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Ces banques qui remplacent leurs agences par des camions itinérants… L’avenir de l’agence bancaire en ruralité ?

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Depuis trois ans, Jürgen Schaller sillonne la campagne bavaroise au volant de son camion-banque de la caisse d’épargne locale. L’objectif : ne pas délaisser une clientèle âgée qui fait les frais de la fermeture des agences en zone rurale. En France, le Crédit Agricole dispose aussi d’une flotte d’agences roulantes.

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IA : Watson est un investissement « rentable » au Crédit Mutuel (CM11-CIC)

L’intelligence artificielle d’IBM, déployée depuis un an dans les caisses du Crédit Mutuel (CM11-CIC) a permis de générer des économies de plusieurs dizaines de millions d’euros, selon le président du groupe mutualiste Nicolas Théry. Le groupe bancaire cherche à moderniser son image face aux néobanques comme Orange Bank et son rival Arkéa.

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L’intelligence artificielle, effet de mode ou vraie révolution ? Au Crédit Mutuel CM11-CIC, le bilan tiré après un an d’expérience du système Watson d’IBM, dans le back-office des agences, est jugé très positif. Le Crédit Mutuel CM11 (onze fédérations, principalement de l’Est et du Sud de la France) a mis en place auprès de 20.000 conseillers de ses 5.000 caisses un analyseur de courrier électronique (40 millions de courriels de clients reçus par an dans la banque de réseau) et deux assistants virtuels pour répondre en temps réel à leurs questions sur des produits techniques (assurance, épargne). Nicolas Théry, le président du groupe Crédit Mutuel CM11 en a fait l’éloge lors de la présentation des résultats annuels du groupe bancaire mutualiste ce jeudi.

« Par rapport au débat très théorique sur l’intelligence artificielle qui remplacerait les emplois, chez nous, au Crédit Mutuel, l’intelligence cognitive est mise au service d’une relation client augmentée et permet de dégager du temps commercial et du temps d’écoute. C’est un outil extrêmement puissant de montée en compétence des salariés, grâce à des assistants (virtuels) efficaces. L’adhésion des utilisateurs est impressionnante, le taux de satisfaction est de l’ordre de 90% », a-t-il déclaré.

La mise en place d’IBM Watson devrait coûter 40 millions d’euros sur cinq ans, soit 8 millions d’euros par an, au groupe bancaire dont le bénéfice a reculé de 10% l’an dernier, notamment du fait de la surtaxe exceptionnelle (296 millions d’euros).

Interrogé sur la rentabilité de cet investissement, le président du CM11 s’est montré catégorique :

« Oui, sans aucun doute ! Nous avons évalué que cela libère 200.000 jours homme, soit une économie de 60 millions d’euros » a-t-il indiqué.

Nicolas Théry Crédit Mutuel CM11

[Nicolas Théry, lors de la présentation des résultats annuels 2017 du Crédit Mutuel CM11 ce jeudi à Paris. Crédits : DC]

Moderniser son image face à Orange Bank

Le système d’IBM augmente en fiabilité. Le taux de réponse spontanée correcte est passé de 35% au moment de l’expérimentation dans deux caisses pilotes en juillet 2016 à plus de 90% lorsqu’il a été déployé dans tout le réseau. Watson sera étendu à d’autres domaines cette année, le crédit à la consommation et la prévoyance, permettant aux conseillers d’avoir une réponse rapide au lieu de consulter la base documentaire interne. La banque a mis en place une « cognitive factory » qui réunit des salariés du Crédit Mutuel et des experts d’IBM afin d’améliorer continuellement les performances de ces solutions.

