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Arkéa / Crédit Mutuel : les enjeux du départ du groupe bancaire breton

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Élus locaux, régionaux, parlementaires finistériens, entrepreneurs, artistes, clients… n’en jetez plus, la liste des soutiens à la « cause » Arkéa est plus longue que les conditions générales de vente d’un crédit bancaire. Aujourd’hui, la démarche vers l’indépendance de la fédération Crédit Mutuel – Arkéa est devenue une cause populaire en Bretagne, au prix d’une campagne grand publicintitulée d’abord « Vent Debout » puis « Avis de tempête ». Les soutiens de la banque bretonne savent se faire bruyants sur les réseaux sociaux.

Campagne virale sur les réseaux sociaux

L’enjeu, selon cette campagne, est le refus de la centralisation du fonctionnement de la fédération Arkéa. Garder tous les emplois et maintenir des centres de décisions sur le territoire régional. Un argumentaire qui, localement, ne peut que recueillir l’adhésion du plus grand nombre. Mais de l’avis du directeur général de la CNCM, la confédération, Pascal Durand, « la centralisation est un mythe. Ce n’est absolument pas dans la philosophie de la confédération de s’occuper des emplois dans les groupes régionaux ».

Enjeu et prise de risque

Pour comprendre les enjeux, il faut savoir que le Crédit Mutuel fait partie des 3 banques mutualistes françaises. Avec le Crédit Agricole et le groupe Banque Populaire – Caisse d’Épargne. Des banques aux statuts spéciaux, nés des petites caisses locales, et dont la philosophie a toujours été le principe de solidarité entre elles. Arkéa regroupe d’ailleurs 3 « entités Crédit Mutuel » le CMB, mais aussi une fédération Crédit Mutuel du Sud Ouest et une fédération du Massif Central, dont le dirigeant Frédéric Ranchon ne veut pas suivre la ligne « séparatiste ». Un organe central pilote le tout. Pour le réseau Crédit Mutuel, c’est la CNCM. Et au milieu des autres fédérations, le Crédit Mutuel de Bretagne joue un air de soliste, de plus en plus fortement.

Des responsables syndicaux doutent

« Le problème c’est qu’on organise déjà la sortie de notre groupe. On n’a plus de continuité dans les visuels des produits bancaires. Le livret bleu, le produit le plus simple, est devenu le livret CMB. Et l’encaissement des chèques n’est parfois plus possible entre des caisses de différents crédits mutuels. » pour ce responsable syndical, qui souhaite rester anonyme, cette volonté d’indépendance est menée à la hussarde et contre la philosophie originelle du groupe. « Je suis un mutualiste convaincu, et ce n’est pas qu’une histoire de perte de marque. Je suis catastrophé par la manière dont tout cela tourne. On s’est construit avec une idéologie mutualiste, et _la division ce n’est pas un projet mutualiste_« .

Arkéa, un modèle original et qui marche

Pourtant, c’est bien le cœur des reproches adressés par les dirigeants d’Arkéa à leur confédération. Depuis quelques années, Jean-Pierre Denis, le PDG, développe une stratégie de rachats d’entreprises (croissance externe), et démontre qu’il fait des choix originaux et audacieux. Avec succès : les derniers résultats présentés sont brillants. « Je me félicite de la réussite d’Arkéa » glisse d’ailleurs Pascal Durand. Après tout, ce qui est bon pour une filiale est bon pour le groupe. Ce qui le conduit à cet argumentaire : « Jamais notre fonctionnement n’a entravé les projets du Crédit Mutuel Arkéa ». Quant aux menaces sur les emplois, un membre du CCE, ancien dans l’entreprise dit « ça fait 20 ans que j’entends que des projets de fusion pourraient réduire l’emploi ».

Futur incertain

Finalement, le débat rationnel est presque impossible : pour les tenants de la sécession, ce qu’il faut craindre c’est une re-centralisation pas encore effective. Alors que pour les autres, ce qu’il faut craindre c’est l’avenir d’Arkéa loin de son groupe bancaire initial. Devra-t-il perdre la marque ? Pour le moment, la réponse est oui, il semble difficile de revenir là-dessus. Devra-t-il abandonner le statut mutualiste ? Pour le moment, cela est très flou. Le gouverneur honoraire de la Banque de France, Christian Noyer écrit le 19 janvier dernier dans un courrier « le maintien de l’unité serait nettement préférable » de peur sans doute de voir un acteur majeur semer la zizanie dans le paysage bancaire français.

Syndicalistes pas rassurés

En tout cas, rarement il aura été aussi compliqué de faire parler un syndicat au micro. Symptôme d’une ambiance qui parfois tourne au vinaigre. Pour l’un : « de toute façon on va se faire virer ». Un autre nous dit : « moi je ne suis pas kamikaze », pour une 3e « je ne vais pas sur twitter et facebook »… de peur d’y trouver sur elle ou sa démarche quelques méchancetés. Un membre du CCE : « C’est pesant. On sent bien que la pression est là tous les jours, c’est un sujet qui revient et tous les jours sur notre messagerie interne, nous avons des messages qui nous incitent à nous mobiliser pour la cause, comme un mantra. Chez certains, c’est très mal vécu. On aime notre boîte, nous aussi on veut la défendre mais pas au point de suivre le mouvement aveuglément ».

Consultation des caisses locales

Le CMB-Arkéa a promis une consultation de ses caisses locales en Mars, le 23. De nombreuses se sont déjà positionnées. Souvent pour l’indépendance. Si les dirigeants exposent enfin, les contours de leur projet d’indépendance, tous les acteurs du dossiers pourraient y voir déjà un peu plus clair. Car aujourd’hui, il n’y a que des intentions d’indépendance. Pour le concret, les dirigeants du Crédit Mutuel Arkéa ont toujours repousser la présentation d’une feuille de route claire, adaptant leur discours au grée des événements et surtout, allant de déconvenues en déconvenues sur le plan légal et juridique. « Un document sera présenté aux caisses locales une semaine avant le vote » affirme l’entreprise. Une semaine qui s’annonce tendue et riche en débats internes. Espérons qu’ils puissent se faire dans un climat le plus apaisé possible.

Par Benjamin Bourgine, France Bleu Armorique et France Bleu Breizh Izel

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Crédit Mutuel Arkéa en pleine forme avant sa « séparation » de la Confédération

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Crédit Mutuel Arkéa a annoncé jeudi soir un bénéfice net en hausse de 27,3% à 428 millions d’euros en 2017. Une « année de tous les records » et le meilleur ratio de solvabilité parmi les banques françaises. Mercredi, au cours d’un « Dîner Celtique » devant les Bretons de Paris, Jean-Pierre Denis et Ronan Le Moal, président et directeur général de CM Arkéa, ont réaffirmé leur « détermination » à se séparer de la Confédération du Crédit Mutuel. Cette dernière menace les dirigeants bretons de « révocation », alors que les caisses locales actionnaires du groupe vont devoir choisir ce printemps entre les deux options sur la table : l’intégration ou l’indépendance.

