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Crédit Mutuel: le gouvernement opposé à la création d’un nouveau groupe mutualiste

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Paris – Le gouvernement s’est dit lundi opposé à la création d’un nouveau groupe mutualiste après que le Crédit Mutuel Arkéa, qui regroupe les fédérations Bretagne, Sud-Ouest et Massif Central du Crédit Mutuel, a engagé fin janvier une procédure pour quitter le groupe bancaire.

« Ce différend de nature interne à un groupe bancaire mutualiste relève en premier lieu des parties concernées. En conséquence, le gouvernement ne souhaite pas modifier la loi existante« , a fait savoi

r le ministère de l’Economie et des Finances dans un communiqué.

A ce jour, les trois groupes bancaires mutualistes français – Crédit Agricole, BPCE et Crédit Mutuel – sont chacun organisés autour d’un organe central propre qui est défini par la loi dans le code monétaire et financier.

La création d’un nouveau groupe mutualiste, et donc le rattachement éventuel de certaines banques existantes à un nouvel organe central, n’est par conséquent possible qu’après une modification législative.

« Les pouvoirs publics exerceront (…) la plus grande vigilance pour assurer la stabilité du cadre législatif et réglementaire, ainsi que la protection des déposants, et des clients du groupe Crédit Mutuel. Ils appellent les dirigeants du groupe Crédit Mutuel à faire preuve de la plus grande transparence à l’égard des sociétaires et des clients du groupe« , poursuit le ministère.

Sortir de l’ensemble mutualiste, qui impliquerait entre autres pour Arkéa de renoncer à l’usage de la marque Crédit Mutuel, est une décision « potentiellement très importante« , écrit encore le ministère, qui appelle la direction de la banque à préciser « les conséquences juridiques, prudentielles, financières, opérationnelles et commerciales » d’une telle décision.

Pour formuler ses recommandations, le ministère s’appuie sur le compte-rendu d’une mission de médiation au sein de l’ensemble Crédit Mutuel confiée en mars 2017 à l’ancien gouverneur de la Banque de France Christian Noyer.

Dans ce compte-rendu rendu public lundi par Bercy, M. Noyer juge notamment le maintien de l’unité « nettement préférable, tant pour la stabilité de l’ensemble du monde bancaire mutualiste et la crédibilité du modèle mutualiste français« .

En outre, « la viabilité du Crédit Mutuel Arkéa dans un scénario de séparation demeure à vérifier« , écrit encore M. Noyer.

Mais « si la voie d’une séparation devait s’imposer« , poursuit-il, la solution « la plus réaliste (est) peut-être la formule de l’agrément d’un seul établissement de crédit, avec transfert d’actifs des caisses locales et un traitement différencié de celles-ci en fonction de leur souhait ou non de rester affiliées au groupe Crédit Mutuel« .

De son côté, un porte-parole d’Arkéa a précisé à l’AFP que le groupe est « en relation avec les autorités françaises et européennes pour définir précisément la solution sur la base de schéma d’organisation qui existent déjà au plan européen et qui préservera notre modèle coopératif et mutualiste« .

Fin janvier, la direction du Crédit Mutuel Arkéa avait engagé une procédure de divorce pour sortir de l’ensemble mutualiste.

Cette annonce avait constitué l’énième rebondissement d’une longue liste de différends judiciaires depuis plus de deux ans et demi entre Arkéa et la Confédération nationale du Crédit Mutuel, son organe de tête, accusé par le premier de vouloir porter atteinte à son autonomie et de favoriser le Crédit Mutuel-CM11, qui regroupe 11 des 18 fédérations régionales du groupe.

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Crédit Mutuel : les autorités durcissent le ton

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Le gouvernement ne souhaite pas légiférer pour créer un nouveau groupe mutualiste. Les autorités invitent dans le même temps les dirigeants de Crédit Mutuel Arkéa à mesurer les conséquences d’une séparation.

Les autorités financières entrent dans l’arène. Mettant fin à une longue période de silence, Bercy et la Banque de France ont fait connaître dans un communiqué, lundi soir, leur position de principe dans le conflit qui déchire le Crédit Mutuel . Les pouvoirs publics ont en outre décidé de publier un courrier adressé fin janvier à Jean-Pierre Denis, le président de Crédit Mutuel Arkéa, ainsi que les conclusions de la mission déminage confiée au coeur de l’été à Christian Noyer, l’ex-gouverneur de la Banque de France.