Orange Bank utilise également Watson d’IBM mais directement en interface avec le client : un chatbot appelé Djingo répond aux questions en temps réel. Le Crédit Mutuel fait valoir « la technologie est un choix social : elle n’est pas mise au service d’une relation virtuelle déshumanisée. »

Interrogé sur l’arrivée de ce nouveau concurrent, Nicolas Théry a observé qu’il serait « malvenu de la part d’une banque qui a lancé en 2005 la téléphone mobile de critiquer une grande entreprise comme Orange qui lance une offre bancaire ! C’est une stimulation utile.  »

Le groupe mutualiste nous précise qu’il a enregistré 105 départs de clients vers Orange Bank grâce au dispositif de mobilité de la loi Macron et dans l’autre sens récupéré 451 clients partis d’Orange Bank sur un an. Dans l’ensemble la loi Macron s’est traduite par un solde légèrement positif de 70.000 clients gagnés en net pour le groupe CM11-CIC avec 185.000 mobilités entrantes contre 115.000 sortantes, un chiffre modeste au regard de ses 10 millions de clients.

Le Crédit Mutuel veut moderniser son image et se présente comme « historiquement une banque technophile » et même « à la pointe de la technologie. » Ce que revendique toutes les banques de la place ! Le nouveau directeur général de CM11, Daniel Baal, parle même de la filiale informatique Euro Information comme de « notre Fintech » !

Nicolas Théry invite à regarder « au-delà du prisme bancaire » et à considérer le Crédit Mutuel comme « un groupe de distribution multiservices » (il est opérateur télécoms, vend de la télésurveillance, de l’immobilier, de la monétique) : il fait même un parallèle avec Amazon, qui s’est lancé dans le prêt.

Lire aussi : Amazon prête aux PME presque comme une banque

Réplique à Crédit Mutuel Arkéa ?

Depuis qu’il a succédé à Michel Lucas (76 ans), l’énarque de 52 ans, qui est par ailleurs président de la Confédération nationale, l’organe central du Crédit Mutuel, n’a eu de cesse de creuser ce sillon de la transformation numérique. Difficile de ne pas y voir également une réplique aux dirigeants du Crédit Mutuel Arkéa, avec lesquels il est en conflit, et qui ont reçu le soutien de nombreuses figures du monde de la French Tech, qui présente la banque mutualiste de l’Ouest comme « un acteur agile, innovant, très utile à l’écosystème digital français » et « le premier investisseur français du monde des Fintech. »

Déclinant toute question sur l’actuel différend avec Arkéa, qui souhaite quitter le groupe Crédit Mutuel au projet jugé trop « centralisateur », il a laissé le soin au directeur général d’envoyer un message sur le sujet:

« Nous sommes un des six groupes régionaux du Crédit Mutuel, un groupe autonome attaché à son autonomie. La Confédération nationale joue le rôle de garant de la solidarité, de la solidité et de la marque. Sinon nous ne serions que des banques régionales éparses », a déclaré Daniel Baal.

« Les OPA, et encore moins les OPA hostiles, ne font pas partie de notre culture. C’est même absurde dans le monde coopératif. »

Delphine Cuny

@DelphineCuny

La Tribune

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Année après années, le Crédit Mutuel engrange les milliards

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Le groupe Crédit Mutuel a présenté ses résultats financiers jeudi. Sans surprise, le groupe mutualiste de banque et d’assurances a terminé l’année 2017 avec un résultat net de plus de 2 milliards d’euros. Ils viendront s’ajouter aux quelques 40 milliards de fonds propres dont dispose le groupe. Mais pour quoi faire ?

Les dirigeants du Crédit Mutuel Centre-Est Europe avaient le sourire jeudi 22 février, à l’occasion de la présentation des résultats financiers du groupe mutualiste basé à Strasbourg. Encore une fois, le résultat consolidé de groupe Crédit Mutuel CM11 (qui agrège toutes les caisses adhérentes à la caisse fédérale centre-est Europe) termine l’année 2017 avec un résultat net de 2,4 milliards d’euros après impôts.

Et encore, ce résultat net est en retrait (-10,5%) par rapport à l’an dernier, le groupe avait engrangé 2,6 milliards d’euros en 2016… après 2,5 en 2015, 2,4 en 2014, etc. Raison de ce retrait relatif ? Une bête surtaxe de près de 300 millions d’euros, imposée par le gouvernement en novembre pour compenser l’inconstitutionnalité de la taxe sur les dividendes. Sans cette augmentation de leur imposition (+40%), le groupe aurait encore battu son record de rentabilité puisque son résultat d’exploitation est en augmentation de 8,5% à 4,7 milliards d’euros.

