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Titre-restaurant: ce que cachaient les contrôles de l’inspection du travail

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Il y a quelques semaines, Challenges relayait la mésaventure d’un patron de PME épinglé par l’inspection du travail pour utilisation illégale de titres-restaurant. L’affaire relevait en réalité d’une vaste opération de contrôles dans le cadre d’une enquête pour fraude. Explications.

L’information avait fait l’effet d’une bombe. A peine publié sur Challenges, l’article relayant la mésaventure d’un dirigeant de PME avec l’inspection du travail qui lui reprochait alors une utilisation illicite de titres-restaurant, a provoqué une avalanche de commentaires et courriers de patrons affirmant avoir reçu la même missive. Malgré nos appels et mails répétés, l’inspecteur du travail concerné -comme sa hiérarchie- n’ont jamais répondu à nos sollicitations pour expliquer dans quel cadre intervenaient ces nombreux recadrages.

Nos confrères de BFM Business ont finalement réussi à le joindre. En réalité, il s’avère que ce rappel à la loi s’inscrit dans une vaste opération de contrôles. « L’inspecteur du travail a déjà audité plus de 800 entreprises l’été dernier et 539 cet hiver. Dans quelques semaines, il va en analyser plus de 2.500 autres. Son but: étudier le trajet exact d’un titre restaurant », explique ainsi le site.

« Grossistes en titres-restaurant »

En ligne de mire, l’objectif de l’inspection du travail est en particulier d’identifier les « grossistes » en titres-restaurant. Cité par BFM Business, l’inspecteur « donne l’exemple du restaurateur qui, au lieu de se faire rembourser les titres-restaurant par la Centrale de Règlement des Titres, s’en sert pour payer ses propres achats. Ou des commerçants qui payent leurs salariés en titres-restaurant à la place d’un réel salaire » Des abus très utiles pour contourner la réglementation fiscale et sociale, notamment.

Selon nos informations, le cas de Charles*, le dirigeant à l’origine de l’article de Challenges, fait partie de la vague de lettres adressées par l’administration en début d’année, après de nombreux contrôles de supérettes, magasins et restaurants d’un arrondissement de Paris, dont le fameux McDonald’s, cité dans son courrier. L’inspecteur aurait notamment pu établir que les salariés en question n’ont en réalité pas du tout utilisé leurs chèques repas dans cet établissement, ce qui accréditerait la thèse d’une vaste fraude.

C’est notamment en vue de limiter ces détournements que le gouvernement avait autorisé l’utilisation de titres dématérialisés en 2014, sous la forme de cartes ou d’applications sur mobile. Quatre ans plus tard, entre 15 et 20% des bénéficiaires seulement utiliseraient néanmoins une carte repas. Si bien que l’exécutif réfléchirait à généraliser la dématérialisation des titres-restaurant d’ici à 2020, d’après Europe 1. Suivant ainsi la voie d’autres pays, tels que la Belgique, ayant tout bonnement abandonné le bon vieux titre-restaurant papier.

*Le prénom a été modifié

 

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Crédit Mutuel: le Conseil d’Etat censure la procédure de sanctions contre Arkéa

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Cette décision porte plus précisément sur deux articles, qui prévoient que le président du conseil d’administration de la CNCM et son directeur général disposent du pouvoir d’ouvrir une telle procédure de sanction, a fait savoir le Conseil dans un communiqué de presse après avoir été saisi par le Crédit Mutuel Arkéa d’un recours en annulation.

AFP – LOIC VENANCE

Le Conseil d’État a censuré vendredi une procédure de sanctions lancée par la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM) à l’encontre de son affilié Arkéa, en jugeant les modalités « contraires au principe d’impartialité ».

Le Conseil d’État a censuré vendredi une procédure de sanctions lancée par la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM) à l’encontre de son affilié Arkéa, en jugeant les modalités « contraires au principe d’impartialité ». « Le Conseil d’État juge la procédure de sanction prévue par les statuts de la CNCM contraire au principe d’impartialité », a fait savoir le Conseil dans un communiqué de presse, après avoir été saisi en 2016 par Arkéa d’un recours en annulation.

Dans le détail, cette décision porte sur deux articles qui prévoient que le président du conseil d’administration de la CNCM, en l’occurrence Nicolas Théry, et son directeur général, Pascal Durand, disposent du pouvoir d’ouvrir une telle procédure de sanction.

