédit Mutuel et directeur du pole presse, ne veulent rien entendre. La logique financière veut qu’il faut tuer entreprises et emplois. Même au prix de manières pas très ragoutantes qui feront hurler les vrais mutualistes de la banque.

Nous avons déjà dévoilé à nos lecteurs les méthodes et la gestion des entreprises d’un patron imprimeur de la presse parisienne, M. Riccobono. Il y a quelques mois, le Crédit Mutuel était en pourparlers pour céder l’impression d’une partie de ses titres à cet imprimeur bien connu pour son optimisation fiscale au Luxembourg… Et qui mérite de figurer dans les Paradise Papers. Nos révélations ont-elles fait un effet ? En tout cas, MM. Théry et Carli ont dû démentir tout rapprochement avec l’imprimeur parisien qui possède une entreprise à Nancy.

Or, selon nos sources, l’hypothèse Riccobono revient sur le tapis car nous approchons des dates fatidiques où doivent être annoncées à des salariés remontés, la suppression de leurs emplois et de leur imprimerie.

Les discussions ont commencé à Metz, celles à Mulhouse sont prévues le mercredi 6 décembre. Mais la fermeture de l’entreprise de Metz poserait quelques problèmes pour imprimer la totalité des éditions du Républicain à Nancy sur les presses de son « concurrent » l’Est Républicain: difficile de digérer l’ensemble des quelques 100.000 exemplaires du journal messin.

Subrepticement, dans le dos des salariés concernés, le Crédit Mutuel a pris contact avec M. Riccobono pour lui proposer d’imprimer quelques éditions et de les faire distribuer par la toute proche agence de messagerie.

De quoi attiser la colère des salariés du Républicain Lorrain d’abord qui s’interrogent sur la nécessité réelle de fermer leur imprimerie. Mais fureur à Mulhouse, où le projet du Comité d’entreprise de maintien et de développement de l’imprimerie de L’Alsace envisageait une charge de travail pouvant venir d’autres journaux. En effet, n’est-ce pas frappé de bon sens que les éditions de Belfort, Montbéliard, Franche-Comté de l’Est Républicain pourraient s’imprimer à Mulhouse bien plus proche de ces zones de diffusion que l’établissement nancéien. Grâce à cet apport en charge de travail, l’imprimerie mulhousienne peut revenir à l’équilibre.

M. Carli fait donc clairement le choix de donner l’impression de ces journaux à une imprimerie extérieure à son groupe alors que celui-ci possède des outils en capacité de la réaliser. Comment le même M. Carli va-t-il faire accepter aux salariés de L’Alsace la casse de leur imprimerie tout en confiant la charge de travail à une entreprise extérieure connue pour pratiquer l’évasion fiscale et qui pourrait, à tout moment, relever de poursuites pénales ?

Acheter la paix sociale ?

Mais toujours selon nos recherches, il semblerait que le Crédit Mutuel fasse miroiter à une poignée de délégués syndicaux, des postes dans l’entreprise de M. Riccobono à Nancy. Une aubaine pour certains. Car l’entreprise Riccobono peut bénéficier d’un plan social négocié entre les patrons de la presse parisienne et le gouvernement, permettant de faire partir des salariés ayant plus de cinquante ans dans d’excellentes conditions. De toute évidence, les entreprises et les pouvoirs publics sont prêts à mettre un paquet d’argent pour liquider les emplois en s’achetant la paix social avec de l’argent public !

Evidemment, si des délégués syndicaux de l’Est Républicain, du Républicain Lorrain, de L’Alsace, étaient transférés dans l’entreprise de M. Riccobono, ils seraient, eux, tirés d’affaire… Dans quelques mois ils pourront jouir d’une belle pré-retraite… et aujourd’hui, ils ne seront pas les plus virulents pour s’opposer à la fermeture de leur entreprise ! C’est ce qu’on appelle « acheter un plan social » !

Mais pour les salariés concernés et les délégués honnêtes, eux, la galère commencera dès la porte de leur entreprise fermée. De quoi donner la rage et de mener la lutte pour garder un emploi qu’aucune « généreuse prime de départ » ne pourra jamais remplacer.

Si d’aventure nos informations se vérifiaient, le Crédit Mutuel aura beaucoup perdu de son image… et de son honneur de banque soi-disant mutualiste.

Michel Muller

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La guerre du Crédit Mutuel rebondit en Auvergne

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La lutte fratricide entre l’Est et l’Ouest se poursuit en Auvergne. Le Conseil d’administration du Crédit Mutuel Massif Central avance dans son intention de rallier le CM11-CIC.