Que faire avec 41 milliards d’euros ?

Fin 2017, les fonds propres du groupe Crédit Mutuel CM11 s’établissent à… 41 milliards d’euros. Mais à quoi sert tout cet argent ? Rappelons qu’avec trois fois moins, l’entrepreneur Elon Musk a entrepris de coloniser Mars. Pour Nicolas Théry, président du Crédit Mutuel CM11, on n’est jamais trop prudent :

« C’est la Banque centrale européenne qui nous oblige à disposer de fonds propres importants, pour garantir nos encourts. Ces 41 milliards d’euros peuvent apparaître comme beaucoup d’argent, mais en réalité, ils servent de gage pour les quelques 600 milliards d’euros que nous prêtons aux entreprises et aux particuliers. Et si cette somme fait de nous le premier groupe français, nous ne sommes plus au sommet de la pyramide à l’échelle européenne ou mondiale. En outre, en tant que groupe mutualiste, nous ne pouvons pas faire appel à des actionnaires en cas de gros coup dur. »

Le Crédit Mutuel entend donc continuer comme ça aussi longtemps que possible, c’est-à-dire en proposant à ses quelque 24 millions de clients un mix de services bancaires, d’assurances, de téléphonie et d’autres services de proximité. Sa stratégie 2019-2023 s’appelle « ensemble #nouveaumonde »… et l’idée est de diversifier les activités du groupe afin de ne pas se laisser enfermer dans un univers bancaire qui pourrait rapidement s’effriter.

Pas de technologisme au Crédit Mut’

En introduction jeudi, Nicolas Théry a eu un petit mot pour rappeler qu’Amazon commence à proposer des services bancaires et d’assurances… Signe que les temps de la banque à papa sont bien révolus et que le groupe a intérêt à rapidement trouver d’autres positions. Pour le président du groupe, pas question de céder au tout-technologique cependant :

« Nous n’avons pas proposé de banque tout en ligne. Nous pensons que le modèle d’avenir mêle des services accessibles dans l’univers numérique avec une présence physique. Nous avons un réseau de 4 000 agences. Notre objectif n’est pas d’en fermer le plus possible mais plutôt de profiter de ce réseau pour qu’il vienne en complémentarité avec le réseau numérique. Nous avons déployé Watson, un système d’intelligence artificielle qui aide les conseillers, mais pas pour supprimer des conseillers, plutôt pour que ces derniers puissent passer plus de temps avec nos clients. »

Si ces mêmes conseillers pouvaient être un peu mieux payés à l’occasion, ils ne seraient sûrement pas contre non plus.

 

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SALARIÉS, ATTENTION, VOUS NE POURREZ PLUS REFUSER LE FORFAIT JOUR (AU RISQUE DE VOUS FAIRE LICENCIER)

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Un amendement de dernière minute, introduit par les parlementaires dans la réforme du Code du travail, permet à l’employeur d’imposer le forfait jour à ses salariés, après accord d’entreprise. Ils ne pourront plus le contester, sous peine de licenciement. Les syndicats s’insurgent.

C’est ce qui s’appelle faire les choses en douce. On pensait que toutes les mesures explosives de la réforme du Code du travail avaient déjà été abordées. Mais c’était sans compter sur les ajustements décidés par des sénateurs et des députés réunis en commission mixte paritaire. Ils ont adopté un amendement de dernière minute, ajouté à la sixième ordonnance de la réforme du travail, qui ne devait normalement servir qu’à rectifier des coquilles. Mais, comme le révèle Mediapart, les parlementaires ont décidé d’y ajouter la possibilité pour l’employeur d’imposer le forfait jour à ses salarié, à la condition d’un accord préalable avec les syndicats.

Surtout, le salarié n’aura plus la possibilité de s’y opposer : refuser le passage au forfait jour pourrait lui valoir un licenciement. Pour rappel, le forfait jour est régime dérogatoire du temps de travail qui permet de travailler jusqu’à 11 heures par jours, donc de dépasser les 35, 37 ou 39 heures hebdomadaires. Pour l’employeur, ce système a pour avantage de lui éviter le paiement d’heures supplémentaires, en échange toutefois de contreparties négociées dans un accord collectif. Jusqu’à présent, le forfait jour était basé sur le volontariat, ce qui permettait à chaque salarié de pouvoir s’y opposer individuellement.

