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Arkéa dévoile le schéma de son divorce du Crédit Mutuel

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Le groupe bancaire breton envisage de transférer les actifs des caisses locales dans des succursales miroir, filiales d’Arkéa. Un schéma inspiré des caisses d’épargne qui maintient la détention du capital aux mains des caisses mais revient à davantage de centralisation autour d’Arkéa qui aura un agrément unique.

[Article mis à jour à 14h10]

La question du schéma juridique de séparation est l’une des plus ardues dans le projet d’indépendance de Crédit Mutuel Arkéa, le groupe bancaire régional regroupant des fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central qui souhaite sortir de l’ensemble mutualiste. Le conseil d’administration d’Arkéa, réuni ce vendredi 29 juin à Bordeaux, vient d’adopter un projet de schéma d’organisation, qui a été adressé en amont aux superviseurs (Banque de France, via l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution ou ACPR, et Banque centrale européenne).

« Ce schéma respecte l’identité coopérative, mutualiste et territoriale du groupe », insiste Arkéa dans un communiqué.

Le gouvernement refusant de changer la loi, le Code monétaire et financier qui régit le régime et le fonctionnement des banques mutualistes, Arkéa s’est fait une raison : il ne pouvait devenir un organe central (au même titre que la Confédération nationale du Crédit Mutuel), ni un organisme central. Il lui fallait donc trouver une forme d’artifice juridique pour préserver son fonctionnement coopératif, sa gouvernance, tout en formant un ensemble cohérent pour les régulateurs.

Succursales miroir, agrément unique

Le groupe, dont le siège se trouve près de Brest, a proposé un schéma qu’il décrit comme inspiré de celui des caisses d’épargne. Les caisses locales (actuellement au nombre de 331) resteraient détentrices du capital d’Arkéa, selon le schéma traditionnel de la « pyramide inversée ». En revanche, leurs actifs, leurs encours, leurs dépôts et toute leur activité bancaire seraient transférés à des succursales « miroir », filiales d’Arkéa.

« C’est le cas des caisses d’épargne, qui ne portent pas l’activité bancaire », décrypte une source interne.

En effet, les clients sociétaires de l’Ecureuil le sont au travers de « sociétés locales d’épargne » qui sont des « sociétés coopératives locales sans activité bancaire » mais qui détiennent 100% du capital de la caisse régionale, laquelle est une société anonyme à capital fixe et directoire. Ceci dit, la comparaison s’arrête là puisque les caisses régionales disposent de leur propre compte de résultat et de leur propre agrément d’établissement de crédit avec leur propre code banque attribué par l’ACPR.

« Les caisses locales [d’Arkéa] resteront des sociétés coopératives. Elles seront propriétaires du groupe et participeront à la détermination et la mise en œuvre des orientations stratégiques du groupe. Elles conserveront la responsabilité des activités coopératives, des missions de représentation du sociétariat et de facilitation à l’accès aux services bancaires et financiers » insiste Arkéa dans son communiqué.

Plus de centralisation

Autre changement, Crédit Mutuel Arkéa avait un agrément collectif auprès des superviseurs, ce sera ensuite un agrément unique accordé à Arkéa, qui conservera son statut de société anonyme coopérative.

 « Ce ne sera probablement pas un nouvel agrément, mais un ajustement de l’existant », anticipe-t-on au sein du groupe.

La transformation envisagée ressemble à celle intervenue chez la banque néerlandaise Rabobank autour d’une entité faîtière disposant d’un agrément unique.

Ce schéma, qui sera présenté « dans les prochains jours aux instances représentatives du personnel, puis soumis au vote des caisses locales à l’automne prochain », risque de faire grincer des dents : en effet, il revient à une plus grande centralisation, exactement ce que dénonce Arkéa à l’encontre de l’organe central du Crédit Mutuel.

L’entourage de la direction du groupe breton fait valoir que le pilotage se fait d’ores et déjà dans les faits depuis le siège pour de nombreuses fonctions (refinancement, liquidité, solvabilité) et que le projet d’indépendance permet de « préserver la stratégie, les centres de décision et les emplois en régions. »

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Crédit Mutuel : le Massif Central se prépare à quitter Arkéa

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Le Crédit Mutuel du Massif Central s’apprête à quitter le groupe Crédit Mutuel Arkéa qui va donc se composer des fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest de la banque mutualiste.