Pas de trêve dans l’interminable conflit qui agite le groupe Crédit Mutuel : les deux camps – d’un côté  le Crédit Mutuel Arkéa (Bretagne, Massif Central et Sud-Ouest) qui souhaite quitter le giron du groupe, de l’autre CM11-CIC (qui regroupe onze fédérations sous l’égide de Stasbourg) – se rendent coup pour coup. Cette guerre fratricide a connu de nouveaux rebondissements ces derniers jours.

Le Massif central avance dans son projet.

Sur le front auvergnat d’abord. Selon nos informations, le conseil d’administration du Crédit Mutuel Massif Central (CMMC) a avancé dans  son projet de quitter Arkéa pour rejoindre le CM11 à horizon 2019 . Il a approuvé fin octobre un « protocole » avec le CM11, visant à étudier les modalités techniques – informatiques notamment – en vue de réaliser ce projet. Problème : Arkéa – vent debout sur le fond – n’est pas directement informé des discussions du conseil depuis qu’un nouveau président (favorable au rapprochement avec le CM11) a été élu. Surtout, selon elle, une telle réflexion ne pourrait débuter qu’une fois le principe d’une sécession du Massif Central effectivement entériné, ce qui suppose trois niveaux de validation : au niveau des trente caisses locales, puis en assemblée générale du CMMC, puis à nouveau lors d’une assemblée générale d’Arkéa.

Ligne de front sur la marque

Une deuxième ligne de front porte sur la marque Crédit Mutuel. Dans un communiqué publié vendredi, la Confédération nationale se « réjouit » que « le droit européen confirme que le bénéfice de la marque Crédit Mutuel est indissociable de l’appartenance à la Confédération Nationale du Crédit Mutuel », selon son analyse. La « confédé » précise qu’il « ressort de la décision de la Chambre de recours de l’Office de l’Union Européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) » que la « marque verbale européenne Crédit Mutuel est une marque distinctive notamment à raison de son usage intense ». En creux, la marque ne pourrait donc plus être utilisée par Arkéa en cas de divorce.

La lecture n’est bien sûr pas la même au Crédit Mutuel Arkéa – qui avait initié la procédure européenne. « L’action devant l’office européen des marques n’était qu’une étape administrative indispensable à l’action juridictionnelle que le Crédit Mutuel Arkéa va désormais pouvoir engager devant le Tribunal de l’Union européenne pour faire reconnaître le caractère descriptif de l’appellation Crédit Mutuel ».

Le combat continue

Quels seront les prochains épisodes de cette  lutte féroce entre mutualistes  ? Une décision française autour de la marque Crédit Mutuel est attendue pour le premier trimestre 2018. D’autres procédures sont par ailleurs en cours, tournant cette fois autour de la gouvernance et le mécanisme de solidarité au sein de groupe.  Quant à une issue « pacifique » du conflit , elle reste à ce jour très hypothétique. D’un côté comme de l’autre, on reste pour l’heure sans nouvelle de la médiation menée cet été par Christian Noyer, l’ancien gouverneur de la Banque de France.

Edouard Lederer
@EdouardLederer  Les Echos

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Ronan Le Moal : « Crédit Mutuel doit être l’Amazon de la banque »

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Ronan Le Moal, directeur général de Crédit Mutuel Arkéa pilote le plan de transformation de la banque. Il présente les grandes lignes d’une stratégie originale.

« Sud Ouest » Comme les autres banques Crédit Mutuel est engagé dans une transformation, en quoi êtes vos ambitions sont-elles différentes de celles de la concurrence??

Ronan Le Moal Quand on regarde dix ans en arrière on se rend compte que la transformation a été permanente pour nous, banquiers. Il y a eu à s’adapter à un choc réglementaire, qui a mis à mal notre modèle économique suite à la crise financière. Il a fallu ensuite s’adapter à un client qui a repris le pouvoir, notamment grâce à la technologie.

Nous avons besoin de ré-enchanter la banque, de faire rêver les consommateurs. Crédit Mutuel ne veut pas seulement être un banquier qui subit la digitalisation, qui suit les tendances. Le digital on sait faire, la fintech et les néobanques on sait ce que c’est depuis longtemps puisque nous avons acheté Fortuneo il y a onze ans… alors qu’on ne parlait pas encore de Fintech d’ailleurs…

Que voulez vous devenir alors ?