>> À lire aussi – Je suis au forfait jours, cela signifie-t-il que je n’ai pas d’horaires à respecter ?

Côté syndicats, les réactions à cette nouvelle mesure sortie du chapeau parlementaire ne se sont pas fait attendre. “C’est une véritable trahison du discours, On ne peut accepter qu’un amendement, sur un sujet aussi contesté que le forfait jour, permette à un accord collectif de s’imposer au contrat de travail”, a notamment réagi, amer, François Hommeril, président de la CFE-CGC, le syndicat des cadres, interrogé par Mediapart. Chez la CGT, on ne pense pas que beaucoup d’entreprises s’empareront de cette nouvelle possibilité mais on s’inquiète d’une révision, au désavantage des salariés, des accords existants. Et les syndicats n’en sont pas à leur première surprise : ils ont aussi dû avaler, toujours via la même commission mixte paritaire, la fin de l’obligation d’instances de dialogue social dans les réseaux de franchisés… que la CFDT avait obtenu après d’âpres négociations pendant les débats sur la loi El Khomri.

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Crédit Mutuel Arkéa?: Pascal Durand met en garde contre le divorce

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Perte de la marque, affaiblissement de la banque… 120 administrateurs de caisses locales et des salariés du Crédit Mutuel Arkéa sont venus écouter, jeudi soir à Rennes, les arguments de Pascal Durand. Le directeur général de la confédération du Crédit Mutuel a mis en garde contre le divorce souhaité par la fédération régionale (Bretagne et Sud-Ouest). Il n’a pas convaincu même si certains, dans l’auditoire, partagent ses craintes.

Salariés ou administrateurs de caisses locales, ils étaient 120 réunis ce jeudi soir au Novotel Alma de Rennes pour entendre les arguments de Pascal Durand. «?Mon boulot c’est de défendre l’unité de nos 2107 caisses locales, 11,7 millions de clients et 18 fédérations régionales?».

Arkéa moins solide en cas de crise

Pour le directeur général de la Confédération nationale, Crédit Mutuel Arkéa va laisser des plumes s’il persiste à vouloir divorcer. «?Vous allez perdre la marque Crédit Mutuel, vos ratios de solidité financière vont s’affaiblir et vous ne pourrez plus compter sur la solidarité entre les fédérations, en cas de crise.?»Il a réaffirmé les valeurs de la banque mutualiste?: «?Nous ne sommes pas une boîte capitaliste, notre philosophie c’est de s’associer pour être plus fort ensemble.?»

« Politique de la chaise vide »

Sa mission, c’est justement de défendre cette marque et cette unité, gages de crédibilité «?vis-à-vis des autorités de régulation bancaire?». Le DG déplore au passage «?la politique de la chaise vide des dirigeants d’Arkéa qui refusent depuis des mois de siéger aux conseils d’administrations de la confédération nationale?».

Salariés inquiets

Sauf que la plupart des personnes présentes pensent tout autrement. «?Nous avons les moyens de notre indépendance et suffisamment de fonds propres pour y accéder?», assure l’administrateur d’une caisse locale. Un salarié pointe «?les risques pour l’emploi inhérents à la centralisation des services, un rapport du Syndex recense 3?800 salariés en doublons?».

« Que s’est-il passé?? »

Pascal Durand, directeur général de la confédération du Crédit Mutuel, lors d’une réunion d’information ce jeudi soir à Rennes: « Notre ADN c’est de se parler, mettons les choses à plat ! » @Ouest-France.

Pascal Durand salue les performances d’Arkéa «?qui a multiplié par deux son bilan depuis 2008?». Mais il prévient?: «?La marque Crédit Mutuel continuera d’exister en Bretagne et dans le Sud-Ouest, malgré le départ d’Arkéa?».Christelle Guérin, une salariée, a pris le micro pour crier son désarroi et sa colère?: «?En 2016, nos administrateurs ont réaffirmé leur attachement viscéral à la marque Crédit Mutuel, que se passe-t-il aujourd’hui?? Je ne comprends plus?!?»