« Un tel pouvoir leur est attribué alors même que le président du conseil d’administration dirige les travaux de l’organe chargé de délibérer sur les sanctions et que le directeur général est nommé sur proposition de cet organe », écrit le Conseil d’Etat.

« Par ailleurs, ces articles prévoient que le conseil d’administration délibère sur les sanctions en présence de son président et du directeur général, même si ce dernier n’a qu’une voix consultative, alors que l’un ou l’autre a ouvert la procédure de sanction », poursuit le Conseil, qui a ainsi décidé de censurer cette procédure.

Procédure de divorce

Le Conseil a en revanche rejeté les autres recours présentés par Arkéa, dont il était saisi, et estime que la Confédération reste fondée en principe à décider de sanctions à l’encontre de caisses, de fédérations ou de dirigeants au sein de l’ensemble mutualiste. En prenant acte, la CNCM a rapidement publié un communiqué annonçant qu’elle « engage dès aujourd’hui la réforme des statuts sur ce point particulier ».

Arkéa et ses fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest, engagés dans une tentative de sortie du groupe Crédit Mutuel, contestaient devant le Conseil d’État ces articles, ainsi que trois autres des statuts de son organe de tête adoptés en mars 2016 lors d’une assemblée générale extraordinaire.

Après l’annonce en janvier par Arkéa de sa procédure de divorce, la CNCM avait lancé un processus de sanction, pouvant aller jusqu’à une révocation, à l’encontre du PDG d’Arkéa Jean-Pierre Denis, de son directeur général Ronan Le Moal, ainsi que d’Anne Le Goff, directrice générale déléguée.

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Crédit mutuel: Le Conseil d’Etat rejette des demandes d’Arkéa

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PARIS (Reuters) – Le Conseil d’Etat a rejeté vendredi l’essentiel des demandes du Crédit mutuel Arkéa, qui voulait faire annuler certains des nouveaux statuts de la Confédération nationale du Crédit mutuel (CNCM), l’organe central du groupe bancaire mutualiste.

Seule la procédure de sanctions prévue dans les statuts de la CNCM a été censurée par la juridiction administrative.

Cette décision constitue un nouveau revers judiciaire pour Arkéa qui bataille depuis plus de deux ans pour conserver son autonomie face au renforcement des pouvoirs de la CNCM et veut désormais sortir du groupe mutualiste.

En décembre, le Tribunal de l’Union européenne a rejeté un recours d’Arkéa, qui contestait son passage sous supervision de la Banque centrale européenne par l’intermédiaire de la CNCM.

« Il appartient à la CNCM, organe central du réseau de Crédit mutuel chargé de garantir la liquidité et la solvabilité de ce dernier, d’exercer son contrôle sur les filiales des caisses dès lors que la situation financière de ces dernières a une incidence sur la situation financière des caisses elles-mêmes », écrit dans sa décision le Conseil d’Etat.

« La CNCM est habilitée à instituer, entre les membres du réseau, des mécanismes de solidarité contraignants », poursuit la juridiction.

« La CNCM a le pouvoir de retirer, à titre de sanction administrative, l’agrément qu’elle a délivré aux dirigeants des caisses et fédérations de Crédit mutuel ou la confiance qu’elle a accordée aux présidents de ces dernières. »

Le Crédit mutuel a fait savoir dans un communiqué qu’il allait revoir la procédure de sanctions prévue dans ses statuts à la suite de la censure du Conseil d’Etat.

« Cette décision valide la réforme de la gouvernance de la Confédération nationale », a réagi le groupe bancaire.

« La Confédération espère que cette dernière décision permettra de clore les débats judiciaires préjudiciables aux sociétaires, aux clients et aux salariés et de revenir à un fonctionnement unitaire apaisé à l’intérieur du Crédit mutuel », a ajouté la banque en allusion au bras de fer qui l’oppose à sa branche sécessionniste Arkéa.

Le Crédit mutuel Arkéa n’a pas réagi dans l’immédiat à la décision du Conseil d’Etat.

Les dirigeants du Crédit mutuel ont invité mercredi Arkéa à clarifier son projet d’indépendance et lui ont demandé de mener des consultations de ses caisses locales en toute transparence.