Le groupe mutualiste voit s’opposer depuis des mois le Crédit Mutuel Arkéa (regroupant les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest, et pour l’heure du Massif Central) – qui souhaite voler de ses propres ailes – à la Confédération du groupe, l’organe central chargé de l’intégrité de l’ensemble .

Un différend « de nature interne »

A lire les documents, si Arkéa parvient à se désarrimer du Crédit Mutuel, cela sera tout sauf un parcours de santé. Premier obstacle : « le gouvernement ne souhaite pas modifier la loi existante », indiquent d’entrée Bercy et l’ACPR, le gendarme bancaire français, car « ce différend de nature interne à un groupe bancaire mutualiste relève en premier lieu des parties concernées ». Or une loi est théoriquement nécessaire à la création d’un nouveau groupe mutualiste.

« Eclairer les enjeux »

Exit, donc cette solution technique pour le groupe basé à Brest. Ce dernier a prévu en outre de consulter les caisses locales sur le projet de divorce . « Les implications d’une telle hypothèse de scission nous semblent devoir être précisées, afin d’éclairer les enjeux de cette consultation », demandent le Trésor et l’ACPR dans leur courrier à Jean-Pierre Denis.

Sur le fond, les autorités restent toutefois sur une ligne de crête. D’un côté, elles reprennent à leur compte l’analyse de Christian Noyer. « Je considère pour ma part que le maintien de l’unité serait nettement préférable […] », note-t-il dans la synthèse de ses travaux, tout en envisageant les solutions non législatives à explorer « si la voie d’une séparation devait s’imposer ».

Communication grande ouverte Rassurer

En rendant public l’ensemble de ces documents et en insistant sur « la stabilité du cadre législatif et réglementaire », les autorités envoient bien sûr un message aux principaux intéressés, mais il pourrait aussi être lu avec intérêt ailleurs en Europe. « Sur les marchés, les investisseurs ne connaissent déjà pas très bien l’objet mutualiste et une telle crise risquerait d’atteindre l’ensemble des grandes banques françaises, mutualistes ou non », estime un banquier de la place.

Edouard Lederer
@EdouardLederer
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Crédit Mutuel : l’Etat contre une scission d’Arkéa

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Bercy soutient la conclusion de la mission de Christian Noyer qui juge « hasardeuse » la création d’un nouveau groupe mutualiste et s’interroge sur la « viabilité » du Crédit Mutuel Arkéa en solo. Le Trésor et la Banque de France demandent au président d’Arkéa de fournir un document complet sur toutes les conséquences d’une scission.

Douche froide au siège de Crédit Mutuel Arkéa, qui regroupe les fédérations de l’Ouest de la banque mutualiste (Bretagne, Sud-Ouest, Massif Central). L’État ne regarde décidément pas du tout d’un bon œil son projet de séparation du Crédit Mutuel et de création d’un groupe bancaire mutualiste distinct, indépendant. L’ancien gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, avait été chargé d’une mission sur le différend qui oppose Crédit Mutuel Arkéa à l’organe central, la Confédération nationale du Crédit Mutuel. Différend qualifié « de nature interne ».

« Les pouvoirs publics partagent les conclusions de cette mission, communiquées dans un courrier de Christian Noyer annexé au présent communiqué » indique le ministère de l’Economie et des Finances ce lundi soir, qui écrit que « le gouvernement ne souhaite pas modifier la loi existante.« 

Le fonctionnement du Crédit Mutuel est en effet régi par le Code monétaire et financier et la modification de celui-ci serait nécessaire. Bercy réitère que les pouvoirs publics exerceront « la plus grande vigilance » à l’égard notamment de la protection des déposants et des clients.

Pas viable en solo ?