« Qui va décider au final »

Même interrogation chez ce représentant de la caisse du Crédit Mutuel enseignant en Ille-et-Vilaine, opposé à la scission?: «?Que va-t-on dire aux sociétaires, qui va décider finalement???»Pascal Durand s’est dit prêt à organiser d’autres réunions en Bretagne, pour permettre à chacun «?de faire un choix éclairé?».

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Banques en ligne : Boursorama creuse l’écart avec ING Direct et Fortuneo

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2017, l’année de Boursorama. L’an passé, la filiale de la Société Générale a dépassé ING Direct en nombre de clients et a même creusé un écart considérable au fil des mois, s’imposant comme le leader incontestable du marché français de la banque en ligne.

Il y a un peu plus d’un an, fin 2016, ING Direct, précurseur de la banque en ligne en France, première enseigne à passer le million de clients, était toujours le leader du marché français. Un leader contesté toutefois par la belle dynamique de Boursorama Banque.

Lire aussi : le top clients des banques en ligne de l’an passé

Où en sommes-nous un an après ? En 2017, les banques digitales (néobanques y compris) ont capté un tiers environ des ouvertures de comptes en France, selon le directeur général adjoint de BNP Paribas. Leur attractivité a encore grandi : selon une récente étude, 53% des Français (et 62% des 25-34 ans) seraient prêts à opter pour une banque en ligne en cas de changement de banque principale, un chiffre en hausse de 8 points en un an. Et un nouvel acteur majeur est apparu, Orange Bank. Un contexte favorable donc, dont Boursorama Banque a, de loin, le plus profité.

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Boursorama Banque, un leader incontestable

Avec 1,3 million de clients, Boursorama Banque est désormais le leader incontestable du marché. La filiale de la Société Générale a réussi à maintenir en 2017 sa dynamique des années précédentes, avec une croissance de sa clientèle de 30%, sensiblement la même qu’en 2016. Bilan : en trois ans, la banque a quasiment doublé le nombre de ses clients. L’an passé, elle a encore élargi sa cible en lançant notamment Welcome, une carte bancaire d’entrée de gamme, gratuite et sans conditions de revenus, à destination des jeunes adultes. Une « course à la taille » revendiquée par Benoît Grisoni, patron depuis octobre de Boursorama, à laquelle la banque consacre un tiers environ de sa base de coûts, en marketing et primes à l’ouverture. En attendant, elle continue à perdre de l’argent et espère atteindre le point mort en 2020.

Longtemps engagée dans cette course à la taille, ING Direct semble avoir fait un pas de côté. Pour la 2e année consécutive, le nombre de clients français de la filiale de la banque néerlandaise ING reste bloqué autour du million de clients. Une stagnation qui s’explique sans doute en partie par la perte d’attractivité de son produit d’appel historique, le Livret Epargne Orange, mais aussi par un changement de stratégie. Depuis la mi-2016, il faut en effet faire d’ING Direct sa banque principale (en y faisant transiter ses revenus ou en y déposant tout ou partie de son épargne) pour bénéficier de la carte gratuite, les autres devant régler une dîme de 5 euros par mois. Une évolution qui permet à la banque orange de renforcer les liens avec ses clients actuels, mais semble freiner sa conquête des nouveaux, malgré le maintien de primes à l’ouverture d’un compte courant.

Fortuneo et Hello Bank s’accrochent

Derrière le duo de cadors, deux enseignes s’accrochent. Fortuneo annonce 670 000 clients actifs en Europe (1) fin 2017, soit une croissance de 12% en un an. La filiale ne communique pas de chiffres spécifiques pour la France mais on peut estimer, sur la foi des années précédentes, qu’elle y compte environ 450 000 clients. Légèrement en retrait en nombre de clients, la filiale du Crédit Mutuel Arkéa revendique néanmoins un statut de leader sur le marché de l’assurance-vie en ligne. Et elle gagne de l’argent, un cas unique sur ce marché pour l’instant.