Carton plein en 2017 pour Crédit Mutuel Arkéa (CMA) qui a annoncé jeudi avoir dégagé en 2017 un bénéfice net en hausse de 27,3% à 428 millions d’euros, se félicitant d’une « année de tous les records ». Les revenus du CMA, qui regroupe les fédérations du Crédit Mutuel de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central, ainsi qu’une trentaine de filiales spécialisées, sont en hausse de 12,8% à 2,09 milliards d’euros. La marge financière ressort en forte hausse de 16%, alors que le groupe basé près de Brest a passé le cap en 2017 des 10.000 salariés.

L’année 2017 a été « une année extrêmement accomplie », s’est félicité Jean-Pierre Denis, président de CMA, lors d’une conférence de presse, évoquant une « année de tous les records ». Le groupe a engrangé plus de 176.000 nouveaux clients (+4,3%) pour atteindre un portefeuille de 4,24 millions de clients, grâce notamment aux activités de banque en ligne et d’assurance. Le coût du risque, soit les provisions notamment passées pour faire face aux risques d’impayés sur les crédits consentis, s’est replié nettement de 48,9% à 53 millions d’euros (-30% à périmètre comparable). Le poids des créances douteuses et litigieuses est resté bas à 2,9% (3,4% en 2016), alors que le taux de provisionnement de ces créances a atteint un niveau de 57,4%. « Non seulement il y a peu de risques (…) mais ces risques sont précisément bien couverts », a souligné Jean-Pierre Denis.

En termes de solvabilité, le groupe affiche un ratio de fonds propres « durs » (apports des actionnaires et bénéfices mis en réserve rapportés aux crédits consentis) de 18,5%, soit un niveau « très largement supérieur aux exigences réglementaires », a souligné Arkéa. « Au-delà des spéculations de la Confédération sur l’avenir du groupe Arkea et sa capacité à voler de ses propres ailes, je pense qu’il faut s’en tenir aux chiffres. On aura du mal à expliquer au vu des ratios (…) qui sont les nôtres que le groupe Arkea n’a pas tout d’un groupe indépendant », a souligné Jean-Pierre Denis, évoquant le conflit l’opposant à son organe central, la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM).

Un « Diner Celtique » bien arrosé pour la Confédération

Invités ce mercredi soir à un dîner privé organisé par l’association « Les dîners celtiques » (qui regroupe les leaders économiques bretons à Paris), les deux dirigeants de Crédit Mutuel Arkéa ont fait assaut, devant un public choisi et acquis, d’arguments pour justifier leur sécession. En présence de quelques journalistes, dont La Tribune, Jean-Pierre Denis a été clair : « Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes »… « s’il n’y avait pas cette volonté de centralisation ». Selon l’ex-secrétaire général adjoint de Jacques Chirac à l’Elysée, breton du Nord, « le schéma de centralisation est une option, qui a ses vertus sans doute, mais aussi de lourdes conséquences en emplois de proximité ». Et elle va à l’encontre de la « culture entrepreneuriale du groupe », qui s’est développé seul, comme une ETI, poursuit Ronan le Moal, DG d’Arkéa. L’autre option, que les dirigeants défendent farouchement avec le soutien de presque toute la Bretagne, c’est « de sortir de la confédération, mais elle a pour conséquence de perdre la marque Crédit Mutuel ». Mais, selon Jean-Pierre Denis, « perdre une marque aussi belle soit-elle, ne vaut pas notre liberté d’entreprendre ».

« Avis de tempête » sur la Bretagne

Selon Jean-Pierre Denis, les résultats d’Arkéa font la démonstration que le groupe a « tous les attributs d’une banque de plein exercice ». Même Danièle Nouy, qui supervise les banques européennes, a reconnu que « le groupe Crédit Mutuel Arkéa présente le meilleur ratio de solvabilité de toutes les banques françaises », se félicite Jean-Pierre Denis. Arkéa « n’a pas de BFI, est peu exposé aux risques de marché, a une activité diversifié dans toutes les dimensions de la banque et de l’assurance-vie et de personne, et affiche un modèle stable ». Alors qu’une pétition de soutien intitulée « Avis de tempête » a recueilli plus de 100.000 signatures (bretonnes principalement) en faveur de l’indépendance de CM Arkéa, l’affaire prend une tournure politique.

« Nous bretons sommes à la fois têtus et déterminés »

Interrogé en marge du dîner pour savoir ce que veut vraiment Nicolas Théry, président de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel et de la Caisse Fédérale de Crédit Mutuel-CM11CM11-CIC, Jean-Pierre Denis répond sans ambages : « Il m’a proposé la vice-présidence de la Confédération maintes fois, mais il ne comprend pas que ce n’est pas le problème. Il pense qu’il peut réussir là où Michel Lucas [ancien président particulièrement bouillant du Crédit Mutuel] à échoué, mettre la main sur le Crédit Mutuel de Bretagne, mais il en train de se rendre compte que, nous Bretons sommes à la fois têtus et déterminés ».

Pour s’autodéterminer justement, les 331 caisses actionnaires du Crédit Mutuel Arkea vont être appelés dans les prochaines semaines, entre mars et avril, à choisir leur destin : soit rejoindre la confédération et quitter Arkéa, soit choisir la voie de la séparation, la perte du nom Crédit Mutuel et l’indépendance, souligne le dirigeant. Selon Jean-Pierre Denis, l’intégration serait une « aventure » socialement catastrophique avec le risque de « perdre 3.500 emplois directs sur 10.000 à Brest » et même 2.500 supplémentaires parmi les emplois indirects générés par Arkéa du fait de sa forte implantation locale. « Nous avons 380 implantations physiques en Bretagne, 30 filiales dont certaines opèrent au-delà des frontières de la Bretagne… Nous sommes aussi le premier investisseur privé dans les PME et ETI bretonnes, nous finançons 40% des installations de jeunes agriculteurs en Bretagne, ce qui fait de nous l’autre banque verte… », souligne-t-il.

« Une vieille façon de faire de la banque »

Quand on l’interroge sur les raisons d’un divorce, alors que les deux groupes CM-Arkéa et CM11-CIC se sont très bien développés au sein de la Confédération, Jean-Pierre Denis précise que cela fait depuis 2011 que son groupe « résiste aux velléïtés centralisatrice » de son concurrent et que celles-ci sont de plus en plus pressantes alors que les deux banques n’ont « pas de lien d’affaires ensemble, sont en concurrence sur l’ensemble de leurs métiers ».