(Matthieu Protard, édité par Dominique Rodriguez)

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Crédit Mutuel Arkéa interdit de s’implanter à Paris

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La justice a confirmé la règle de territorialité au sein du Crédit Mutuel en interdisant à la fédération de Bretagne d’ouvrir une caisse à Paris. Arkéa y voit une justification de sa démarche de créer un groupe distinct, en abandonnant la marque Crédit Mutuel.

C’était un des sujets qui avaient mis le feu aux poudres dans le conflit qui mine la solidarité du groupe bancaire mutualiste. À l’étroit dans son périmètre, la fédération du Crédit Mutuel de Bretagne avait voulu ouvrir une agence et une caisse à Paris en 2013. L’organe central, la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), s’y était opposé au nom du principe de territorialité (la défense des plates-bandes de chaque fédération régionale). Le groupe Crédit Mutuel Arkéa, dont fait partie la fédération de Bretagne, avait contesté cette décision, confirmée par le tribunal administratif de Paris en septembre 2016. La Cour administrative d’appel de Paris l’a de nouveau déboutée de sa demande cette semaine.

Dans un arrêt rendu jeudi, la cour a confirmé que la fédération de Bretagne n’avait pas le droit d’ouvrir une caisse à Paris, du fait de la règle de non-concurrence interne.

La CNCM s’est félicitée de cette décision qui a confirmé la « validité de l’organisation territoriale du Crédit Mutuel. »

« Cette décision valide donc un principe essentiel de l’organisation du groupe Crédit Mutuel et de l’ensemble des réseaux mutualistes : la règle de territorialité. Afin de rationaliser la couverture du territoire, il ne peut exister qu’une seule fédération territorialement compétente pour une circonscription donnée » s’est félicitée la CNCM dans un communiqué.

Se développer hors de son territoire historique

Autre lecture bien sûr près de Brest, au siège d’Arkéa, où l’on a pris « acte » de l’arrêt qui « confirme le bien fondé du processus de consultation » des caisses locales engagé par le conseil d’administration sur « l’alternative entre un scénario d’indépendance assorti d’un changement de marque, et un scénario d’intégration dans un groupe Crédit Mutuel centralisé. »

« Si le scénario d’indépendance était validé, le groupe Arkéa deviendrait une banque coopérative, mutualiste et territoriale totalement indépendante du reste du Crédit Mutuel. Les limites de territorialité liées à l’appellation Crédit Mutuel disparaîtraient alors ouvrant ainsi au groupe Arkéa de nouvelles perspectives de développement au-delà de ses
territoires d’implantation historiques« , souligne le groupe breton dans un communiqué.

Une concurrence existe de facto déjà entre les six groupes régionaux au sein du Crédit Mutuel, notamment entre les deux plus gros, le CM11 (11 fédérations), basé à Strasbourg, et Crédit Mutuel Arkéa. Le CM11 possède le CIC, au réseau national, et une banque en ligne, par définition sans limite géographique (Monabanq, plus petite que Fortuneo chez Arkea), une filiale de crédit conso (Cofidis vs Financo), l’assurance, la gestion d’actifs, etc.

La Tribune
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Crédit mutuel Arkéa. 11 sénateurs bretons interpellent le Premier ministre

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Dans un courrier signé ce mercredi, 11 sénateurs de Bretagne (*) interpellent le Premier ministre, Edouard Philippe, sur la situation du Crédit mutuel Arkéa, « pilier du développement économique de notre région ».

Ils rappellent que « cette banque est désormais la première entreprise bretonne en termes de résultats, ces derniers étant en constante augmentation tous les ans. Arkéa est devenue avec les années la banque la plus solide de France. De par sa position de grande banque européenne (30e par la solidité et 40e par la taille), nous avons la chance d’avoir en Bretagne un centre de décision bancaire de niveau européen. Nous devons le conserver car c’est là le symbole d’une indépendance de nos territoires ».

« La coopération n’est plus possible entre le Crédit mutuel Arkéa et le CM11-CIC »

Et de noter qu’un « conflit oppose depuis plusieurs mois le Crédit mutuel Arkéa au CM11-CIC. Malgré votre volonté initiale de ne pas interférer dans un conflit intervenant au sein d’un grand groupe bancaire, l’urgence de la situation nous conduit aujourd’hui à effectuer cette démarche commune auprès de vous. Ainsi, nous, sénatrices et sénateurs de Bretagne, souhaitons vous alerter sur la soudaine accélération de ce conflit. La coopération à l’intérieur du groupe n’est manifestement plus possible entre le Crédit mutuel Arkéa et le CM11-CIC, ce qui a conduit les dirigeants d’Arkéa à une démarche d’indépendance ».