Nous devons redevenir des commerçants comme les autres.

C’est à dire??

On nous a trop longtemps comparés aux médecins de famille, sauf qu’on se contentait un peu trop de lire le Vidal… nous avions oublié le conseil. Notre valeur, demain, elle ne sera plus dans le produit financier mais dans le conseil. Nous ne vendrons plus du crédit immobilier mais nous vendrons un projet. On doit, par exemple, être capable de mettre en relation le client d’un prêt immobilier avec un constructeur?!

C’est dans notre capacité à accompagner les clients dans leurs projets que résidera notre marge, notre vraie valeur. Il nous faut être les Amazon de la banque, il ne faut laisser aucun approximation dans la relation client. Il faut développer une véritable obsession de la qualité relationnelle au client. »

 

Ce n’est donc pas la fin des agences physiques donc??

Chez nous?? Non?! Nous profitons, aujourd’hui, de ce qui était une faiblesse passée, notre maillage national de 450 agences seulement, que nous avons développé uniquement en fonction de nos gains de parts de marché.

Nous ne sommes pas en sureffectif par rapport à certains concurrents. Au contraire, nous sommes encore une banque de taille modeste, capable de s’adapter très vite voire anticiper les évolutions du marché, c’est un atout magnifique. Le régulateur aimerait voir des banques taille XL, mais je maintiens que pour pivoter, s’adapter, expérimenter et oser, nous devons rester légers.

La petite taille de Crédit Mutuel est son principal atout. Nous sommes en train de redevenir le banquier du coin, comme le commerçant du coin, un acteur de proximité.

Publié le par Pascal Rabiller
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Conférence des Territoires : L’esprit d’entreprise à l’honneur

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Tous les ans, la Conférence des Territoires met en lumière le savoir-faire et le rayonnement des entreprises d’un département breton. Pour cette édition 2017, la manifestation organisée à l’initiative du Crédit Mutuel de Bretagne faisait escale dans le Morbihan.

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Il flotte dans l’air comme une saveur iodée de grand large. Parmi les travées du Palais des Congrès de Lorient, souffle un vent porteur. Sur scène, trois « capitaines?» de l’industrie morbihannaise témoignent de leur expérience d’entrepreneur. Trois parcours distincts, trois personnalités différentes mais un même moteur : la passion. Celle qui vous donne envie de larguer les amarres pour, à votre tour, mettre le cap sur l’aventure de l’entreprise. Christophe Nicéron n’a pas oublié ses débuts, « avec deux tréteaux et deux planches, sur le marché de La Forêt-Fouesnant ». Diplômé de l’école hôtelière, amoureux de la Bretagne et d’une Bigoudène, ce pâtissier réalise gâteaux bretons, fars et kouign amann. Un coup de foudre pour Belle-Île et le voilà qui s’y installe avec femme et enfants. « Nous avons alors voulu créer un produit qui représentait Belle-Île et dans lequel les îliens se reconnaîtraient ».

C’est ainsi que la biscuiterie « La Bien Nommée » voit le jour. Petit à petit, l’affaire se développe. Durant 15 ans, un emploi supplémentaire est créé chaque année. L’île ayant ses contraintes et ses limites, c’est sur le continent que son nouveau projet, mûri durant 10 ans, a pris forme. En début d’année, son usine de 2 800 m² implantée à Landévant est entrée en production. Un outil performant – 7 millions d’euros d’investissement – qui permet de fabriquer des caramels au beurre salé et diverses autres « lichouseries » qu’il commercialise sous la marque Carabreizh. Avec désormais 20 personnes employées à Belle-Île et 22 à Landévant, Christophe Nicéron a parcouru bien du chemin depuis son démarrage sur les marchés.

Du sérieux et du professionnalisme

La trajectoire diffère mais Michel Boulaire se reconnaît dans le témoignage de son confrère. « Le métier d’entrepreneur peut prendre plusieurs formes mais on le fait toujours avec passion ». Lui, le fils d’agriculteur, s’est orienté vers des études d’ingénieur en agro-alimentaire, conformément au souhait de ses parents. « Ils avaient une petite exploitation et m’ont conseillé d’aller travailler à l’extérieur ». Son diplôme en poche, il exerce durant quatre ans chez Casino puis quatre autres années chez Saupiquet avant de rejoindre le groupe Jean Floc’h, spécialiste de l’abattage et de la transformation de la viande porcine.