« En dehors de la marque, nous ne partageons rien. Et on nous demande, parfois avec condescendance, de rendre des comptes à un concurrent qui détient tous les postes de décision au sein de l’organisme central », explique-t-il. Pour Jean-Pierre Denis, le modèle centralisé est « une vieille façon de faire de la banque ». La banque géante est selon lui une vue du passé. L’heure est « à la proximité avec les clients », d’autant, souligne Ronan le Moal, le directeur général, Breton du Sud et artisan de la transformation digitale d’Arkéa, que « le numérique rebat les cartes et donne un accès direct au monde ».

L’agilité, c’est pour cela que les lémuriens ont survécu aux dinosaures

Dans ce monde du digital, qui permet « de créer très vite de nouveaux acteurs », comme Fortuneo -la première Fintech française, créée par Arkea avant que le mot Fintech n’existe- ou Leetchi, la « cagnotte » des étudiants racheté à sa fondatrice et aujourd’hui présent dans le paiement dans plus de 20 pays, ce qui compte c’est la possibilité de « conquérir très vite de nouveaux clients », explique Ronan Le Moal : « Aujourd’hui, l’important pour une banque, c’est d’avoir un ancrage territorial puissant, une culture technologique forte -il se targue d’avoir été le premier en Europe à permettra à ses clients de passer des ordres de bourse sur internet – et une agilité ». Par exemple, Arkéa travaille en marque blanche pour apporter ses technologies à des partenaires, comme Amazon ou System U. « L’agilité, dit-il, c’est essentiel, c’est pour cela que les lémuriens ont survécu aux dinosaures »… Message à peine voilé vers les projets centralisateurs de son concurrent de l’Est…

« Nous irons jusqu’au bout »

« Si le mandat donné par nos caisses actionnaires est la séparation, reprend Jean-Pierre Denis, je peux vous assurer que nous irons jusqu’au bout ». Selon lui, « les pouvoirs publics sont en train de se rendre compte » de la détermination des dirigeants et du soutien qui leur est apporté au niveau local par de très nombreux chefs d’entreprise bretons. D’ailleurs, poursuit-il, « les autorités ont reconnu que la séparation pouvait s’envisager sans passer par la loi. On nous disait le contraire avant. Et les mêmes semblent avoir changé d’avis ». Il faut dire que l’idée de passer par le Parlement fait craindre une contagion vers d’autres réseaux mutualistes tentés par le précédent Arkéa. Mais, souligne Jean-Pierre Denis, en fait « nous sommes unique en notre genre, car tous les autres réseaux, que ce soit chez Casa (Crédit Agricole) ou BPCE (Banques Populaires-Caisses d’épargne) sont déjà intégrés »…

Arkéa Le Gall ou le Goff, même combat

Le travail de sécession a déjà commencé puisque les autorités bancaires « sont en train de mener les audits internes » chez CM Arkea pour constater si le groupe a vraiment la possibilité de se séparer définitivement de la confédération du Crédit Mutuel.
De leur côté, les dirigeants d’Arkea travaillent déjà sur une nouvelle marque. « Pour les clients, cela ne changera rien : l’indépendance, c’est le statu quo. C’est l’intégration qui serait le changement, en termes de produits financiers et de relation client », assure Jean-Pierre Denis. Il n’a pas dévoilé le nouveau nom de sa banque post-sécession, mais il assure que « la marque exprimera clairement notre ancrage territorial, de Bretagne donc, et notre identité coopérative : Le Gall ou le Goff, quelle que soit la nouvelle appellation, nous resteront encore très longtemps dans le cœur des Bretons le Crédit mutuel de Bretagne », conclut-il, non sans panache. Va-t-on inévitablement vers un divorce par consentement… plus ou moins « mutuel » ? A entendre la détermination des dirigeants du CM Arkea, on voit mal comment un destin commun est encore possible avec Nicolas Théry et le CM11-CIC. Mais l’affaire a été et pourrait encore être sanglante. « Les guerres civiles sont toujours les plus meurtrières », commentait un participant, breton, au Diner Celtique…

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Philippe Mabille

@phmabille

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Arkea. L’erreur politique du patron du Crédit mutuel de Bretagne

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« La vie est un combat », affirmait Charles de Gaulle. Le Crédit mutuel de Bretagne en sait quelque chose dans le « combat » qui l’oppose à la Confédération nationale du Crédit mutuel (structure de tête du groupe coopératif et son organe central), contrôlé dans les faits par le groupe CM 11 -CIC (onze fédérations et la banque CIC) piloté par les Alsaciens.

Le CMB couvre la Bretagne (4), alors que les caisses de Loire-Atlantique appartiennent à la fédération « Loire-Atlantique – Centre-Ouest », l’une des onze composantes du groupe CM 11 – CIC. Pour se renforcer dans ce bras de fer, le CMB s’est associé à deux autres fédérations (Sud-Ouest et Massif central) pour former le groupe Arkea.

Aujourd’hui, les dirigeants d’Arkea – donc le CMB – veulent quitter la confédération. Explications fournies par Jean-Pierre Denis, président d’Arkea et du CMB : « Depuis l’époque des pionniers fondateurs, notre groupe a toujours maîtrisé ses décisions. Il a toujours été autonome dans son fonctionnement et dans ses décisions. Il a toujours été autonome dans son fonctionnement et son développement. Et cette autonomie donne des résultats ! 2017 s’annonce comme l’année de tous les records. Nous devrions franchir le cap des 400 millions de résultat net, 100 millions d’euros de plus qu’en 2016. »

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si les projets de la confédération ne venaient gâcher la fête. « Mais cette autonomie est gravement menacée, aujourd’hui, par les visées centralisatrices de la Confédération nationale du Crédit mutuel. Elle veut nous imposer sa discipline et nous soumettre ses instructions », poursuit Jean-Pierre Denis (Le Télégramme, jeudi 25 janvier 2018).

On se retrouve donc avec « deux options sur la table. Dans l’une, on s’intègre dans le groupe Crédit mutuel centralisé et piloté depuis Paris. Dans l’autre, on sort de la Confédération nationale en acceptant d’adopter une nouvelle dénomination » (Ouest-France, jeudi 25 janvier 2018). Faire sécession signifiant perdre la marque Crédit mutuel.