Lesdites conclusions de la mission sont assez cinglantes :

« le maintien de l’unité serait nettement préférable, tant pour la stabilité de l’ensemble du monde bancaire mutualiste et la crédibilité du modèle mutualiste français au sein de l’union bancaire, que d’un point de vue prudentiel, dans la mesure où la viabilité du Crédit Mutuel Arkéa dans un scénario de séparation demeure encore à vérifier. » considère Christian Noyer « pour [sa] part. »

Le gouverneur honoraire de la Banque de France écrit même dans ce courrier daté du 19 janvier et adressé à la directrice générale du Trésor, Odile Renaud-Basso, et au gouverneur actuel, François Villeroy de Galhau, que :

« la solution passant par la création par la loi d’un nouveau groupe mutualiste et d’un nouvel organe central est hasardeuse, compte tenu de l’absence de consensus entre les parties sur un tel schéma et du risque de fragilisation de l’ensemble du modèle français de réseau mutualiste intégré. »

Il estime q’une solution non législative est possible, par exemple « l’agrément d’un seul établissement de crédit, avec transfert d’actifs des caisses locales. »

« Séparation unilatérale »

Bercy publie en plus de ces conclusions la lettre adressée le 25 janvier par la directrice du Trésor et le gouverneur de la Banque de France, en tant que président de l’Autorité de contrôle prudentiel  et de résolution (ACPR), le gendarme des banques, à Jean-Pierre Denis, le président du Crédit Mutuel de Bretagne et du Crédit Mutuel Arkéa, qui a reçu le soutien du conseil d’administration pour créer ce groupe indépendant et a prévu de consulter les caisses locales sur ce projet.

« Cette consultation devrait être précédée d’un éclairage complet et précis sur les conséquences juridiques, prudentielles, financières, opérationnelles et commerciales qu’une telle décision emporterait pour les caisses locales concernées » écrivent Odile Renaud-Basso et François Villeroy de Galhau, qui souligne que cette « séparation unilatérale » ne peut s’appuyer sur « l’hypothèse d’une modification du cadre législatif, qui n’est pas envisagée par le gouvernement ».

La directrice générale du Trésor et le président de l’ACPR insistent sur la nécessité de présenter « un scénario plus précis de sortie éventuelle […] rigoureusement documenté » où figureraient « les perspectives d’évolution de ses besoins en fonds propres et de ses conditions de refinancement, au regard de l’appréciation de la viabilité et de la solidité d’un groupe Arkéa devenu indépendant et de la disparition du mécanisme de solidarité avec le reste du groupe de Crédit Mutuel, et enfin de la perte de l’usage de la marque Crédit Mutuel. Cette décision potentiellement très importante pour tous les sociétaires suppose en effet leur complète information » concluent-ils.

La lettre est rendue publique à dessein : les deux auteurs demandent au président de Crédit Mutuel Arkéa de la porter à la connaissance de toutes les caisses locales.

La ligne semble désormais étroite pour le dirigeant d’Arkéa, sachant que la fédération du Massif central a déjà fait savoir qu’elle voulait rejoindre l’ensemble CM-11 qui regroupe les onze autres fédérations du Crédit Mutuel. Le plus gros ensemble de la banque mutualiste est présidé par Nicolas Théry, qui est aussi le président de la Confédération nationale avec laquelle Arkéa est en conflit.

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Crédit Mutuel : le Trésor et le régulateur mettent en garde Arkéa

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Les autorités de tutelle du secteur bancaire ont écrit au président du Crédit Mutuel Arkéa pour le mettre en garde : la procédure de divorce avec la Confédération Nationale du  Crédit Mutuel, est envisageable mais semée d’embûches.

Le Crédit Mutuel Arkéa (CMA) s’est résolument engagé sur la voie de la sécession, mais le processus sera complexe et son issue incertaine. C’est en substance le message qui a été envoyé par Odile Renaud-Basso et François Villeroy de Galhau à Jean-Pierre Denis, le président de la banque bretonne.

Dans un courrier expédié le 25 janvier dont Le Monde a eu connaissance, la directrice générale du Trésor et le président du régulateur du secteur bancaire, l’ACPR (1), dévoilent la conclusion de Christian Noyer, envoyé en 2017 en mission de médiation dans la guerre des Crédits Mutuels. L’ancien gouverneur de la Banque de France estime que le maintien de l’unité est le scénario qui « offre les meilleures garanties (…) pour les sociétaires et clients du Crédit Mutuel Arkéa », même si la séparation est possible.