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« Ensuite, j’ai gravi les échelons ». « Qu’est-ce qui fait que l’on passe de cadre dirigeant à repreneur d’entreprise ? », interroge le journaliste Lionel Buannic. « Je pense que c’était mon destin, répond avec franchise le dirigeant morbihannais qui avoue « ne pas tellement aimer être commandé ». « La société aurait pu être rachetée par un groupe extérieur mais je pressentais qu’alors les centres de décision pourraient quitter la région. Moi, je suis Breton. Je suis convaincu qu’il y a de la compétence ici. Et je trouve dommage que les centres de décision ne soient pas là où la valeur se crée ».

Devenu propriétaire, il est aujourd’hui à la tête d’un outil qui emploie 1 800 personnes et réalise 550 millions d’euros de chiffres d’affaires consolidé, dont près de 30 % à l’export. Mais son regard sur l’entreprise n’a pas changé. « Il faut être sérieux, professionnel, travailler et construire. C’était déjà ma vision quand j’étais salarié ».

Une persévérance récompensée

Clémentine Gallet, elle, a plongé dans l’aventure entrepreneuriale avec son époux alors qu’ils étaient encore étudiants ingénieurs en mécanique. Son mari ayant inventé une tête de robot capable d’appliquer des fibres composites, ils montent une société, «?dans le garage des parents, à Lyon?». Lauréats du concours du ministère de la Recherche, ils se mettent en quête d’investisseurs pour développer leur procédé. « J’étais jeune, la bulle internet venait de s’effondrer, je n’avais pas un kopek en poche », résume cette dynamique chef d’entreprise qui voit, une à une, les portes se fermer devant elle. Les études de marché ayant souligné les applications potentielles de leur innovation pour la construction nautique, le couple quitte Lyon pour rejoindre Lorient.

« En décembre 2002, nous avons réalisé la première augmentation de capital ». Trois ans plus tard, alors que le secteur du nautisme traverse un trou d’air et que les commandes tardent à se concrétiser, la chance va leur sourire. « Boeing venait de lancer un avion tout en matériaux composites. Airbus a décidé de s’y intéresser également. Avec notre petit prototype, nous étions face à de grosses boîtes américaines ». Des ingénieurs du constructeur européen font le déplacement dans le Morbihan. « Ils ont été convaincus et nous ont passé une première petite commande ».

Pour Coriolis Composites, c’est alors le véritable décollage. La société basée à Quéven va notamment fournir les machines chargées de fabriquer le fuselage de l’avion A350. Forte désormais de 140 salariés, l’entreprise table sur un chiffre d’affaires de 27 millions d’euros pour l’exercice 2017. Un niveau qui pourrait d’ailleurs doubler d’ici à cinq ans, la pépite morbihannaise ayant récemment rejoint le programme «?Accélérateur PME » de BPI France.

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Question de cohérence

Questionnés sur leurs principales attentes vis-à-vis d’un établissement bancaire, les trois dirigeants d’entreprise s’accordent spontanément sur les notions de transparence, confiance et loyauté. Même convergence lorsqu’il s’agit d’évoquer l’attachement à la région ou le sentiment de responsabilité vis-à-vis du territoire sur lequel leur société se développe. Personne ne s’étonnera donc qu’ils aient choisi pour partenaire une banque revendiquant son ancrage territorial et ayant fait de la proximité sa marque de fabrique. La cohérence est aussi une qualité du chef d’entreprise !

Au cœur de l’écosystème

« Les choses bougent. Les modes de financement des entreprises se diversifient », constate Marc Brière, président du directoire d’Arkéa Capital. Depuis 35 ans, cette entité spécialisée accompagne en fonds propres les entreprises déjà installées. Présente au capital de nombreux fleurons de l’économie bretonne (Sermeta, Le Graët, Chantiers Piriou, Galapagos, Hénaff…), la filiale du Crédit Mutuel Arkéa s’est dotée ces dernières années d’outils lui permettant d’intervenir dès les premiers stades de la vie d’entreprise. « Dans le secteur du digital, 600 dossiers nous ont été proposés en un an et demi, dont 300 pour la seule Bretagne?». Les critères de sélection ? « La vision du marché, la capacité à toujours avoir un temps d’avance ».Savoir écouter, être capable de se remettre en question et de bien s’entourer sont également très importants. « Nous ne sommes pas seulement des apporteurs de capitaux, nous créons des passerelles, nous mettons en relation ». Une « philosophie » que l’on retrouve également chez Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels (ABEI). La filiale du groupe coopératif et mutualiste, qui finance les grandes entreprises, la plupart des collectivités locales bretonnes, ainsi que les grands promoteurs immobiliers nationaux et régionaux, a cherché comment se distinguer de la concurrence.