Partie difficile pour les dirigeants d’Arkea car les pouvoirs publics ne voient pas d’un bon œil cette scission. Fort logiquement, ils sont défavorables au départ des Bretons de la Confédération. « Premier obstacle : « le gouvernement ne souhaite pas modifier la loi existante », indiquent d’entrée Bercy et la Banque de France, car « ce différend de nature interne à un groupe bancaire mutualiste relève en premier lieu des parties concernées. » Or une loi est théoriquement nécessaire à la création d’un nouveau groupe mutualiste » (Les Échos, mardi 6 février 2018).

Reste à consulter les caisses locales sur le projet de divorce. « Les implications d’une telle hypothèse de scission nous semblent devoir être précisées, afin d’éclaircir les enjeux de cette consultation », demandent Bercy et la Banque de France dans leur courrier à Jean-Pierre Denis, président d’Arkea et du CMB » (Les Échos, id.)

Mais le président Denis persiste et signe : « J’estime, au regard de la centralisation qui est engagée, qu’il n’est plus possible de concilier notre appartenance à la Confédération nationale du Crédit mutuel et notre autonomie. » Pourquoi ? « La Confédération multiplie les instructions [en direction d’Arkea], s’étonnant même que nous ne partagions pas avec elle certains de nos projets d’investissement. Comment pourrions-nous avoir confiance dans un organe central qui manque à ce point de neutralité ? » (Le Monde, mardi 20 février 2018).

Pour créer un courant favorable en sa faveur et convaincre la population bretonne du bien-fondé de sa démarche, Jean-Pierre Denis a lancé une campagne de communication. Le CMB est riche, il est donc facile d’acheter des pages de publicité dans la presse nationale et régionale. Ce qui nous permet d’apprendre d’une manière très officielle que « d’ici quelques semaines, il appartiendra aux administrateurs des caisses locales de nos trois fédérations, et à eux seuls, de décider de l’avenir du groupe Arkea. » (Le Figaro, mardi 13 février 2018). Signé Jean-Pierre Denis et Ronan Le Moal, directeur général du Crédit mutuel Arkea.

Tout cela est bel et bien bon mais des juristes pointilleux pourraient faire observer à MM Denis et Le Moal que, dans un organisme mutualiste, le pouvoir appartient à l’assemblée générale – organe souverain réunissant les sociétaires (porteurs de parts) de la caisse. C’est à elle de décider si ces derniers veulent quitter la confédération et abandonner la marque « Crédit mutuel ».

Bien entendu, le tandem Denis – Le Moal peut rétorquer qu’il y a bien longtemps que le CMB n’a plus de « mutuel » que le nom. Quant aux assemblées générales des caisses, elles ressemblent fort à une chambre d’enregistrement où sont avalisées – en toute méconnaissance des dossiers – les décisions de la technostructure qui dirige la fédération. Il y aurait également beaucoup à dire sur la légitimité des présidents et des administrateurs des caisses. En effet, en zone rurale, une assemblée générale réunit péniblement 5% des sociétaires de la caisse. Pourcentage qui tombe à 2% en zone urbaine. On peut noter que cette AG ressemble parfaitement à une réunion d’un club du troisième âge où les uns et les autres viennent , parce qu’après une présentation rapidement menée – une demi-heure – des questions figurant à l’ordre du jour et les votes, on passe aux choses sérieuse : boire, manger et musique.

Lorsqu’il y a cinquante ans, le Crédit mutuel s’est développé en Bretagne dans le cadre des paroisses – il y avait alors un crucifix accroché au mur derrière de comptoir -, les choses se présentaient différemment. Les élus étaient les patrons et le président d’une caisse assurait effectivement son fonctionnement. Situation qui devait déplaire à la technostructure qui, petit à petit, s’est emparée du pouvoir. Alors, pour réduire les élus à pas grand-chose et dissuader les forces vives de la caisse de participer aux assemblées générales, on a donc entrepris, dans un premier temps, de fusionner les caisses, puis, dans un second, de fermer celles qui étaient installées dans le rural profond. Il parait qu’il faut réaliser des économies, alors que le CMB n’est pas une entreprise capitaliste mais une coopérative ! Ce fut le cas ces derniers temps de Peillac (près de Redon) et de Sérent (près de Ploërmel). Tout a été fait pour dégoûter les gens de s’intéresser à la bonne marche de leur caisse ; il était plus pratique pour les technocrates du Relecq – Kerhuon de réduire des sociétaires actifs à la condition de simples clients passifs. Le CMB étant une démocratie bien organisée (?!), les administrateurs et le président du conseil d’administration sont « recrutés » par le directeur de la caisse ; il ne reste plus à l’AG qu’à applaudir cette nomination. Bien entendu, président et administrateurs sont d’authentiques « braves gens » qui ne feront pas d’ombre au directeur.

Résultat des courses : des sociétaires actifs se mobiliseraient dans le conflit actuel pour défendre l’autonomie du CMB. Des manifestations fournies impressionneraient à la fois le gouvernement et la confédération. Alors que des clients indifférents se contentent de regarder le train passer. Que Denis gagne ou perde, tout le monde s’en fiche. Pourtant l’intérêt supérieur de la Bretagne voudrait que le CMB conserve son autonomie, voire gagne son indépendance face à la confédération.

Bernard Morvan

Crédit photo : Cremeto/Wikimedia (cc)
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Arkéa veut rendre son projet de sécession irréversible

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Dans un entretien aux « Echos » Jean-Pierre Denis affiche une détermination intacte : si son calendrier se déroule comme prévu, la décision formelle de quitter le giron du groupe Crédit Mutuel pourrait être prise en septembre. Mais les écueils ne manquent pas.

Personne n’en doutait vraiment. Mais la détermination de Jean-Pierre Denis reste intacte. En marge de la présentation de résultats record pour son groupe, le président du groupe Crédit Mutuel Arkéa ne dérive pas d’un iota dans son projet de mener à terme l’indépendance d’Arkéa .

Dans ce qui n’est encore qu’un scénario, le groupe quitterait le giron confédéral du Crédit Mutuel (CNCM) et renoncerait à porter la marque du groupe mutualiste. Ce qui est plus neuf est l’argumentation choisie : aux commandes du groupe depuis dix ans, l’homme cherche à démontrer que ce mouvement est logique, et inéluctable.

Dédramatiser le divorce

Sur le plan économique, d’abord, il s’appuie sur les bonnes performances du groupe. « Cette réussite, objective et indiscutable, confirme la capacité du groupe Arkéa à poursuivre son développement en toute indépendance, au service de ses clients et sociétaires. J’ajoute que nos performances, exceptionnelles en 2017, ne doivent rien à la Confédération », souligne Jean-Pierre Denis.