Pas question de créer un nouveau groupe mutualiste

Dans le cas où la banque bretonne souhaiterait aller au bout de son indépendance, les autorités de tutelle préviennent : pas question pour le gouvernement de légiférer sur « un nouveau groupe mutualiste au sens du code monétaire et financier ». Ce qui signifie que l’organisation actuelle du groupe CMA devrait être entièrement revue.

Le Trésor et l’ACPR demandent ainsi à Jean-Pierre Denis de présenter aux caisses locales, appelées à se prononcer sur la sécession, un scénario de sortie « rigoureusement documenté » : il « devrait examiner notamment l’agrément et le statut de [la nouvelle banque Arkéa], ses relations avec les caisses locales et les activités régulées que ces dernières pourraient maintenir dans ce cadre sans organe central ni agrément collectif ».
En savoir plus sur https://www.cbanque.com

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Le Trésor et la Banque de France recadrent Arkéa

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Les difficultés législatives que pourrait rencontrer le projet de sécession du Crédit Mutuel Arkéa se confirment. Dans une lettre adressée au président du groupe, Jean-Pierre Denis, et dont l’Agefi a obtenu une copie, la directrice générale du Trésor, Odile Renaud-Basso, et le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, ont mis en garde le groupe. Cette mise au point intervient alors que les caisses locales des fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest, favorables à la scission, doivent se réunir pour se prononcer sur le projet dans les prochaines semaines.

« Nous souhaitons appeler votre attention sur le fait que, dans le cadre de cette prochaine consultation, les perspectives de séparation unilatérale que vous présenteriez ne peuvent reposer sur l’hypothèse d’une modification du cadre législatif, qui n’est pas envisagée par le gouvernement, et donc la création d’un nouveau groupe mutualiste au sens du code monétaire et financier », indique clairement le courrier. «En outre, cette consultation devrait être précédée d’un éclairage complet et précis sur les conséquences juridiques, prudentielles, financières, opérationnelles et commerciales qu’une telle décision emporterait pour les caisses locales concernées ».

Le courrier fait cependant allusion à la mission confiée à l’ancien gouverneur Christian Noyer et à un scénario de séparation sans intervention législative. «Sur le fond, ce courrier marque une étape intéressante. Si les pouvoirs publics ont toujours indiqué préférer l’unité et ne pas vouloir intervenir par la voie législative, ils envisagent pour la première fois la possibilité d’une séparation sans passer par la loi» a réagi Arkéa, en précisant être «en relation avec les autorités françaises et européennes pour définir précisément la solution sur la base de schémas d’organisation qui existent déjà au plan européen».

Alors que Jean-Pierre Denis a récemment précisé le calendrier du projet de sécession dans un entretien à Ouest France, S&P a placé fin janvier la notation financière du Crédit Mutuel Arkéa sous perspective négative. La décision de S&P « reflète la probabilité accrue d’une sortie de l’entité du groupe », explique ce matin l’agence de notation, en référence à la perte éventuelle du « mécanisme de solidarité intragroupe entre les membres mutuels ». Moody’s a également placé les ratings d’Arkéa sous revue négative pour les mêmes raisons.

05/02/2018 L’AGEFI Quotidien / Edition de 14H

 

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Comment va l’emploi dans la Banque en 2018 ?

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Depuis plusieurs années, les banques traditionnelles mettent tout en œuvre pour rationaliser les coûts. Cela passe notamment par des suppressions d’emplois par milliers.

L’émergence de la banque en ligne, des FinTechs et la banalisation des services numérisés impactent lourdement les acteurs traditionnels du secteur bancaire. Les agences bancaires ferment les unes après les autres pour être recentrées ailleurs. Chez BNP Paribas 200 points de vente qui vont disparaître, 400 annoncées par BPCE et 300 à la Société Générale.