Ce n’est pas une surprise. Le Crédit Mutuel du Massif Central n’envisageait pas de suivre le groupe Arkéa sur le chemin de l’indépendance, et de son départ de la Confédération nationale, l’organe central de la banque mutualiste.

Arkéa, qui sera donc composé à terme des fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest, estime que cette indépendance lui permettra de préserver ses emplois, en particulier ceux de son siège du Relecq-Kerhuon près de Brest. Le groupe y voit aussi le moyen d’avoir les mains totalement libres pour poursuivre son développement, en particulier dans le numérique.

En mars et en avril, Arkéa avait demandé à ses caisses locales de voter sur ce principe de l’indépendance. En Bretagne, elles avaient été près 98?% à se prononcer pour ce départ de la Confédération nationale, et 85?% dans le Sud-Ouest. Mais dans le Massif Central, ce vote n’avait guère eu d’écho. En fait, seulement six caisses sur trente avaient pris part au vote. Et elles avaient toutes voté pour rester au sein d’Arkéa.

Le Crédit Mutuel du Massif Central se prépare donc à rejoindre la Caisse fédérale du Crédit Mutuel, en fait le CM11-CIC, la puissante fédération dont le siège est à Strasbourg. Elle est composée de 11 fédérations dont celles du Centre-Est Europe et de l’Ile de France. Dans l’immédiat, le CM11-CIC évoque «?un protocole de convergence du Crédit Mutuel du Massif Central vers la Caisse fédérale du Crédit Mutuel.?»

Au sein du groupe Arkéa, la fédération du Massif Central ne pèse environ que 3?% du chiffre d’affaires total. Elle détient, sur son territoire, environ 5?% du marché de la banque et de l’assurance, contre 35?% pour le Crédit Mutuel de Bretagne sur sa région.

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Le Crédit Mutuel Massif Central peut rejoindre le CM11-CIC

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Mouvement dans la banque mutualiste : la caisse du Massif central qui s’est retirée du Crédit Mutuel Arkea a reçu le feu vert pour adhérer à la caisse fédérale du Crédit Mutuel CM11.

 

Nouvel épisode dans le conflit qui oppose la Confédération nationale du Crédit Mutuel à la fédération Arkea (Bretagne, Aquitaine) : le Conseil d’administration de la Caisse Fédérale du Crédit Mutuel (Groupe Crédit Mutuel CM11) a approuvé  à l’unanimité, la convergence du Crédit Mutuel Massif Central vers CM11. La caisse régionale du Massif central a voté en 2017 son retrait d’Arkea.

Cette résolution intervient après l’agrément  de la Confédération nationale , organe central du Groupe bancaire, adopté le 19 juin dernier. La Fédération du Crédit Mutuel Massif Central peut maintenant mettre en place le processus de convergence. Il devrait amener la caisse fédérale CM11 à devenir CM12. La caisse régionale du massif central, qui a son siège à Clermont-Ferrand  englobe les départements de l’Allier, du Puy-de-Dôme, du Cantal et de l’Aveyron.

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Crédit Mutuel pose ses conditions financières au divorce d’Arkéa

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L’organe central de la banque mutualiste a mandaté Lazard pour évaluer les rétrocessions et indemnisations qu’il compte réclamer au groupe breton en cas de séparation.

Est-ce un pas dans la voie de la séparation entre le Crédit Mutuel et son affilié breton Arkéa ? Pour la première fois, ce mardi 19 juin, la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), l’organe central du groupe mutualiste, évoque de façon concrète la possibilité d’une sortie du Crédit Mutuel Arkéa, que réclame ce dernier. Quand le divorce ne prend pas la voie du consentement mutuel, le conjoint qui ne souhaite pas la séparation demande sa part des biens du couple et une prestation compensatoire. Et la CNCM fait exactement cela : elle pose ses conditions financières à une sortie, sur le mode : « vous voulez vraiment partir ? voilà ce qu’il vous en coûtera ! » Et la note du divorce s’annonce salée.

La CNCM annonce ce mardi dans un communiqué qu’elle a mandaté la banque Lazard pour évaluer « toutes les conséquences financières (rétrocession et indemnisation) d’une éventuelle désaffiliation« .