Sur le plan technique, ensuite, l’homme s’emploie à dédramatiser le scénario d’un divorce au Crédit Mutuel. « Nous n’avons avec le CM11-CIC [principale entité du groupe Crédit Mutuel, regroupant onze fédération et le CIC, NDLR] aucune relation de partenariat, aucune filiale commune, nous ne partageons aucun projet de développement. Nous disposons de notre propre système d’information et nous nous refinançons nous-mêmes sur les marchés de façon autonome », indique Jean-Pierre Denis.

« Vote formel »

Reste à faire voter les actionnaires d’Arkéa, c’est-à-dire les 331 caisses locales, elles-mêmes rattachées à l’une des trois fédérations composant Arkéa. Elles doivent se prononcer à partir du 23 mars sur le projet présenté comme un choix entre « indépendance avec sortie de la confédération qui permet de poursuivre la stratégie engagée depuis 2008 » et « un scénario d’intégration dans un groupe de crédit mutuel centralisé ».

« Nous sommes coopératifs et mutualistes aujourd’hui, le projet qui est soumis aux caisses locales est de rester coopératifs et mutualistes. C’est notre ADN et il n’a jamais été question de s’en éloigner », insiste Jean-Pierre Denis. La consultation doit s’achever autour de la mi-avril. « Un premier vote permettra aux caisses locales d’exprimer une orientation. Si l’indépendance venait à s’imposer, nous finaliserons le projet de séparation, que nous soumettrons au Comité central d’entreprise. Les caisses locales seront à nouveau consultées à l’automne sur la base d’un projet d’indépendance finalisé. »

Cranter pour de bon

Autant de manières de cranter pour de bon le scénario de l’indépendance… qui n’aura rien d’un parcours de santé. Première difficulté, et pas des moindres, trouver une solution juridique adéquate pour cet Arkéa en solo qui souhaite rester mutualiste. Or, la création d’un nouveau groupe de ce type demande en théorie une loi… que le gouvernement n’a aucune intention d’écrire .

« Les régulateurs ont, à ce sujet, précisé que la séparation était possible, au cas d’espèce, sans intervention législative. Nous examinons actuellement, en relation avec les autorités bancaires françaises et européennes, le schéma d’organisation qui préservera, et c’est notre condition première, notre modèle coopératif et mutualiste », relate Jean-Pierre Denis, qui veut croire dans le pragmatisme des gendarmes bancaires.

Autre écueil spectaculaire à éviter : Arkéa est parvenue à faire interrompre par une décision en référé une procédure disciplinaire lancée par la CMCN en janvier à l’encontre de ses trois principaux dirigeants. Mais, le Conseil d’Etat doit très prochainement se prononcer – entre autres points – sur la validité de cette procédure de sanction. Si celle-ci était confirmée, la machine pourrait repartir, avec en ligne de mire une éventuelle révocation des dirigeants.

Edouard Lederer
@EdouardLederer

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Fort de ses résultats, Arkéa en marche vers l’indépendance

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Le groupe Arkéa (fédérations du Crédit Mutuel de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central) affiche à nouveau des résultats flatteurs. De quoi le conforter dans sa volonté de quitter la Confédération nationale de la banque mutualiste.

C’est une démonstration en deux temps qu’ont déroulée, mercredi, Jean-Pierre Denis, le président d’Arkéa, et Ronan Le Moal, son directeur général, en présentant les résultats de l’exercice 2017 au siège du groupe bancaire au Relecq-Kerhuon, aux portes de Brest. L’année 2017 dégage des résultats largement favorables, après une année 2016 qui avait déjà fait tomber des records. De quoi conforter les dirigeants dans leur volonté de quitter la Confédération nationale du Crédit Mutuel. Un processus qui va s’engager dans quelques semaines avec une première consultation des caisses locales.

«?Une année très accomplie?»

C’est le résumé, par Jean-Pierre Denis, de l’année 2017. Il est vrai qu’à l’heure du bilan, on y voit des chiffres en hausse, avec pas mal de progressions à deux chiffres. Le tout, précise-t-il, «?dans un environnement économique contrasté?». Sans doute, la croissance retrouve-t-elle des couleurs. Mais dans le même temps, les taux d’intérêt restent bas. C’est bien pour les consommateurs. Moins pour les banquiers qui leur prêtent de l’argent. Il n’empêche. Le produit net bancassurances atteint 2,09 milliards d’euros. C’est une progression de 12,8?% par rapport à 2016, une année qui s’était déjà terminée sur des résultats historiquement hauts. Le résultat d’exploitation atteint les 610 millions, contre 466 pour l’exercice précédent. Une progression de 30?%?! «?Nous sommes très très hauts?», commente Jean-Pierre Denis.

Le siège d’Arkéa au Relecq-Kerhuon, aux portes de Brest. @archives Béatrice Le Grand

Les résultats commerciaux suivent

À la base de tout, il y a les clients. Arkéa, en commençant l’année 2017, en comptait un peu plus de quatre millions (4?060?800) qui se répartissaient entre les particuliers (3?800?300) et les professionnels (260?500). Là aussi, douze mois plus tard, tout est revu à la hausse avec 4?237?000 clients (3?966?000 particuliers et 271?000 professionnels). Encore une jolie progression de 4,3?%. «?C’est un indicateur fondamental auquel toutes les structures du groupe contribuent?», commente Ronan Le Moal. Mais certaines un peu plus que les autres. Arkéa observe que ces gains de nouveaux clients sont portés «?notamment par les activités de banque en ligne et d’assurances.?»Corollaire, la sommes des crédits accordés par Arkéa à ses clients passe la barre des 50 milliards (en hausse de 7,7?%). Et sur la seule année 2017, 12,9 milliards de nouveaux crédits ont été injectés dans l’économie. La plus grosse partie pour l’habitat (5,9 milliards), pour les marchés professionnels et les entreprises (3,3 milliards) et enfin pour les crédits à la consommation (2,4 milliards). Commentaire de Jean-Pierre Denis?: «?Cette croissance des encours de crédits montre que nous faisons vraiment notre métier de banquier.?»

Une trajectoire continue

La croissance d’Arkéa reste soutenue dans la durée. C’est ce que montrent les résultats sur 9 ans, depuis 2008?: un résultat net multiplié par 8,4?; le produit net bancassurances en hausse de 93?% ou encore un portefeuille de clients en hausse de 46?%. «?Cela montre que notre modèle de développement est efficace, rentable et équilibré. Nos fondamentaux sont solides car nous avons identifié nos relais de croissance?», ajoute Jean-Pierre Denis. L’emploi suit donc le mouvement. Arkéa, qui revendique environ 30?% de parts de marché en Bretagne, a dépassé le cap des 10?000 salariés, avec quelque 600 recrutements en 2017.