La montée du numérique fragilise les emplois traditionnels

Les annonces de suppressions d’emplois et de fermetures d’agence bancaire ne cessent de se multiplier. Dernier exemple en date : le groupe BPCE qui a confirmé la fermeture de 400 agences, soit 4.000 suppressions d’emplois entre 2017 et 2020. Cela fait plusieurs années que les banques traditionnelles ont pour objectif de faire baisser le coût de fonctionnement de leur réseau en privilégiant l’automatisation des tâches et la digitalisation de leurs services. Ces pratiques ont eu de lourdes conséquences sur l’emploi puisque près de 1.200 agences ont fermé leurs portes entre 2011 et 2016. Finalement, ce sont plus de 10.000 emplois qui ont été supprimés sur 380.000 en France comme le montre l’analyse diffusée sur Xerfi Canal. D’ici 2025, les banques de détail pourraient perdre jusqu’à 30 % de leurs effectifs. Pour autant, ces suppressions d’emplois ne se traduiront pas forcément par des licenciements massifs comme c’est le cas en Allemagne, en Italie ou en Espagne. En effet, l’approche des banques françaises consiste davantage à jouer sur les départs en retraite anticipés.

Un développement des métiers périphériques à la finance

Depuis plus de 10 ans, on assiste à l’émergence de métiers périphériques au secteur de la finance. Dans la plupart des cas, il s’agit de professionnels de la finance qui crée leur entreprise de courtage ou de la gestion de fonds. Comme de nombreuses autres structures, les banques ont tendance à externaliser davantage. Par ailleurs, la tendance est également à la création d’emplois hyper spécialisés. Effectivement, les conseillers clientèle doivent être au fait des nouveaux outils car les clients qui se déplacent en agence sont désormais renseignés sur Internet et attendent un conseil plus précis. A court terme, peu de postes seront à pourvoir mais il s’agira d’emplois plus qualifiés. « Depuis 4 ou 5 ans, les niveaux de recrutement sont plus élevés : deux tiers des nouveaux embauchés ont un Bac +4 ou +5, avec une spécialisation plus forte dans les forces de vente », constate l’Observatoire des métiers de la banque. Les métiers du back-office vont quant à eux se développer car les données deviennent capitales dans les banques.

Dans les banques de financement et d’investissement, la révolution numérique est également en marche. La robotisation remet en question les emplois les plus qualifiés et notamment les traders. C’est déjà le cas dans l’une des banques d’affaires les plus puissantes au monde, Goldman Sachs. 600 traders actions y travaillaient en 2000 alors qu’ils ne sont plus que deux actuellement.

Meteojob transforme le processus de recrutement pour la banque

Le métier de banquier est loin de disparaître puisqu’en 2017, les acteurs de la banque-assurance prévoyaient de recruter 30 000 personnes pour des métiers bancaires différents : téléconseillers, assistant de clientèle dans les agences bancaires, mais aussi des postes de fonction support dans l’informatique, le marketing, les ressources humaines ou encore des chargés de contrôle des risques et de conformité bancaire. Pour recruter et trouver les profils correspondant, les acteurs de la banque font appel à des sociétés de recrutement.

Parmi ces prestataires, Meteojob est le premier site de recherche d’emploi en France basé sur le principe de la complémentarité entre les candidats et les postes proposéspar les employeurs. Depuis 2007, la société met en relation les demandeurs d’emploi avec les potentiels employeurs dans le domaine bancaire. En 2016, le site a fusionné avec Visiotalent, une jeune plateforme qui facilite la sélection et la gestion des candidats avec des technologies d’entretiens vidéo différés. Selon Marko Vujasinovic, président de Meteojob, ce rapprochement permet à l’entreprise de proposer une solution de productivité de bout en bout pour le recrutement.

Meteojob utilise un algorithme qui se comporte comme un assistant de recherche d’emploi. Il sélectionne les offres qui correspondent au candidat sans que celui-ci n’ait besoin d’effectuer une recherche sur le site. L’algorithme analyse les éléments de son profil et ceux présents dans les offres d’emploi pour les comparer. Chaque offre reçoit une note selon le nombre d’éléments correspondant. Lorsque l’analyse est terminée, seules les offres les mieux notées sont présentées à l’utilisateur. Meteojob s’adresse également aux personnes à la recherche de formations post-master.

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L’abandon de la marque Crédit Mutuel, premier défi d’un Arkéa indépendant

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17/01/2018

Philippe Mudry

On ne pourra contester à Jean-Pierre Denis, président du Crédit Mutuel Arkéa, la constance dans la stratégie, ni lui dénier le goût du risque.

Car sa décision d’engager son établissement dans un processus de divorce d’avec le groupe Crédit Mutuel en comporte de sérieux, y compris pour lui.

