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Ronan Le Moal, en quête de transformation

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Sur fond de tensions au sein du groupe, Ronan Le Moal, directeur général du Crédit mutuel Arkéa, reste concentré sur la transformation digitale du bancassureur.

Avec une empreinte digitale largement au-dessus de la mêlée, Ronan Le Moal poursuit sa quête de transformation de Crédit mutuel Arkéa autour de deux enjeux : une réglementation plus souple et l’intégration du numérique dans ses différentes activités. Pour le DG, son enseigne doit avant tout être digitale. En cohérence avec le plan stratégique « Arkéa 2020 », le groupe vient ainsi de se doter d’une filière « entrepreneuriat digital », dont l’équipe lui sera directement rattachée. En parallèle, CMA poursuit son rapprochement et ses partenariats avec les FinTech, avec au dernier trimestre 2016 un investissement de 3 M€ dans Grisbee, une plate-forme web de gestion de patrimoine. Pour Ronan le Moal, racheter une start-up permet de « compléter une palette [du] métier ou d’explorer des activités sur lesquelles [le groupe] n’est pas tout à fait positionné ». Le tout en dépit d’un contexte législatif qu’il trouve trop rigide et non adapté, et « qui a pesé de façon indifférenciée sur les banques, quel que soit leur modèle », conclut-il.

Jean-Luc Gambey (jl@gambey.me)

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Orange Bank?: pourquoi les banques craignent une secousse en 2017

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+VIDEO Le lancement par un opérateur télécom d’une banque aux objectifs ambitieux est une première. Orange Bank pourrait en outre profiter d’un contexte de marché particulièrement propice.

Après avoir bouclé le rachat de 65 % de Groupama Banque au début de l’année et obtenu un agrément des superviseurs bancaires, Orange s’apprête à lancer sa banque au premier semestre 2017. Les cinq raisons qui font craindre aux banques que le lancement d’Orange Bank constitue une rupture dans leur secteur.

– 1 – La force de frappe du groupe Orange

Le lancement d’une banque aux objectifs très ambitieux par un poids lourd des télécoms constitue une première. « C’est le nouvel entrant le plus prometteur qu’on ait vu depuis très longtemps, souligne un spécialiste du secteur bancaire. Il est plus crédible que les autres dans ses objectifs d’expansion, car Orange a de nombreux clients. » Dans un document interne, dont « Les Echos » ont obtenu copie, Orange met en avant ses « forces pour se lancer dans la banque » : « La puissance de sa marque mondialement reconnue […], la connaissance fine de sa base de 27 millions de clients mobile et 10 millions de clients haut débit », et « la puissance commerciale de son réseau de distribution multicanal ».

« C’est un concurrent de plus, tente de relativiser un grand banquier de la place. Le problème, c’est qu’il peut faire croire aux consommateurs que la banque, c’est quasiment gratuit. » Pour Daniel Karyotis, ancien directeur général de BPCE en charge des finances et des risques et désormais patron de la Banque Populaire Auvergne Rhône-Alpes, « Orange Bank est une menace pour les banques, compte tenu du nombre de clients d’Orange. On ne peut pas regarder son arrivée avec un regard condescendant. »

– 2 – L’expérience d’Orange dans les services financiers

Orange dispose d’une offre de paiement mobile en Afrique et en Europe . Vrai succès, Orange Money, un service mobile de paiement (achat de crédits téléphoniques, paiement dans les commerces, règlement de factures) et de transfert d’argent, est disponible dans 14 pays d’Afrique et au Moyen-Orient. Il totalise plus de 20 millions de clients. En Pologne, Orange a un service bancaire complet, dont il compte s’inspirer pour la France. Il s’est associé à mBank, la troisième banque du pays, pour développer une application permettant de payer, transférer et retirer de l’argent, ou encore souscrire à des crédits… Il a réuni 350.000 clients en un peu plus de deux ans.

– 3 – La loi Macron va faciliter la mobilité bancaire

Orange Bank va se lancer dans l’Hexagone sous d’heureux auspices, puisqu’à partir de février 2017 la loi Macron permettra aux clients de changer plus facilement de banque. Concrètement, à partir du 6 février, les banques devront elles-mêmes prendre en charge les démarches nécessaires au changement d’établissement de leurs clients, dans des délais très encadrés. La disposition devrait renforcer la concurrence entre les banques assises sur un marché dont le taux d’attrition reste très faible (fin 2014, il atteignait 4,5 %).