La voie de l’indépendance

Tout cela apporte bien sûr de l’eau au moulin de l’indépendance, clairement revendiquée par Arkéa par rapport à la Confédération nationale du Crédit Mutuel. Le groupe à l’ADN breton a lancé les grandes manœuvres pour quitter l’organe central et dans les prochaines semaines, les caisses locales seront consultées sur ce départ. Pour les dirigeants d’Arkéa, la Confédération nationale ne leur laisse pas assez les coudées franches pour continuer le développement du groupe. Plus question non plus de cohabiter au sein de la Confédération nationale avec le CM11-CIC (11 autres fédérations du Crédit Mutuel, notamment dans l’Est de la France) considéré par Arkéa comme un vrai concurrent.

«?La seule solution crédible, c’est la séparation. Nos performances ne doivent rien à la Confédération?», insistent les deux dirigeants. Si départ il y a, ce sera sans la marque Crédit Mutuel. Mais en conservant le statut de banque mutualiste et coopérative qu’ils entendent bien défendre contre vents et marées. Voilà pourquoi les discussions à ce sujet sont en cours entre Arkéa et les autorités financières et bancaires.Après le premier vote des caisses locales au printemps, un second vote de confirmation, sur un projet plus détaillé, leur sera demandé à l’automne. Et après, les choses pourraient aller assez vite. La question du nouveau nom du Crédit Mutuel de Bretagne est déjà en discussion. Un nom presque aussi secret que la base des sous-marins nucléaires de l’Ile Longue installée de l’autre côté de la rade de Brest, pas très loin du siège d’Arkéa. «?Il évoquera une banque coopérative et mutualiste implantée en Bretagne?», annonce quand même Jean-Pierre Denis.

De nouvelles frontières??

Le monde numérique a effacé les frontières. C’est pourquoi Arkéa veut, en devenant indépendant, gagner de nouveaux marchés et de nouveaux clients. Grâce à cette «?agilité?» que revendiquent ses dirigeants. Et si le scénario défendu par Jean-Pierre Denis se réalise, il ne s’interdit rien dans ses métiers traditionnels de la banque de détail. «?Nous pourrons nous intéresser aux Bretons de Paris, à ceux de Nantes. Ne pas sortir des quatre départements bretons, ce serait dommage?», glisse-t-il.

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Arkéa affiche un résultat sans précédent

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La banque mutualiste annonce un bénéfice net de 428 millions d’euros, en hausse de 27,3 %. Tous ses indicateurs sont au vert portés par les activités de son réseau et ses diversifications en marque blanche.

Ambiance au beau fixe à Brest, au siège du Crédit Mutuel Arkéa qui annonce un résultat net de 428 millions d’euros réalisé en 2017 (+27,3 %) « à comparer aux 296 millions d’euros de bénéfices de l’exercice 2015 », indique tout sourire Jean-Pierre Denis, le président de la banque mutualiste. Les indicateurs d’Arkéa sont au beau fixe puisque son PNBA (équivalent du chiffre d’affaires, NDLR) d’un montant de 2,09 milliards d’euros progresse de 12,8 %.

 

Son portefeuille s’étoffe de 176.200 clients supplémentaires répartis entre son réseau d’agences, sa banque en ligne Fortuneo et sa société d’assurances Suravenir. Ses capitaux propres – 6,4 milliards d’euros – ont fait un bond de… 37 % depuis 2012 ! Arkéa présente de plus une baisse de 48,9 % de son coût du risque ramené à 53 millions d’euros l’an dernier. Près de la moitié de l’encours des crédits d’Arkéa – 5 milliards d’euros – sont des prêts à l’habitat, un secteur très porteur dans le grand Ouest compte tenu de sa démographie positive.

Part de marché de 30 % en Bretagne

Plus de la moitié (55 %) des activités du mutualiste proviennent de ses 457 points de vente et caisses locales. En Bretagne avec une part de marché de 30 %, « nous progressons, estime Jean-Pierre Denis, d’un peu moins de 1 % par an » et ce malgré la forte concurrence du Crédit Agricole. Le réseau très serré des agences d’Arkéa, avec une présence autant dans les villes que dans zones rurales, lui fait encore gagner de nouveaux prospects.

Mais Arkéa tire une partie de plus en plus importante de ses revenus de ses activités en marque blanche exercées pour le compte d’enseignes comme Auchan ou Amazon qui lui confient par exemple la gestion de cartes de paiement. « 25 % de notre chiffre d’affaires résulte de ce type de contrats signés avec nos partenaires pour un minimum de 8 ans. Ils génèrent 20 % des bénéfices du groupe », indique de son côté le directeur général Ronan Le Moal , bien décidé à poursuivre cette diversification rémunératrice.

700 embauches

Pour assumer cette croissance, Arkéa a besoin de recruter. L’an dernier, il a dépassé les 10.000 collaborateurs et intégré dans ses rangs 700 salariés supplémentaires dont la moitié a rejoint les agences commerciales. Il n’est pas question pour la banque de fermer certaines d’entre elles, mais d’en revoir le modèle. Dans le même temps, le numérique fait partie du quotidien du mutualiste, déjà actionnaire d’une dizaine de fintech. Son ambition est d’arriver dans les cinq ans à numériser 100 % des transactions de ses titulaires de comptes pour donner aux agences de nouvelles fonctionnalités dans « l’accompagnement de l’ensemble du parcours de vie des clients », insiste Ronan Le Moal.

Stanislas du Guerny
Correspondant à Rennes.

www.lesechos.fr

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La confédération titulaire de la marque « Crédit Mutuel » selon la justice

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La Cour d’appel de Paris a reconnu mardi la validité de la marque « Crédit Mutuel » et confirmé que l’ensemble bancaire mutualiste en était le titulaire, déboutant ainsi son affilié Crédit Mutuel Arkéa engagé dans un projet d’indépendance.

La Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), organe de tête du groupe mutualiste, a démontré « que par l’usage continu, intensif, durable qui en a été fait, la marque Crédit Mutuel, a acquis (…) un caractère distinctif », a estimé la cour dans un arrêt que l’AFP a pu consulter. Les juges ont par ailleurs reconnu qu’« une fraction significative du public (…) perçoit la marque Crédit Mutuel comme identifiant les produits et services désignés par elle comme provenant du groupe ». En conséquence, la cour a débouté Crédit Mutel Arkéa, regroupement des fédérations de Bretagne, Sud-Ouest et Massif Central, qui souhaitait voir annuler la marque « Crédit Mutuel ».

Dans un communiqué, la Confédération nationale du Crédit Mutuel s’est félicitée de cette décision et affirmé que ce jugement s’inscrivait dans la lignée de plusieurs autres décisions de justice, notamment par le Conseil d’Etat, le Tribunal de grande instance de Paris et l’Union Européenne. « En tant que détentrice de la marque Crédit Mutuel, la CNCM, soutenue par 17 fédérations sur 19, continuera à la défendre et à la promouvoir », indique la Confédération dans le communiqué.