Un conseil d’administration d’Arkéa est convoqué ce matin pour donner mandat à ses dirigeants de doter l’entité d’un statut de « groupe bancaire coopératif et mutualiste indépendant ».

Dans la foulée, les trois fédérations qui composent Arkéa, de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central, réuniront leurs conseils, sachant que la troisième devrait décider de demeurer au sein du groupe Crédit Mutuel.

L’initiative d’Arkéa constitue un pas de plus dans la stratégie de rupture impulsée par son président depuis plusieurs années.

Mais contrairement aux précédents, de nature essentiellement juridique, celui-ci n’est nullement consensuel car ses conséquences en termes d’activité sont importantes.

Les syndicats s’en sont particulièrement émus, s’agissant surtout des conséquences de l’abandon de la marque Crédit Mutuel qu’impliquerait de facto une rupture.

Cet abandon serait d’autant plus difficile à gérer, notamment auprès des clients, que le Crédit Mutuel ne manquerait pas d’ouvrir, sur les terres des sécessionnistes, des agences sous sa propre marque.

Autres conséquences à prendre en compte, des contraintes en capital plus lourdes, l’obtention des pouvoirs publics, pas forcément bien disposés, d’une loi pour créer la nouvelle entité, et de la Banque de France, guère favorable à cette évolution, d’un agrément bancaire.

C’est une course d’obstacles longue et difficile qui attend les rebelles du Crédit Mutuel.

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L’autonomie du Crédit Mutuel Arkéa?: Jean-Pierre Denis s’explique

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Le Crédit Mutuel Arkéa (fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et pour quelques mois encore du Massif Central) a lancé le processus qui devrait le conduire à quitter la Fédération nationale du Crédit Mutuel. Jean-Pierre Denis, le président d’Arkéa, aussi à la tête de la fédération bretonne, s’en explique. Le groupe compte quelque 9?500 salariés (6?200 en Bretagne) et près de quatre millions de clients. Son siège est installé au Relecq-Kerhuon aux portes de Brest.

Le groupe Crédit Mutuel Arkéa vient d’enclencher le processus qui pourrait le conduire à quitter la Confédération nationale du Crédit Mutuel. Pour quelles raisons??
Il ne faut pas perdre de vue le fond du débat et ce qui est en cause. L’autonomie a toujours été le fil conducteur de notre histoire et est au cœur de notre projet stratégique. Notre groupe a ainsi toujours maîtrisé l’ensemble de ses décisions. Et les résultats sont là?! Cette année encore, nous allons afficher des résultats records. Aujourd’hui, l’analyse que nous faisons, c’est que, depuis environ six mois, notre autonomie est directement menacée par les projets centralisateurs de la Confédération nationale qui entrave notre développement.

Un compromis n’est plus possible??
Nous estimons que nous sommes à un moment clef de notre histoire?: les conditions de fonctionnement et de développement de notre groupe commencent à être gravement perturbées. À partir de là, la vraie question qu’il nous revient de traiter est la suivante. Soit nous acceptons une intégration dans un groupe bancaire centralisé en devenant l’une de ses composantes. Soit, nous conservons notre autonomie et notre liberté d’entreprendre qui sont au cœur de notre modèle économique.

Il faut donc choisir??
Au fond, c’est une alternative très simple avec deux options sur la table. Dans l’une, on s’intègre dans un groupe Crédit Mutuel centralisé et piloté depuis Paris. Dans l’autre, on sort de la Confédération nationale en en acceptant d’adopter une nouvelle dénomination. Autrement dit?: que mettons-nous en priorité, la marque ou l’autonomie?? La marque Crédit Mutuel mérite-t-elle que nous sacrifiions ce qui fait notre force et notre différence, l’autonomie du groupe. Il nous paraît naturel de poser la question à nos caisses locales qui sont, dans notre banque coopérative et mutualiste, la vraie source de légitimité. Nous le ferons dans les prochains mois. Ce qui serait surprenant, ce serait de ne pas les consulter?! C’est une décision historique. Nous respecterons naturellement le choix des caisses locales.