« Bien sûr, nous veillons à la réactivité, explique Jean-Michel Royo, directeur général adjoint d’ABEI. Mais les autres établissements aussi. Notre taille intermédiaire nous ouvre d’autres champs. Dans le domaine du logement, nous avons ainsi décidé d’ouvrir nos contacts à nos contacts. Aménageurs, promoteurs et bailleurs sociaux ne se connaissent bien souvent qu’à l’échelle de leurs territoires. Nous, nous mettons à leur disposition notre base de clientèle ». Plusieurs rencontres façon « speed dating » ont ainsi été organisées avec succès. Des déclinaisons pour les entrepreneurs et l’agro-alimentaire sont d’ores et déjà à l’étude. Une nouvelle approche peut-être en passe de devenir « meetic »…

Jean-Yves Nicolas

En savoir plus sur http://www.paysan-breton.fr

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Loi El Khomri: Le Conseil constitutionnel censure partiellement le référendum d’entreprise

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DISPOSITION Le texte prévoyait de faire voter les salariés afin d’entériner un accord minoritaire au sein de l’entreprise…

Le Conseil constitutionnel, saisi par Force ouvrière, a censuré les modalités d’organisation des référendums d’entreprises créés par la loi El Khomri selon une décision publiée ce vendredi. Ces référendums étaient destinés à valider des accords minoritaires.

La loi, adoptée en août 2016 après un long conflit social, prévoyait que ces modalités soient fixées conjointement par l’employeur et les syndicats signataires du projet d’accord mis aux voix, excluant ainsi les syndicats non signataires.

« Une différence de traitement qui ne repose ni sur une différence de situation ni sur un motif d’intérêt général »

Cette disposition institue « une différence de traitement qui ne repose ni sur une différence de situation ni sur un motif d’intérêt général en rapport direct avec l’objet de la loi », ont estimé les Sages, qui l’ont déclarée « contraire à la Constitution ».

La loi El Khomri avait été adoptée dans le courant de l’été 2016 après de nombreuses manifestations dans toute la France. Le gouvernement de Manuel Valls avait alors eu recours à l’article 49.3 pour faire passer le texte.

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Désamour du travail: l’autre face du burn-out

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Les besoins affectifs au travail, trop souvent déniés, peuvent mener à une crise personnelle profonde.

Votre travail, vous l’aimez depuis toujours. La mission qui vous incombe, la créativité qu’il requiert, les objectifs qu’il vous propose, tout vous va. Seulement voilà, depuis quelques mois ou même quelques années, c’est comme si votre activité perdait de son charme. Le contexte y est pour beaucoup: vos collègues vont déjeuner sans vous au restaurant d’entreprise… Tout en vous reprochant de ne pas vous intégrer. Vos compétences sont considérées comme «hautes» par votre hiérarchie, mais jamais on ne vous dit que vous avez bien travaillé; on vous demande en revanche de respecter des procédures de plus en plus rigides, et si vous posez des questions, on vous rétorque en haussant les épaules «Qu’est-ce que tu es négatif(ve)!». Alors, peu à peu, votre dose de stress augmente et vous vous rendez au travail avec anxiété.

Cette forme de désamour professionnel, la journaliste Danièle Laufer l’a vécue. Elle en raconte les conditions et les effets les plus délétères dans un récit subtil, acéré, jamais condamnateur: Le Tako Tsubo, un chagrin de travail (Éd. LLL). Neuf ans de difficultés relationnelles insidieuses dans un groupe de presse se sont achevés aux urgences en cardiologie. Là, on lui parle d’abord d’infarctus. Mais on découvre qu’elle souffre d’un «tako tsubo», une pathologie cardiaque bien étrange – le ventricule gauche se dilate et reprend sa forme au bout de quelques heures – qu’on a traduit par «le syndrome du coeur brisé».

«Je n’étais pas une cadre surchargée de responsabilités, je voulais tenir parce que j’aimais profondément mon travail, je me sentais privilégiée, même si je n’étais pas très bien payée»

Danièle Laufer

Le burn-out est évoqué. Mais la journaliste préfère parler de «chagrin»: «Je n’étais pas une cadre surchargée de responsabilités, je voulais tenir parce que j’aimais profondément mon travail, je me sentais privilégiée, même si je n’étais pas très bien payée. Je ne me vivais pas non plus comme une victime ou un bouc émissaire. Tous mes proches, mes amis, me disaient « arrête », mais moi je me sentais comme une guerrière qui faisait face… Et a perdu.»