Vers un changement de marque pour Arkéa

De son côté, Arkéa a pris acte de la décision et estimé dans un communiqué séparé que cette décision confirmait « le bien-fondé du processus de consultation engagé » fin janvier en vue de prendre son indépendance vis-à-vis du reste du groupe et de procéder à un changement de marque. « Si le scénario d’indépendance était validé, le groupe Arkéa deviendrait une banque coopérative, mutualiste et territoriale totalement indépendante du reste du Crédit Mutuel », écrit encore la banque.

Une longue liste de différends judiciaires oppose depuis plus de deux ans et demi Arkéa et la CNCM, accusée par le premier de vouloir porter atteinte à son autonomie et de favoriser le groupe Crédit Mutuel-CM11, qui regroupe pour sa part 11 des 18 fédérations régionales du groupe.
En savoir plus sur https://www.cbanque.com

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Au Crédit Mutuel-CIC, il n’y a pas de plan de fermeture d’agences… et pourtant 70 agences en moins en trois ans.

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La banque mutualiste a souffert des taux bas dans son activité de détail, en recul en 2016. Le plus gros bloc de l’ensemble Crédit Mutuel défend son modèle décentralisé jusque dans la relation client.

L’année 2016 aura été difficile et atypique pour le Crédit Mutuel-CM11, le plus gros ensemble régional de la banque mutualiste, et maison-mère du CIC. Le groupe bancaire a généré « le meilleur bénéfice de son histoire » selon le directeur général Alain Fradin, à 2,4 milliards d’euros (+6,7% et +4,8% à périmètre constant), mais le cœur de son activité a beaucoup souffert des taux bas. Le pincement des marges ne se voit pas dans le produit net bancaire (PNB) du groupe, en hausse de 3,6% à 13,3 milliards d’euros, en raison de l’intégration de l’activité d’affacturage acquise auprès de General Electric et de la plus-value sur la vente des actions Visa Europe (voir les résultats annuels publiés jeudi soir).

Credit Mutuel CM11

[Résultats 2016 du Crédit Mutuel CM11]

Si l’assurance, la banque privée et les activités de marché ont réalisé de bonnes performances, la banque de détail du Crédit Mutuel (les 11 fédérations de l’Est) accuse un recul de 5,3% de ses revenus à 2,9 milliards et de 15,7% de son résultat net. « La baisse de la marge d’intérêt n’est pas compensée par la hausse des commissions », précise le groupe. Le CIC, à la clientèle davantage pros et entreprises, a mieux résisté, son PNB est stable à 3,2 milliards et son résultat net progresse à 654 millions d’euros (+8%).

Si les encours sont en hausse, les 11 fédérations de l’Est ont même perdu un peu de clients (-70.000 en net à 6,88 millions de clients), du fait de la loi Eckert sur les comptes inactifs principalement, a justifié le président du groupe, Nicolas Théry, lors d’une conférence de presse ce jeudi : « des classes avaient ouvert des comptes pour des cagnottes par exemple ». Il n’a en revanche « pas vu demouvements importants défavorables » depuis l’entrée en vigueur de la loi Macron sur la mobilité bancaire.

Credit Mutuel CM11 clients

[Nombre de clients du réseau bancaire Crédit Mutuel-CM11]

70 agences en moins en trois ans

Dans cet environnement difficile, la plupart des grandes banques, même coopératives, engagent de drastiques plans de réductions des coûts et de la voilure (la Société Générale et BPCE vont en supprimer 400). Ce n’est pas la philosophie affichée au Crédit Mutuel-CM11, où « les profits d’aujourd’hui sont les investissements et l’emploi de demain, ils sont mis en réserve, le cash-out n’est que de 2% ou 3% » a rappelé le président du groupe.

« Nous avons un peu plus de 4.500 points de vente, y compris le CIC (1.982 agences). Notre réseau vit, en fonction des évolutions démographiques, se développe dans les zones en croissance comme le pourtour méditerranéen, se réduit dans la Meuse ou la Haute-Saône. Nous avons diminué de 70 points de vente en trois ans. Nous n’avons pas de plan de réduction du réseau » a insisté le président du groupe. « A ce débat qui agite le secteur, nous répondons que les points de vente sont des lieux de relations physiques, téléphoniques et numériques avec les clients. Le juge de paix ce ne sont pas les frais généraux c’est le PNB. S’il y a une bonne dynamique commerciale, nous n’avons pas de point de vue ayatollesque sur les points de vente.»

Mais il y aura des fermetures par regroupement, y compris dans « le berceau historique alsacien » où il y a « une multitude de petits points de vente » : les travaux d’accessibilité qui coûtent au minimum 200.000 euros « sont parfois le coup de grâce » a expliqué Alain Fradin.

Nicolas Théry a défendu le modèle décentralisé de la banque, garant d’une relation client d’une meilleure réactivité, en complément de bons outils numériques.

« Chez nous, le dossier ne monte pas, comme on dit : il reste dans la caisse locale, où sont prises 98% des décisions. Nous faisons le pari de la responsabilité, de chaque entité et chaque salarié, c’est gagnant pour le client et la maîtrise des coûts. »

Monabanq, la discrète banque en ligne aux 250.000 clients

La banque en ligne du Crédit Mutuel-CM11, Monabanq « va bien, merci ! » a répondu Nicolas Théry. Discrète, la banque (filiale de Cofidis), qui fait peu de publicité, a généré un produit net bancaire de 27 millions d’euros en « croissance modérée » d’environ 5%. Elle compte 250.000 clients. Le groupe a nettoyé son portefeuille de crédit conso et termine sa migration informatique. « On l’utilise comme un fantastique labo pour les nouvelles fonctionnalités comme la signature électronique » a indiqué le directeur général de CM11.

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Pourquoi le Crédit Mutuel CM11-CIC mise sur la téléphonie ?

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Banque, assurance, téléphonie, monétique, télésurveillance résidentielle : les conseillers du Crédit Mutuel voient leur panoplie d’activités s’élargir de plus en plus. Pour densifier la relation commerciale dont ils ont la responsabilité. Pourquoi une telle stratégie ? Explications.

Pourquoi donc le Groupe Crédit Mutuel CM11 vend-il des téléphones et des abonnements téléphoniques dans ses agences ?

Publié le 14/02/2018

 

À l’occasion de la présentation des résultats 2017 (voir plus bas) le groupe bancaire s’est même flatté d’être le premier opérateur de réseau mobile virtuel (MVNO) à offrir à ses clients le choix entre trois opérateurs.