Vous dites que la centralisation est un frein au développement du groupe Arkéa. Plus concrètement??
Par exemple, la Confédération cherche à imposer des limites de risques identiques pour tous les groupes de Crédit Mutuel sans tenir compte des spécificités de notre modèle. Ce qui est directement un frein à notre développement et à notre capacité à investir dans les territoires. Il s’agit là d’un vrai choix de stratégie. Nous estimons que cette responsabilité nous revient. Par ailleurs, lorsque nous avons des projets de développement avec des partenaires dans différents secteurs, il n’est pas acceptable pour nous de transmettre en amont des informations particulièrement sensibles, alors même que la confédération abrite un de nos concurrents le CM11-CIC (11 autres fédérations du Crédit Mutuel surtout présentes dans l’est de la France). Partager nos secrets, ce n’est pas dans la nature des choses.

Si vous quittez la Confédération nationale, vous perdez donc la marque Crédit Mutuel. N’est-ce pas risqué??
La question n’est pas celle-là. Il s’agit de savoir s’il est plus risqué d’abandonner la marque, ou de renoncer à l’autonomie Il s’agit bien d’une alternative?: au risque de perdre l’autonomie du groupe, les caisses locales veulent-elles s’intégrer dans la Confédération nationale pour conserver la marque, ou bien accepte-t-on de continuer à nous développer en adoptant une nouvelle marque?? Nous estimons que ce choix revient aux caisses locales.
Personne ne doute, moi le premier, de l’importance de la marque Crédit Mutuel. Elle a une dimension historique, affective, et véhicule un certain nombre de valeurs. Mais nous mettons en regard la marque et l’autonomie. Il ne s’agit pas d’abandonner notre statut de banque coopérative et mutualiste. Demain, si nous quittons la Confédération nationale, nous choisirons un nom qui exprimera deux choses très clairement. La première, c’est notre statut de banque coopérative et mutualiste. La seconde, c’est notre ancrage territorial.

Vous avez commencé à réfléchir sur ce nouveau nom du Crédit Mutuel de Bretagne??
Nous avons un nom sur lequel nous avons travaillé mais il est trop tôt pour le révéler. Aujourd’hui, la question c’est de savoir si on préfère garder notre nom en sacrifiant l’autonomie, ou garder l’autonomie en abandonnant le nom. C’est la seule question qui se pose.

Au-delà du nom, y a-t-il un risque pour vous de quitter la Confédération nationale??
La vraie inconnue, c’est l’intégration dans un groupe centralisé de Crédit Mutuel. Nous ne voulons pas changer notre groupe mais maintenir ce qu’il est?: un groupe autonome qui entreprend, va de l’avant, se développe, se diversifie, et affiche, d’année en année, une solidité financière qui se renforce. Sortir de la Confédération, c’est permettre à notre groupe de continuer à investir dans les entreprises régionales, à soutenir les collectivités. C’est préserver notre modèle territorial, coopératif et mutualiste, c’est maintenir nos centres de décision et l’emploi en région.

Vous défendez aussi un certain modèle de banque??
Dans l’environnement actuel, il est essentiel de développer des qualités d’agilité, de souplesse, de transformation digitale, de réactivité et de proximité avec les marchés. C’est le modèle que nous défendons aujourd’hui et que nous entendons préserver aujourd’hui.

Et pour vos clients actuels, ce départ de la Confédération nationale changerait quoi??
Il n’y aurait absolument aucune incidence, et aucune démarche à faire. Il n’y aurait pas non plus d’incidence, individuelle ou collective, pour le statut de nos collaborateurs. Notre projet, c’est celui d’une vraie banque territoriale. Il sera enthousiasmant d’expliquer aux Bretons pourquoi il faut faire confiance à une banque qui a décidé de se battre pour préserver son autonomie et ses centres de décision en région. Le groupe Arkéa, c’est le modèle breton qui consiste à concevoir et fabriquer en région, puis en exportant nos savoir-faire.

Et le calendrier??
Tout cela va s’étaler sur plusieurs mois. Il y a d’abord un temps pour poser les termes de cette alternative, poser des questions et débattre. Ensuite, les caisses locales voteront. D’abord, un vote d’orientation fin mars et en avril où chacune dira ce qu’elle souhaite. Et si elles choisissent l’indépendance, nous proposerons ensuite un projet finalisé de sortie du Crédit Mutuel, en liaison avec les autorités bancaires. Viendra alors le temps de la décision définitive qui reviendra aux caisses locales, plutôt à la rentrée de septembre.