Philippe Zawieja, psychosociologue et chercheur associé à l’École des mines de Paris et à l’université de Sherbrooke (Québec) qui a coordonné le Dictionnaire de la fatigue (Éd. Droz), relève que le terme de «burn-out» est devenu un mot-valise qui ne correspond qu’à 10 % des formes nouvelles de souffrance au travail, et qu’en revanche, les «affects sur les lieux professionnels sont devenus un enjeu majeur».

«Au début, mes collègues étaient très hostiles, poursuit Danièle Laufer. Je me suis dit: « Tant pis, je ne suis pas là pour me faire des amis. » Mais je suis sensible. On n’est pas obligé d’avoir des affinités avec ses collègues, mais des rapports courtois, oui . On a besoin d’un minimum d’humanité. Beaucoup s’en sortent par le cynisme, je trouve ça terrible.»

«L’entreprise d’aujourd’hui cherche à gérer les émotions, notamment en créant des « espaces de convivialité » ou des soirées « team building »»

psychosociologue et chercheur associé à l’École des mines de Paris et à l’université de Sherbrooke (Qué­bec)

Philippe Zawieja confirme: «L’entreprise d’aujourd’hui cherche à gérer les émotions, notamment en créant des « espaces de convivialité » ou des soirées « team building », mais cette protocolisation de la vie émotionnelle ne sert à démontrer qu’une chose: les grandes organisations ont peur de la matière humaine, et cela est bien logique ; elles sont en demande permanente de rationalisation.»

Anticiper, chiffrer, mesurer les objectifs et les atteindre, en passant au premier ordre des priorités managériales, rejette dans l’ombre tout ce qui peut faire ralentir les process: le temps de réflexion, la critique si nécessaire pour faire avancer les choses.

Mais il y a pire: toutes sortes d’injonctions paradoxales minent le parcours du professionnel attaché au sens de son travail. «On vous demande d’être créatif et en même temps on rejette toutes les idées hors normes, observe Philippe Zawieja. Ou alors on vous répète: soyez vous-même… Tout en bridant chacune de vos initiatives personnelles. Il y a de quoi s’autosaboter, au bout d’un moment… Ou saboter les autres.»

Pour Danièle Laufer, c’est la réflexion de trop d’une voisine de bureau, un matin de février, qui a tout fait vaciller:

«Il faisait froid. Je lui ai demandé si je pouvais monter le chauffage, écrit-elle. Elle a hurlé: « Ne m’adresse pas la parole. » Médusée, je lui ai demandé ce qui lui prenait. Elle a jappé: « Ne me parle pas, je ne veux pas t’entendre, j’ai du travail. »» La journaliste, alors qu’elle relate cet événement des années plus tard, considère que cette collègue, elle-même en perte de mission professionnelle – on lui avait brutalement supprimé une tâche essentielle de son poste -, s’était tout simplement transformée en «bombe ambulante».

Quand les besoins affectifs et tout simplement relationnels des uns sont déniés, c’est toute la structure qui souffre.

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La Confédération du Crédit Mutuel appelle Arkéa à rentrer dans le rang

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L’organe politique du Crédit Mutuel annonce avoir complété sa réforme. Il appelle le Crédit Mutuel Arkéa à cesser ses « querelles judiciaires absurdes ».

Nouveau coup de semonce au Crédit Mutuel. A l’issue du conseil d’administration de l’organe politique du groupe mutualiste ( la Confédération nationale du Crédit Mutuel ) ce mercredi, le groupe a adressé un nouveau message de fermeté aux trois fédérations réunies au sein d’Arkéa, qui entendent quitter le giron du groupe.

« Compte tenu des décisions (…) qui confirment que « Crédit Mutuel » est une marque possédée par la Confédération et partie intégrante de la solidarité qui unit toutes les entités du groupe, le conseil d’administration de la Confédération appelle solennellement les dirigeants du Crédit Mutuel Arkéa à mettre fin à des querelles judiciaires absurdes et à revenir à un fonctionnement apaisé », précise un communiqué au titre évocateur : « La Confédération tend une nouvelle fois la main aux dirigeants du Crédit Mutuel Arkéa ».