On s’attendait plutôt à ce qu’il vante le rendement de ses parts sociales (1,40%), ou ses produits de banque et d’épargne. Alors que la majorité de ses concurrents se contentent du crédit immobilier comme produit d’appel, le Crédit Mutuel, lui, s’efforce de gagner des clients avec ses offres extra-bancaires assurances dommage, monétique, immobilier, téléphonie…

Bref de devenir «un réseau multiservices de proximité» comme le désigne Nicolas Théry, président du groupe Crédit Mutuel CM11 qui inclut le CIC.

Après l’assurance, le groupe a donc été le premier à déterrer la hache de guerre face aux appétits des opérateurs téléphoniques en service de paiement. Il vend téléphones et abonnements.

La concurrence des GAFA

Numéro un français en monétique, il a persévéré dans le paiement mobile, développant notamment son application de paiements mobiles, de fidélité et de facilités de paiement, Fivory, devenu Lyf Pay, quand les opérateurs téléphoniques échouaient à imposer leur dispositif de paiement mobile Buyster.

Face à Orange Bank qui revendiquait 50.000 clients fin 2017, le Crédit Mutuel promeut Avantoo, une offre mixte banque et téléphone. Avec conseiller dédié, comme pour les clients du groupe Crédit Mutuel.

Avantoo apportera des prospects à ferrer plus tard grâce aux offres diverses et variées présentes et à venir. En assurance automobile (+6,3% l’an dernier), l’application Crédit Mutuel permettra dès ce mois de mars d’obtenir un devis d’assurance auto en trois photos (relevés de l’assurance en cours, carte grise, permis), un produit d’appel donc.

Le groupe prépare aussi une offre de location automobile donnant accès quelques mois par an à de plus grosses cylindrées.

Est-ce parce que la banque de détail est une activité moins rentable, même si elle assure encore 67% du produit net bancaire (PNB) et 57% du résultat net ? L’assurance, elle, apporte déjà 12% du PNB et 23% du résultat net.

Pour l’heure les résultats des autres diversifications ne sont pas encore significatifs. Mais il faut nourrir un réseau de 4.000 agences si l’on ne veut pas le voir fondre. Il s’est rétréci d’une petite quarantaine d’agences l’an dernier : des agences sont fermées dans les zones moins peuplées mais d’autres s’ouvrent au sud.

Ce sont donc des paris pour l’avenir face à la concurrence des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), des opérateurs télécoms et des fintechs. Un danger que Nicolas Théry, président du CM11 brandit comme un épouvantail.

Et de citer Amazon Lending qui fort de sa base clients de 2 millions de PME, leur propose des prêts. Il connait les flux, les stocks et la qualité de service et en a profité pour leur accorder 3 milliards de prêts en trois ans.

De son côté, même s’il a accru de 14% ses crédits aux équipements l’an dernier, le Crédit Mutuel ne pourrait combattre à armes égales. Amazon vient aussi de lancer son activité d’assurance santé auprès de ses salariés et ceux de ses associés (Berkshire Hathaway et JPMorgan).

Fidèle aux préceptes mutualistes de son créateur Frédéric-Guillaume Raiffeisen, le groupe n’est pas coté en Bourse. Il en a même retiré l’an dernier le CIC, fleuron obtenu en 1998 à l’occasion des privatisations.

L’assurance développée dès 1971 dans tous les segments (vie, MRH, auto, santé….), compte déjà 10 millions de clients ( 29,6 millions de contrats). Avec la banque, c’est une cassette à préserver.

1,7 million de clients dans la téléphonie

D’autant que le dynamisme de l’assurance de biens et risques (+5,9%) compense la décrue subie dans l’assurance vie (-12,6%). La téléphonie suit avec 1,7 million de clients, la télésurveillance résidentielle a gagné 446.000 clients (31% du marché français), et l’agence de vente de logements neufs, déjà forte de 10.000 clients veut grandir dans l’ancien.

Le potentiel est immense puisqu’au total le nombre de clients du groupe qui a racheté Cofidis et est aussi présent en Espagne et en Allemagne s’est accru l’an dernier de 2,5% à 24,3 millions dont 6,9 millions dans le réseau bancaire français CM11 CIC qui revendique 17% de part de marché (50% en Alsace).

Encore faut-il que les conseillers bancaires mis au cœur du dispositif promeuvent ces services de proximité, sans incitation financière puisqu’il n’y a plus d’autres incitations sur les ventes que les primes et participations aux bénéfices allouées collectivement par chaque Caisse de Crédit Mutuel.

À la place un budget de formation de 6% de la masse salariale, des outils de gestion de la relation clients les plus avancé grâce à l’assistant virtuel Watson d’IBM qui les aident notamment à répondre aux 40 millions de mails reçus par an.

Ce système d’intelligence cognitive aurait déjà acquis un taux de fiabilité des réponses déjà supérieur à 90% dans l’assurance auto, habitation, l’épargne, le crédit consommation et la prévoyance énumère la direction. Il aurait augmenté leurs compétences, permis de dégager du temps commercial, d’écoute et de compréhension des clients.


Résultats financiers 2017 : le profit net affecté par une charge fiscale exceptionnelle

Le bilan de l’année 2017 n’est pas mauvais. Le groupe Crédit Mutuel CM11 qui inclut le CIC a terminé l’exercice 2017 sur un produit net bancaire en hausse de 4,2% (14 milliards d’euros) et un résultat d’exploitation en hausse de 9,3%.

Les crédits progressent de 5,3%, (à la consommation + 6,6%, à l’habitat + 4%, à l’équipement des entreprises +14%). La filiale de Crédit à la consommation Cofidis n’a jamais réalisé une aussi bonne année.

L’épargne croit aussi de 5,2%. Mais le résultat net recule de 10,5% à 2,4 milliards d’euros sous l’effet de la surtaxe exceptionnelle d’impôts sur les sociétés pour compenser l’annulation de la taxe sur les dividendes dans le budget de l’État. Sans ce prélèvement, le résultat net aurait progressé de 3,8%.

Hémorragie dans l’assurance emprunteur

Le groupe se serait mieux porté aussi sans une provision exceptionnelle en prévision d’une hémorragie dans l’assurance emprunteur en raison de l’entrée en vigueur de la loi sur la consommation avec son amendement Bourquin autorisant la résiliation substitution annuelle.

S’il se flatte d’avoir résisté aux dispositions facilitant la mobilité bancaire avec un gain net de 70.000 clients, il parait plus inquiet sur l’assurance emprunteur.

Même si en parade, il compte lancer en avril une nouvelle offre plus compétitive et plus affinée en fonction des tranches d’âge comme le sont celles des assureurs alternatifs concurrents.