« Sur la base des 3,5 milliards [d’euros] de réservesaccumulées au sein du Crédit Mutuel Arkéa et de ses caisses locales, la rétrocession au groupe Crédit Mutuel du bénéfice de mutualisation créé par la collectivité des clients et sociétaires » réclame la Confédération.

Elle veut sa part des bénéfices mis en réserve par Arkéa arguant qu’ils ont été générés grâce au régime de la mutualisation (la marque, la note de crédit consolidée du groupe pour emprunter, etc). Une estimation qui s’annonce ardue mais que la Confédération attend dans quelques jours. L’organe central estime que les sociétaires des caisses d’Arkéa qui souhaiteraient rester au sein du Crédit Mutuel seraient « spoliés » si cette part des réserves n’était pas rétrocédée au groupe.

« Indemnisation des dommages »

Ensuite, la Confédération nationale, qui a adopté cette délibération lors de la réunion de son conseil d’administration ce mardi, en présence du représentant d’Arkéa, exige :

« l’indemnisation du Crédit Mutuel pour les dommages créés, en particulier la nécessité de redéployer son réseau dans le Sud-Ouest et en Bretagne, rendue nécessaire par l’obligation de continuité territoriale, propre à sa mission de service public et à sa volonté de financement et d’animation au plus près des territoires. »

L’organe central du groupe mutualiste se fonde sur une décision du tribunal administratif de Paris en septembre 2016, soulignant que le groupe doit veiller au maintien d’un « réseau équilibré sur tout le territoire » pour traduire le « principe de territorialité » (chaque groupe a son périmètre et ne doit pas empiéter sur les plates-bandes du voisin), établi par la loi, en une notion de « continuité territoriale. » La CNCM avait jusqu’ici présenté l’installation de caisses du Crédit Mutuel en Bretagne et dans le Sud-Ouest comme une menace de concurrence à Arkéa, et non comme une obligation. Le montant réclamé dépendra du nombre de caisses choisissant la rupture et celles restant au sein du Crédit Mutuel : la Confédération espère bien que la perspective de ce coûteux divorce découragera les présidents de caisses locales.

Entre mars et avril, plus de 300 caisses du groupe breton Crédit Mutuel Arkéa ont voté à 94% en faveur du projet d’indépendance et de construction d’un groupe distinct du Crédit Mutuel en abandonnant la marque.

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[Le logo officiel du Crédit Mutuel à gauche, celui d’Arkéa à droite]

Abandon de la marque et du logo

D’ailleurs, la Confédération pose dans les autres conditions cet abandon de la marque (déjà prévu par Arkéa) mais aussi du logo actuellement utilisé par le groupe breton, une version revisitée des trois ronds blancs sur fond rouge du Crédit Mutuel en une sorte de triskell. La CNCM avait même attaqué son affilié pour contrefaçon. Elle demande désormais « le développement d’une marque et d’un logo ne créant ni confusion, ni parasitisme. »

Arkéa n’a pas commenté les prétentions financières de la Confédération dans son communiqué en réaction :

« Le groupe Arkéa prend acte de ce que la Confédération nationale du Crédit Mutuel envisage désormais la mise en oeuvre de l’indépendance d’Arkéa. En revanche, le groupe Arkéa rappelle que la CNCM ne dispose pas des prérogatives pour fixer unilatéralement les conditions de cette sortie » réplique-t-il.

Le groupe assure poursuivre les travaux engagés avec les autorités bancaires en vue d’aboutir à un schéma de sortie. Cependant, la reprise du dialogue, demandée par les pouvoirs publics, n’a toujours pas eu lieu. L’organe central a posé comme préalable le retrait de tous les contentieux, notamment les poursuites au pénal engagées contre Nicolas Théry, le directeur général de la CNCM Pascal Durand, et six autres dirigeants.

 

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LA CNCM POSE SES CONDITIONS À L’AUTONOMIE D’ARKÉA

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Divorce envisagé

 

Cela fait déjà plusieurs années que la guerre est déclarée entre Crédit Mutuel Arkéa et le reste du groupe, à commencer par son instance nationale centrale, la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM). Crédit Mutuel Arkéa souhaite en effet quitter le groupe et prendre son autonomie, ce qu’a toujours refusé l’organe central de décision du groupe Crédit Mutuel.