La Confédération donne des gages

Pour convaincre  Jean-Pierre Denis, le président du Crédit Mutuel Arkéa, de renoncer à ses projets d’indépendance, la Confédération met en avant ses efforts de réforme récents. En matière de conformité, les attributions de cet organe politique ont été renforcées de sorte que la Confédération estime désormais disposer de « tous les moyens juridiques nécessaires à l’exercice de sa mission ». Autre gage de réforme : l’organe central du Crédit Mutuel va se doter de toute une série de règles de gouvernance rénovées d’ici à la fin de l’année pour conforter son indépendance (règlement intérieur du conseil, charte de l’administrateur, charte éthique du groupe).

Cette mise au carré et les décisions de justice récentes devraient, aux yeux de la Confédération présidée par Nicolas Théry, le patron de la fédération du Crédit Mutuel Centre Est Europe, convaincre Arkéa de rentrer dans le rang. D’autant que « le tribunal administratif de Rennes (…) a adressé une injonction au Crédit Mutuel Arkéa de répondre aux sollicitations de l’inspection générale de la Confédération, sous peine d’astreinte de 1.000 euros par jour de retard », souligne encore le communiqué.

 Notre volonté d’avoir une séparation ordonnée du groupe Crédit Mutuel demeure inchangée 

Pas sûr toutefois que ces arguments soient entendus à Brest. Au sein d’Arkéa, on fait valoir « des contres-vérités ». « Depuis fin décembre 2016, Arkéa transmet à la Confédération toutes les informations demandées », assure une source. « Notre volonté d’avoir une séparation ordonnée du groupe Crédit Mutuel demeure inchangée », précise par ailleurs le Crédit Mutuel Arkéa. Désormais médiateur dans ce conflit, Christian Noyer a encore du pain sur la planche…

Sharon Wajsbrot
@Sharonwaj

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Les banques françaises empruntent le chemin de la biométrie

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Le mot de passe ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir. Les banques françaises comptent le remplacer par votre empreinte, votre voix ou encore un selfie. Depuis début septembre, BPCE et Crédit du Nord, filiale de Société Générale, expérimentent la biométrie vocale pour consulter ses comptes ou réaliser des virements. Les deux banques françaises ne sont pas les premières à tester cette technologie qui doit apporter plus de sécurité aux consommateurs. Crédit Mutuel Arkéa et La Banque Postale proposent déjà des solutions à leurs clients.

La banque mutualiste dirigée par Ronan Le Moal considère la biométrie comme un axe fort de sa stratégie. Depuis 2014, elle permet à tous ses clients de se connecter sur l’application mobile avec leur empreinte digitale. Une initiative qui a fait suite à la sortie du « Touch ID », le service de lecture d’empreinte d’Apple en 2013. La banque aux 3,9 millions de clients assure que le nombre d’utilisateurs est en constante augmentation sans communiquer de chiffres précis.

 

« Aujourd’hui, plus d’un paiement Paylib sur deux est effectué avec du sans contact »

Suite à ce projet, Crédit Mutuel Arkéa a lancé en février dernier un service de paiement mobile sans contact avec authentification par empreinte digitale. Elle est proposée aux clients de Crédit Mutuel de Bretagne, du Sud-Ouest et Massif Central via l’application de paiement de leur banque. Baptisée Paylib sans contact, issue du nom du portefeuille électronique co-construit par les banques françaises, elle permet de payer jusqu’à 300 euros (contre 30 euros pour la carte bancaire). « Aujourd’hui, plus d’un paiement Paylib sur deux est effectué avec du sans contact. Et le nombre de wallets actifs continuent d’augmenter », précise Julien Guéguen, responsable du département transformation digitale au Crédit Mutuel Arkéa. Depuis le lancement, la banque étudie la possibilité de supprimer le plafond.

Vers la biométrie comportementale

Crédit Mutuel Arkéa ne compte pas s’arrêter à la biométrie par empreinte digitale. Depuis un an, elle teste sur un panel de clients la biométrie oculaire. « Selon le contexte, les pouces et doigts ne fonctionnent pas sur le Touch ID (eau, blessure…). La caméra frontale s’avère une bonne alternative puisque tous les smartphones en sont équipés », souligne le responsable. « De plus, ce test nous permet de voir quelle biométrie préfèrent les clients. A terme, nous souhaitons proposer la biométrie en mode bouquet. Selon le dispositif, le client pourra choisir la biométrie de son choix », complète-t-il.