Hello Bank, de son côté, continue d’avancer. Avec 66 000 clients supplémentaires, la marque de BNP Paribas affiche (2) la 2e meilleure progression du marché (+19%), derrière Boursorama. Cela grâce notamment à de gros efforts de marketing, qui en font une des marques de banque en ligne les mieux reconnues. Lancée en 2013, Hello bank a revu récemment son application mobile, et devrait annoncer un évolution stratégique dans les prochains mois.

Monabanq et BforBank en embuscade

Difficile de savoir où se trouve Monabanq : la filiale du Crédit Mutuel CM11 et du CIC préfère garder ses chiffres secrets. Avec 290 000 clients en octobre 2015 (dernier chiffre connu) et à raison de 10 000 supplémentaires par an, elle doit désormais se situer au-delà des 310 000 fidèles. Un fonds de commerce que la banque en ligne semble avant tout s’appliquer à satisfaire et à fidéliser.

Bforbank, de son côté, reste à l’offensive, en multipliant notamment les offres de bienvenue. Cela porte ses fruits : + 25 000 clients en 2017 pour la filiale du Crédit Agricole, soit un croissance de 15% qui lui permet d’approcher les 200 000 clients (190 000 précisément fin 2017).

Orange Bank, départ canon

30 000 clients en 10 jours : le lancement d’Orange Bank, le 1er novembre dernier, a suscité un réel engouement, malgré une offre en rupture avec les standards du marché : pas de site web, du temps réel, du paiement mobile… Le soufflé semble être quelque peu retombé ensuite : la filiale bancaire de l’opérateur téléphonique a fini 2017 autour de 50 000 clients. Il n’empêche : il faudra compter dans les années à venir avec ce nouvel acteur aux poches profondes et aux ambitions réelles : 2 millions de clients d’ici dix ans.

A consulter : le comparatif des offres des banques en ligne

(1) La banque est également présente en Belgique, en Suisse et au Luxembourg. (2) Hello bank n’est pas une banque de plein exercice, mais une marque de banque mobile adossée à BNP Paribas.

En savoir plus sur https://www.cbanque.com

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Arkéa. Quelques voix dissidentes

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pascal Durand

 

Le projet d’indépendance du Crédit mutuel Arkéa (Bretagne, Sud Ouest et Massif central) ne fait pas l’unanimité au sein des trois fédérations. Celle du Massif central, qui regroupe 30 caisses locales, vient de faire entendre à nouveau sa voix dissidente, en rappelant son refus de participer à « l’opération sécessionniste » d’Arkéa. Réagissant à la diffusion par le groupe mutualiste breton d’une lettre signée de ses dirigeants appelant à son indépendance, elle indique qu’elle « ne s’associe en aucune manière à cette initiative et que les 30 caisses locales qui lui sont affiliées se sont prononcées en faveur de l’unité du Crédit mutuel ».

Au siège du CM Arkéa, on rétorque que la fédération du Massif central fait encore, pour l’heure, partie intégrante du Crédit mutuel Arkéa.

La fédération auvergnate ajoute également qu’elle s’associe aux inquiétudes exprimées par le Crédit mutuel enseignant de Rennes. Cette dernière vient en effet d’annoncer qu’elle ne souhaitait pas quitter la Confédération. Elle juge le projet d’indépendance des dirigeants d’Arkéa « risqué » et « peu réaliste ». C’est la première caisse locale (et pour le moment la seule) sur les 331 caisses du CM Arkéa à afficher ouvertement son opposition.

Le soutien de Loïg Chesnais-Girard

 

À quelques semaines de la soumission du projet au vote des caisses locales d’Arkéa, la campagne pour le oui ou le non à l’indépendance est donc bien engagée. Jean-Pierre Denis, le président d’Arkéa, qui a pris son bâton de pèlerin pour défendre son initiative à travers la Bretagne a reçu hier le soutien de Loïg Chesnais-Girard. Le Président du Conseil régional de Bretagne a appelé au succès du projet d’indépendance.