Dans un communiqué de presse publié hier soir, la CNCM a annoncé qu’elle avait mandaté la banque Lazard pour réaliser un audit de « toutes les conséquences financières (rétrocession et indemnisation) d’une éventuelle désaffiliation ». Une première, qui pourrait passer pour un signe d’ouverture, dans la mesure où la Confédération nationale du Crédit Mutuel n’avait jamais accepté d’évoquer cette éventualité et toujours opposé aux demandes d’Arkéa une fin de non-recevoir.

Toutefois, si elle évoque enfin la possibilité d’une sortie des caisses de l’ouest et du sud-ouest de la France, la CNCM souhaite avant tout leur montrer ce que cela va leur coûter. Et, comme dans tout divorce conflictuel, la CNCM va compter, tout compter, jusqu’à la valeur de la dernière petite cuillère.

Par exemple, la CNCM réclame « sur la base des 3,5 milliards [d’euros] de réserves accumulées au sein du Crédit Mutuel Arkéa et de ses caisses locales, la rétrocession au groupe Crédit Mutuel du bénéfice de mutualisation créé par la collectivité des clients et sociétaires ». Selon l’organe central du groupe bancaire mutualiste, une partie des bénéfices d’Arkéa lui revient, car ils sont à mettre au compte de la mutualisation, de l’utilisation de la marque Crédit Mutuel.

Des conditions inacceptables

 

La CNCM veut également être la seule à pouvoir utiliser sa marque, et que le logo d’Arkéa, déjà pourtant largement revisité en une sorte de triskel qui évoque son ancrage breton, ne soit plus utilisé au motif qu’il rappellerait celui du Crédit Mutuel.

Enfin, la CNCM souhaite aussi être indemnisée du préjudice financier qu’elle va devoir subir pour maintenir la continuité territoriale, et donc redéployer un réseau dans les régions tenues par les caisses dissidentes, comme la Bretagne, le Massif Central, et le sud-ouest de la France. La CNCM réclame ainsi, selon son communiqué de presse, « l’indemnisation du Crédit Mutuel pour les dommages créés, en particulier la nécessité de redéployer son réseau dans le Sud-Ouest et en Bretagne, rendue nécessaire par l’obligation de continuité territoriale, propre à sa mission de service public et à sa volonté de financement et d’animation au plus près des territoires ».

En somme, tout est fait pour que les conditions du divorce soient inacceptables pour Arkéa, autant que pour intimider les sociétaires et les faire fléchir dans leur volonté d’appuyer le projet de sortie du groupe porté par Arkéa. Le groupement des caisses régionales de l’Ouest a donc pris acte de l’évocation d’une possible sortie, mais a tenu à rappeler que « la CNCM ne dispose pas des prérogatives pour fixer unilatéralement les conditions de cette sortie ». Une façon d’en appeler à l’arbitrage des autorités de contrôle bancaire, voire du gouvernement.

Publié le 20-06-2018 à 08:21:50 par Émilie Huberth

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Crédit Mutuel : la Confédération durcit le ton face à Arkéa

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Pour la CNCM, toute désaffiliation implique son agrément. L’organe central du groupe Crédit Mutuel a fait chiffrer par la banque Lazard les conséquences financières d’une éventuelle séparation.

La Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM) – l’organe central du groupe mutualiste – veut pousser Arkéa dans ses retranchements. Arkéa – la caisse fédérale qui regroupe le Crédit Mutuel de Bretagne, du Sud-Ouest et pour l’heure celui du Massif Central –  affiche une volonté sans faille de se séparer du groupe mutualiste, face à un organe central garant de la cohésion de l’ensemble. Réuni mardi, le conseil d’administration de la « Confédé » a indiqué qu’une « éventuelle désaffiliation du Crédit Mutuel Arkéa » devrait « nécessairement » obtenir l’aval de la Confédération.