Pour valider des opérations très sensibles, comme des virements exceptionnels importants, Crédit Mutuel Arkéa mise sur la biométrie « multi-modale », c’est-à-dire l’utilisation de deux technologies consécutives. Concrètement, l’utilisateur devra d’abord s’identifier avec son empreinte digitale puis avec une photo pour effectuer une opération.

« Nos tests sur la biométrie vocale n’ont pas été très concluants. Nous n’avons pas eu de bons retours de nos clients. »

Autre piste pour la banque mutualiste : la biométrie comportementale. Celle-ci n’est pas liée à une caractéristique physique mais à la façon de bouger, parler, penser… »Par exemple, nous tapons tous avec une méthode propre et nous avons une façon différente de tenir notre smartphone. Nous travaillons donc sur la vitesse de frappe sur un clavier tactile et nous étudions la possibilité d’utiliser les capteurs dans le téléphone », confie Julien Guéguen. « La biométrie comportementale correspond aussi au quotidien de l’utilisateur d’un smartphone. Si demain un client change de téléphone et utilise un Samsung, nous devons le savoir. De même que nous devons connaître la version de son OS et les applications qui sont dedans », ajoute-t-il. Quid de la biométrie vocale ? « Nos tests n’ont pas été très concluants. Nous n’avons pas eu de bons retours de la part de nos clients. La technologie évolue bien mais l’algorithme qui identifie les phonèmes n’est pas encore assez performant », indique Julien Guéguen. « Peut-être qu’on le fera un jour mais pour l’instant nous sommes plus convaincus sur le potentiel de les biométries oculaire, facial et le multi-modal. »

La biométrie pour les centres d’appels

La Banque Postale a semble-t-il fait un constat différent, puisqu’elle mise tout sur la biométrie vocale. Après quatre années d’expérimentations et l’accord de la CNIL en 2016, elle a lancé en début d’année « Talk To Pay » (du nom de la start-upavec qui elle travaille), un service d’authentification de paiement en ligne par la voix. Talk to Pay permet de renforcer la sécurité des achats en ligne en générant un cryptogramme aléatoire à chaque opération de paiement afin de diminuer les risques de fraude. Pour le générer, le client reçoit un appel sur son téléphone mobile et doit prononcer une phrase d’authentification. Pourquoi avoir choisi la biométrie vocale ? « Vous pouvez la mettre en œuvre sur n’importe quel téléphone. En France, la pénétration du téléphone sans connexion Internet n’est pas neutre. Pour nous, c’est un devoir de fournir une solution qui n’exclut personne », expose Aurélien Lachaud, directeur innovation et développement au sein de la direction des paiements de La Banque Postale. « Nous sommes passés par des phases de doutes mais finalement nous avons assisté récemment à une recrudescence des système avec la voix comme Siri, Alexa et Google Home. Cela nous a conforté dans notre choix », s’enthousiasme-t-il.

« Quand vous appellerez les conseillers de La Banque Postale, vous n’aurez qu’à saisir le code de votre banque en ligne et vous authentifier avec la voix »

Contrairement aux services de Crédit Mutuel Arkéa (tous gratuits), le service Talk To Pay est payant et facturé 10 euros par an par client. « Nous allons adapter nos politiques commerciales et inclurons sûrement des périodes de gratuité », avance Aurélien Lachaud. La Banque Postale ne communique pas sur le nombre d’utilisateurs mais assure que « le taux de résiliation est faible ». « Nous communiquons peu sur cette solution mais nous travaillons en interaction avec les clients pour connaître leurs avis. Nous pensons que le marché mettra du temps à l’adopter mais nous y croyons beaucoup », soutient le responsable. En attendant cette adoption, La Banque Postale travaille sur le même système mais pour les centres d’appels. « Quand vous appellerez les conseillers, vous n’aurez qu’à saisir le code de votre banque en ligne et vous vous authentifierez avec la voix », indique Aurélien Lachaud.

Par ailleurs, aucun projet d’authentification biométrique par empreinte digitale n’est dans les cartons de La Banque Postale. « Apple a conçu le Touch ID mais proposera bientôt Face ID pour améliorer la sécurité. A La Banque Postale, nous travaillons aussi bien avec des acteurs de ce type de mécanisme mais aussi sur nos propres solutions comme Talk to Pay pour ne pas déléguer systématiquement à des tiers l’authentification de nos clients », conclut Aurélien Lachaud.