Les 11 sénateurs soulignent que « comme les 10.000 employés de cette banque, notre inquiétude porte également sur les conséquences d’une centralisation des décisions d’Arkéa. La gouvernance du groupe ne montre pas de signaux rassurants quant à leur préservation, à l’heure où la tendance est à la fermeture des agences et la promotion de banques en ligne ».

Les élus du Sénat concluent que « l’actualité montre que la Bretagne a plus que jamais besoin de signaux clairs de la part du gouvernement en matière d’accessibilité, d’attractivité et de préservation des emplois dans la Région. Pour toutes ces raisons, nous vous demandons, Monsieur le Premier Ministre, d’intervenir pour prévenir et éviter que ce conflit public n’ait de conséquences sociales, qui seraient désastreuses pour nos territoires, et pour qu’il soit réglé par-delà les conflits internes ».

* Maryvonne Blondin, Jean-Luc Fichet, Michel Canevet, Philippe Paul, Yannick Botrel, Christine Prunaud, Michel Vaspart, Sylvie Robert, Jean-Louis Tourenne, Dominique De Legge, Joël Labbé
© Le Télégramme

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Crédit mutuel veut d’Arkéa qu’il détaille son projet de divorce

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Lors d’une conférence de presse sur les résultats annuels du groupe, ils ont appelé le Crédit mutuel Arkéa à mener des consultations de ses caisses locales en toute transparence, tout en insistant sur leur volonté de préserver l’unité du groupe mutualiste.

Le Crédit mutuel Arkéa, qui cherche à s’émanciper du Crédit mutuel, a enclenché en janvier un processus de divorce qui doit passer au cours du premier semestre 2018 par des consultations et des votes au sein des caisses.

« Il y a une intention, il n’y a aucun projet », a martelé Nicolas Théry, le président de la Confédération nationale du Crédit mutuel (CNCM), l’organe central du groupe bancaire. « Nous, on attend la copie d’Arkéa. »

Le mois dernier, le gouvernement français et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ont invité les dirigeants de Crédit mutuel Arkéa à mesurer les conséquences d’un divorce.

Christian Noyer, l’ancien gouverneur de la Banque de France chargé d’une mission sur l’évolution des statuts de la CNCM, a de son côté estimé que la viabilité d’une banque Arkéa indépendante n’était pas démontrée.

CHAQUE PARTIE CAMPE SUR SES POSITIONS

Pour le moment, chaque partie, Arkéa d’un côté et le Crédit mutuel de l’autre, campe sur ses positions, menant cette guerre de tranchées dans une impasse. La fédération du Massif central, l’une des trois fédérations régionales avec celles de Bretagne et du Sud-Ouest qui composent Arkéa, a toutefois fait savoir qu’elle n’entendait pas sortir du giron du Crédit mutuel.

Prié de dire si des solutions étaient envisagées pour débloquer la situation, Nicolas Théry a réaffirmé que le rôle de la CNCM était de préserver l’unité du Crédit mutuel.

« Ce n’est pas à nous, organe central qui fonctionne, qui fonctionne bien, (…) de déterminer comment doit se définir un projet qui n’est pas le sien », a souligné le dirigeant. « Notre mandat est clair, il est de défendre l’unité du groupe Crédit mutuel dans le respect de ses valeurs de décentralisation et de solidarité. »

Le conseil d’administration de la CNCM a par ailleurs adopté mercredi une résolution appelant Arkéa à mener des consultations sur son projet d’indépendance « de façon démocratique et éclairée » et « sans manipulations ».

« L’avenir du groupe Crédit mutuel ne saurait être dicté par des jeux politiques ou des campagnes de presse tendant à faire accroire qu’il serait impossible de vivre en autonomie », fait remarquer le conseil de l’organe central, qui qualifie la démarche d’Arkéa d' »aventurisme ».

Face au renforcement des pouvoirs de la CNCM, Arkéa s’est efforcé ces dernières années de préserver coûte que coûte son autonomie. Elle a pour ce faire engagé de nombreuses procédures, notamment judiciaires, mais a subi des revers dans plusieurs dossiers.

En décembre, le Tribunal de l’Union européenne a ainsi rejeté un recours d’Arkéa, qui contestait son passage sous supervision de la Banque centrale européenne par l’intermédiaire de la CNCM.

(Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Bélot)

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« Aventurisme, manipulations » : le Crédit Mutuel éreinte encore Arkéa

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L’organe central du groupe bancaire mutualiste demande un vote « démocratique et éclairé » des caisses locales de Crédit Mutuel Arkéa qui souhaite devenir indépendant. Le président de la Confédération nationale, Nicolas Théry, s’étonne de l’absence de projet précis sur les statuts, les agréments, les fonds propres, etc.

Tout va bien au sein du Crédit Mutuel, du moins du côté des résultats, qui ont montré en 2017, malgré des taux d’intérêt toujours bas, « l’excellence opérationnelle d’un groupe solide et solidaire » s’est félicité ce mercredi le président de la Confédération nationale de l’ensemble mutualiste, Nicolas Théry. Solidaire par ses statuts, mais pas dans les faits, avec la volonté de l’un des six groupes régionaux, Crédit Mutuel Arkéa (fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central), d’en sortir, en renonçant à la marque commune. Réuni ce mercredi, le conseil d’administration de la Confédération, l’organe central, a adopté une résolution à l’unanimité moins une voix (celle du représentant d’Arkéa) mettant la pression sur la direction générale des sécessionnistes.

« Le conseil d’administration de la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM) exprime sa vive inquiétude vis-à-vis d’un aventurisme lourd de risques pour les sociétaires et salariés du Crédit Mutuel Arkéa et pour le mutualisme » selon le texte de la résolution communiqué aux journalistes lors d’une conférence de presse.

« L’avenir du groupe Crédit Mutuel ne saurait être dicté par des jeux politiques ou des campagnes de presse tendant à faire accroire qu’il serait impossible de vivre en autonomie et de se développer pleinement » au sein de la CNCM.

Bulletins secrets et sans droits de vote doubles

La direction générale de Crédit Mutuel Arkéa, dont le siège est près de Brest, va demander aux plus de 3.000 administrateurs de ses 331 caisses locales de se prononcer sur le principe de la création d’un groupe mutualiste indépendant entre le 23 mars et le 20 avril. La Confédération nationale exige que cette consultation « réponde aux exigences minimales d’un vote démocratique et éclairé », notamment avec des votes « à bulletins secrets, à l’abri de toute pression » et selon le principe « un homme, une voix » et « sans manipulations telles que le vote à main levée ou l’institution de droits de vote double ».

L’organe central du groupe mutualiste s’appuie sur la demande de la Direction du Trésor et de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR, adossée à la Banque de France) de précéder cette consultation « d’un éclairage complet et précis sur les conséquences juridiques, prudentielles, financières, opérationnelles et commerciales qu’une telle décision emporterait pour les caisses locales concernées. »

« On a compris que certains administrateurs auraient des droits de vote doubles, je ne sais pas si c’est vrai » a lancé Nicolas Théry, qui est aussi le patron du CM11-CIC, le plus puissant des six groupes régionaux de l’ensemble mutualiste.

Un homme, une voix

Dans le camp des Bretons, on s’insurge contre une volonté de semer le trouble : « la gouvernance d’Arkéa est fondée sur le principe un homme, une voix ! Il n’y a pas de droits de vote doubles. » On s’étonne aussi que la Confédération donne des leçons de gouvernance et ne parle du vote que chez les fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest, omettant volontairement celle du Massif central, qui a manifesté son souhait de rejoindre CM11, mais exerce toujours son activité sous l’agrément d’Arkéa…

« Le CM Arkéa a pour habitude d’associer les caisses locales à l’ensemble des décisions du groupe sur la base d’un schéma de discussion totalement transparent et participatif, dans le respect des règles de gouvernance d’une véritable banque coopérative et mutualiste. C’est ce que le groupe Arkéa s’apprête à faire avec le vote des caisses locales qui débutera le 23 mars prochain », a réagi le groupe de Brest.

En revanche, pour ce qui est des bulletins secrets, Arkéa répond que chaque président de caisse décidera du mode de scrutin et que le vote à main levée est courant dans les conseils d’administration.