Argument sonnant et trébuchant

Toute « demande » d’Arkéa de désaffiliation devrait ainsi, pour la CNCM comprendre des mesures « relatives à la protection de la collectivité des sociétaires, clients et salariés […] ». Derrière ces mots – et parmi d’autres exigences – c’est aussi un argument sonnant et trébuchant qu’agite l’organe central dans  ce conflit au coeur du mutualisme français. La CNCM a ainsi mandaté la banque Lazard pour évaluer les conséquences financières d’un éventuel divorce. Pour l’organe central, dans l’hypothèse d’une séparation, une « rétrocession » des « bénéfices de mutualisation » doit être faite au Groupe Crédit Mutuel, « sur la base des 3,5 milliards de réserves accumulées au sein du Crédit Mutuel Arkéa et de ses caisses locales ». L’idée est ici que ces résultats ont été, au moins en partie, atteint par le bénéfice de la marque, ou de la qualité du refinancement.

« Dommages créés »

Deuxième volet de ce calcul – dont la CNCM ne dévoile pas le résultat final – le Crédit Mutuel serait en droit d’obtenir une « indemnisation » pour « les dommages créés ». En particulier, la CNCM explique qu’en vertu de sa mission de service public, elle est soumise à une « obligation de continuité territoriale » qui l’obligerait à redévelopper à partir de zéro un nouveau réseau d’agences dans le Sud-Ouest et en Bretagne, pour remplacer un réseau Arkéa autonome. Le coût d’ouverture d’une caisse locale est ainsi évalué à 4 millions d’euros par Caisse. La question se pose autrement pour le Crédit Mutuel du Massif Central (CMMC), dont la direction a lancé l’an dernier le projet de se séparer d’Arkéa pour s’affilier au CM11 , qui regroupe onze fédérations du Crédit Mutuel. La CNCM a donné mardi son « agrément préalable » à ce « projet de convergence » soulignant que les « décisions définitives » revenaient justement au CMMC.

La CNCM a dans le même temps martelé que « toutes les juridictions ont confirmé » que « l’unité du Groupe Crédit Mutuel » reste « la meilleure solution ». Sans surprise, Arkéa n’a pas eu la même lecture de la séquence, et « prend acte de ce que la CNCM envisage désormais la mise en oeuvre de l’indépendance d’Arkéa ». Surtout, il « rappelle que la CNCM ne dispose pas des prérogatives pour fixer unilatéralement les conditions de cette sortie ». Affirmation à son tour contrée par l’organe central…

Edouard Lederer
 

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Le Crédit mutuel fixe un prix dissuasif à une sortie de la Bretagne et du Sud-Ouest

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La guerre fratricide qui mine depuis plus de trois ans le Crédit mutuel prend une nouvelle tournure. Alors que les fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest réunies au sein du Crédit mutuel Arkéa veulent rompre avec le reste du groupe pour obtenir leur indépendance, la Confédération nationale du Crédit mutuel (CNCM) avait jusqu’à présent refusé d’envisager cette sortie. Ses prises de positions se limitaient à une défense de l’unité du groupe.

Mais, pour la première fois, le conseil d’administration de la Confédération, qui s’est tenu mardi 19 juin, a évoqué une possible désaffiliation d’Arkéa. Les conditions fixées pour une sortie s’annoncent toutefois dissuasives.

La Confédération estime en premier lieu qu’elle est « la seule, en vertu de la loi, à pouvoir prononcer une telle désaffiliation eu égard aux missions qui lui sont confiées ». Elle ne reconnaît donc pas à Arkéa la possibilité de quitter le groupe unilatéralement.

Conditions très couteusesQuant aux conditions, elles seraient très coûteuses pour la banque implantée dans l’Ouest de la France. La confédération a mandaté la banque Lazard pour évaluer les conséquences financières d’une sortie du groupe. Le chiffre final n’a pas été dévoilé, mais le groupe réclamera dans le cadre d’une désaffiliation une « rétrocession » d’une partie des 3,5 milliards d’euros de réserves accumulées au sein d’Arkéa. Une restitution au titre du « bénéfice de mutualisation » dont a profité la banque régionale en se développant dans le giron de Crédit mutuel.

S’ajoutera à cette somme une demande d’« indemnisation du Crédit mutuel pour les dommages créés, en particulier la nécessité de redéployer son réseau dans le Sud-Ouest et en Bretagne » si Arkéa devient une banque concurrente. Cette nécessité d’ouvrir de nouvelles agences sous la marque « Crédit mutuel »étant, selon la Confédération, « rendue nécessaire par l’obligation de continuité territoriale,…

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