La Confédération nationale du Crédit Mutuel n’est pas en reste dans cette campagne en terre bretonne. Son directeur général Pascal Durand (ci-contre), un Breton originaire de Carnac (56), vient ce jeudi à Rennes pour une réunion d’informations à laquelle il a invité les présidents des 60 caisses locales du département.
© Le Télégramme

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Crédit mutuel Arkéa. En Bretagne, des salariés inquiets

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Au siège du Crédit mutuel Arkéa, des salariés craignent pour leur emploi en cas

d’absorption par le Crédit mutuel de l’Est. Dans les agences aussi, on retrouve ce

sentiment.

Témoignages

« Si Arkéa ne réussit pas à prendre son indépendance vis-à-vis du Crédit mutuel de l’Est, ce sera la stratégie du boa constrictor. Peu à peu, ils vont nous serrer le cou, jusqu’à nous étouffer. » Au siège du groupe bancaire breton, Bruno Gourvil fait partie des salariés inquiets pour son avenir. Selon l’issue du combat qui oppose son employeur au CM11 – CIC, la fédération de l’Est.

Après trente ans de boîte, il craint un enchaînement des événements déjà vu ailleurs. « Quand le CM11 est arrivé à Nantes, ils ont commencé par externaliser les filiales, puis les ont éteintes peu à peu. »

Le service informatique, sans lequel une banque ne peut pas développer de nouveaux produits, « a été vidé de sa substance.D’un espace de créativité, ils en ont fait un simple système de distribution. »

Selon Bruno Gourvil, le schéma pourrait se reproduire pour le siège d’Arkéa, au Relecq-Kerhuon, près de Brest. Une inquiétude partagée par le maire, Yohann Nédélec. « Au-delà de l’aspect régional du dossier, qui est important, celui de l’emploi local est essentiel, estime-t-il. Pour le Relecq et la métropole brestoise. »

« Il y aura des fermetures »

Le siège d’Arkéa, avec sa salle des marchés disposant d’une vue sur mer, emploie 2200 salariés. Ce qui en fait l’un des plus gros employeurs privés de la région brestoise. Et chaque année, il construit de nouveaux bâtiments, embauche de nouveaux collaborateurs.

Si le sort du siège inquiète ses salariés, ceux des caisses locales ne sont pas forcément plus rassurés. Comme Romain, qui travaille dans la plus grande agence de Brest. « Le conflit, on en parle beaucoup entre nous, confie-t-il. Parce qu’il peut avoir un impact sur nos emplois. »

Les agences du CMB trouvent souvent un concurrent nommé CIC sur le trottoir d’en face. « Si les deux groupes bancaires ne font plus qu’un, il y aura des fermetures, chez eux, chez nous, chez tout le monde », craint Romain.

Une angoisse encore plus forte dans les filiales. Comme chez Suravenir, à Nantes, où travaille Thierry Laurent. « Nous sommes en doublon par rapport à ce que propose le CM11-CIC viales Assurances du Crédit mutuel », résume-t-il. Alors il ne se fait aucune illusion si un regroupement intervient. « Nous serons les premiers sacrifiés. »

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Crédit Mutuel?Arkéa. Une caisse contre le départ de la Confédération

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Le Crédit Mutuel Arkéa, et ses fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest, envisagent de quitter la Confédération nationale de la banque mutualiste, quitte à perdre le nom Crédit Mutuel. La démarche est engagée, et des votes auront lieu dans les caisses locales. L’initiative d’Arkéa, dont le siège est au Relecq-Kerhuon, près de Brest, ne fait pas l’unanimité. Comme en témoigne cette lettre ouverte de la caisse du Crédit Mutuel enseignant (7?000 clients et sociétaires en Ille-et-Vilaine).

C’est une première dans le monde bancaire. Le Crédit Mutuel Arkéa et ses fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest envisagent de quitter la Confédération nationale de la banque mutualiste. Jean-Pierre Denis, le président d’Arkéa, estime que son groupe (9?500 salariés et quatre millions de clients) bénéficiera de sa totale autonomie pour continuer à se développer. Il estime aussi que le CM11-CIC (11 autres fédérations du Crédit Mutuel, présentes notamment dans l’est de la France, et le CIC) est un concurrent direct. Aussi, aux yeux d’Arkéa, la cohabitation au sein de la Confédération nationale est devenue impossible.