« Nous sommes face à une intention dépourvue de tout projet » a raillé Nicolas Théry. « Arkéa a toute sa place au sein de la Confédération. Une banque ne se crée pas par pétition ou par manifeste. Il y a les conditions de solvabilité, de fonds propres, d’agrément, etc. C’est aux dirigeants d’Arkéa de définir leur projet et la façon dont ils veulent se séparer du groupe. »

Le camp d’Arkéa indique que les administrateurs des caisses locales se prononceront en septembre sur un projet finalisé, après une procédure d’information consultation des partenaires sociaux. Le schéma envisagé n’est pas de devenir une société anonyme avec des actionnaires comme le laisse entendre le camp adverse, mais bien de « rester une banque coopérative et mutualiste ».

Balayant les accusations d’aventurisme, les Bretons font valoir que leur démarche est méthodique, en relations étroites avec les autorités de supervision, ACPR et Banque centrale européenne, en vue de trouver une solution juridique. Dans les conclusions de sa mission à la demande du Trésor et de l’ACPR, Christian Noyer, l’ancien gouverneur de la Banque de France, avait dessiné une solution ne nécessitant pas de modifier le Code monétaire et financier qui régit le fonctionnement du Crédit Mutuel, « l’agrément d’un seul établissement de crédit, avec transfert d’actifs des caisses locales. »

Le Conseil d’État viendra-t-il entraver la marche vers l’indépendance d’Arkéa ? La Confédération avait engagé une procédure de sanction contre me Pdg et le DG d’Arkéa, suspendue en référé début janvier. La décision au fond, attendue dans les prochains jours, et le rapporteur général aurait rejeté les demandes d’Arkéa sur la légalité des statuts de l’organe central, ouvrant la voie à la possibilité d’une sanction, pouvant aller jusqu’à une révocation des dirigeants. Vous avez dit solidaires ?

Delphine Cuny

@DelphineCuny

La Tribune

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Résultats 2017 : le Crédit Mutuel met l’accent sur sa « solidité »

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Le Crédit Mutuel a affirmé mercredi sa « solidité » face aux vélléités de sécession d’Arkéa, une de ses principales composantes, à l’occasion de résultats annuels marqués par une hausse des revenus mais un recul du bénéfice net à cause d’une fiscalité défavorable.

Le groupe bancaire mutualiste a fait part d’un déclin de plus de 9% de son bénéfice net, à 2,98 milliards d’euros, mais une hausse de 5,5% de ses revenus – mesurés par le produit net bancaire – à 17,75 milliards. C’est le « résultat de toutes les fédérations et groupes régionaux », a résumé le Crédit Mutuel dans un communiqué, insistant sur « la solidité et la pertinence de son modèle mutualiste ».

Solidarité

Le groupe met en avant cette solidarité au moment même où sa deuxième composante, Arkéa, a engagé en début d’année une procédure pour sortir de l’ensemble mutualiste avec lequel elle est en conflit depuis plusieurs années. Arkéa, qui regroupe les fédérations de Bretagne, du sud-ouest et du Massif Central, accuse l’organe de tête du Crédit Mutuel d’être sous la coupe de la principale entité du groupe, CM11. Celle-ci regroupe 11 fédérations, notamment dans l’est, et exploite le CIC.

Dans son communiqué, Crédit Mutuel énumère plusieurs décisions de justice liées à ce conflit, dont la dernière en date : fin février, la Cour d’appel de Paris a interdit de fait à Arkea d’utiliser la marque « Crédit Mutuel » en cas de sortie effective. « Tant sur le plan réglementaire que judiciaire, le débat sur la qualité de la gouvernance du Crédit Mutuel est clos », élude Nicolas Théry, président de la Confédération nationale du Crédit Mutuel, cité dans le communiqué.

Lire notre dossier : La guerre des Crédits Mutuels

La surtaxe gouvernementale pèse

Au niveau même des chiffres annoncés mercredi, les résultats sont sans grande surprise, puisque CM11 et Arkéa avaient déjà communiqué les leurs séparément. Le Crédit Mutuel, dont le bénéfice augmente nettement sans tenir compte des impôts, a souffert de la surtaxe décidée dans l’urgence par le gouvernement à l’automne pour compenser la moitié des 10 milliards d’euros de manque à gagner dus à la censure par le Conseil constitutionnel de la taxe sur les dividendes.

Cette mesure a provoqué l’ire du monde mutualiste : elle alourdit la facture fiscale alors que les groupes concernés bénéficient peu de l’annulation de la taxe sur les dividendes. De fait, elle a déjà pesé lourd dans les comptes annuels du Crédit Agricole et, dans une moindre mesure, de BPCE.

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