Dans les prochaines semaines, les caisses locales d’Arkéa seront amenées à se prononcer. En Ille-et-Vilaine, celle du Crédit Mutuel enseignant (quelque 7?000 clients et sociétaires, enseignants et personnel de l’Éducation nationale ou du privé) s’inquiète de ce départ de la Confédération nationale. Son président, Jean-Paul Martin et ses huit autres administrateurs le disent dans cette lettre ouverte (lire ci-dessous).

Lettre ouverte aux sociétaires et clients du Crédit Mutuel de Bretagne

« Les administrateurs des caisses locales du Crédit Mutuel de Bretagne vont devoir se prononcer prochainement sur la demande du Président du groupe Crédit Mutuel Arkéa, Jean-Pierre Denis de?: quitter la Confédération du Crédit Mutuel, d’adhérer à la création d’un nouveau groupe bancaire et d’accepter de perdre la marque Crédit Mutuel.
Cette perspective unilatérale de scission, qui doit permettre au président d’Arkéa de développer son groupe en toute autonomie est très risquée car la création d’un nouveau groupe mutualiste, au sens du code monétaire et financier suppose une modification du cadre législatif. Or, le Gouvernement n’envisage pas de modifier la loi existante.
Des administrateurs de caisses locales déplorent le manque d’information et de transparence à l’égard des sociétaires et des clients », disent notamment ces administrateurs.

«?Est-ce bien l’esprit du mutualisme???»

Plus loin, ils écrivent : « La sécession annoncée et promise par Jean-Pierre Denis risque d’être lourde de conséquences pour les milliers de salariés et les quelques millions de sociétaires et clients du Crédit Mutuel Arkéa.
Déjà, l’agence Standard & Poor’s «?s’inquiète des tensions au sein du groupe mutualiste et du risque de sortie du mécanisme de solidarité. La note de crédit d’Arkéa pourrait être dégradée de plusieurs crans en dessous de la catégorie «?A?».Quel intérêt de devenir une autre banque et de se trouver en concurrence avec des Caisses qui resteront «?Crédit Mutuel?»?? Est-ce bien l’esprit du mutualisme?? »

«?Nos valeurs communes au sein de la Confédération du Crédit Mutuel?»

Dans leur courrier, ils précisent aussi : « Nous souhaitons garder la marque historique «?Crédit Mutuel?» qui est la marque bancaire préférée des Français. Avec cette marque, nous avons construit la notoriété de notre banque en Bretagne et sur l’ensemble du territoire, dans l’unité nationale. Au sein de la Confédération et avec une autonomie reconnue, nous avons développé un système bancaire original, de par son organisation, ses structures démocratiques mutualistes, ses sociétaires, ses élus. »

« Un risque énorme »

Enfin, ils précisent : « En demeurant «?Crédit Mutuel?», nous voulons bénéficier de l’appui et de la force de la Confédération, à l’assise financière solide, et profiter de produits financiers et de taux d’intérêts avantageux.Nous ne prendrons pas le risque énorme?: de faire sécession, de nous replier sur une seule région, d’appartenir à un groupe bancaire pesant seulement 10?% du Crédit Mutuel national, de voir le groupe dégradé par les agences de notation, d’avoir pour conséquences des coûts de refinancements plus élevés et des taux d’intérêt moins intéressants pour les sociétaires et clients, et de faire perdre des emplois comme le craignent toutes les organisations syndicales.

Le projet des dirigeants d’Arkéa est peu réaliste?: pourquoi vouloir une indépendance bretonne quand l’autonomie a toujours été garantie dans la Confédération?? C’est en effet dans l’affirmation d’une originalité au sein d’une Confédération diversifiée, intégrant de nombreuses régions, que la fédération du Crédit Mutuel Arkéa a réussi son développement et obtenu de si bons résultats en toute autonomie. »