Contrairement aux banques, Orange a déjà expérimenté l’intensification de la concurrence dans les télécoms. « Les opérateurs vivent avec un taux d’attrition très élevé depuis plusieurs années [15 % en France, NDLR ]. Pour être en mesure de retenir leurs clients, ils se sont équipés d’outils d’analyse de données poussés. Aujourd’hui, ils paraissent mieux outillés que les banques dans ce domaine », estime Daniel Pion, associé chez Deloitte.

– 4 – La banque mobile a un fort potentiel de croissance

Le projet d’Orange est de lancer une « banque de poche » . L’offre sera certes disponible dans 140 boutiques de l’opérateur télécoms, mais son objectif est d’en faire une banque digitale, pour laquelle les clients s’enrôleront directement sur leur smartphone. Or ce marché offre encore un fort potentiel de croissance. Les banques en ligne sont parvenues à installer un climat de confiance dans l’opinion , mais aucune n’a accaparé le marché.

Selon les chiffres cités en interne par Orange, le marché de la banque directe pèse 2 à 3 millions de clients en France et 35 milliards d’euros d’encours, contre 18 millions de clients en Allemagne pour 180 milliards d’encours. Les marges de progression sont donc considérables. Selon un spécialiste du secteur, le marché de la banque en ligne pourrait tripler dans les cinq prochaines années.

– 5 – D’autres opérateurs télécoms pourraient suivre

Pour l’instant, seul Orange a entrepris de défier les banques françaises sur leur terrain. Les autres opérateurs ont surtout tissé leur toile dans les services de paiement sur facture, qui permettent de régler un achat en ligne lors du prélèvement d’un forfait de téléphone. Ils ne manquent néanmoins pas d’ambitions. Selon nos informations, SFR a engagé des discussions avec des banques françaises pour concevoir un porte-monnaie électronique.

Par ailleurs, l’opérateur prépare le lancement d’une offre de terminal de paiement mobile pour les commerçants en 2017. Baptisé « Let’s Pay by SFR », cette solution viendra concurrencer les offres des banques ou des fintech qui permettent de transformer un smartphone en terminal de paiement. « Notre rôle est de développer les usages mobiles », explique Pierre-Emmanuel Struyven, directeur de l’innovation de SFR, qui dit ne pas nourrir d’ambitions dans la banque pour le moment. De son côté, Free non plus n’a rien entrepris dans ce domaine. L’opérateur avait toutefois déposé la marque « FreeBank » auprès de l’Inpi en juin 2000. Juste au cas où il changerait d’avis.

VIDEO – Pourquoi Orange fait-il peur aux banques ?
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Véronique Chocron, Les Echos
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La startup, dans laquelle Crédit Mutuel Arkéa a investi 3 millions d’euros, Grisbee veut démocratiser la gestion de patrimoine

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La startup, dans laquelle Crédit Mutuel Arkéa a investi 3 millions d’euros en octobre, lance une assurance-vie en ligne en partenariat avec Suravenir et la société de gestion Carmignac. Elle vise les 12 millions de foyers qui voudraient du conseil pas cher pour leur épargne, sur un marché déjà très bataillé.

Bousculer les acteurs traditionnels de la finance, mais s’associer tout de même à certains d’entre eux pour percer : c’est décidément la tendance dans le monde de la Fintech. La toute jeune plateforme Grisbee, dans laquelle Crédit Mutuel Arkéa a investi 3 millions d’euros en octobre dernier, a l’ambition de « démocratiser la gestion de patrimoine » et lance son premier produit, de l’assurance-vie en ligne, à son nom, mais en partenariat avec Suravenir (filiale d’Arkéa) et la société de gestion Carmignac. La startup ne touche pas elle-même au « grisbi » : elle est un distributeur, avec lequel Suravenir a souscrit une convention de courtage classique.

« Grisbee Vie est une offre nouvelle génération car elle est 100% digitale, de la souscription par signature électronique à la gestion, avec une tarification très compétitive, sans frais d’entrée ni d’arbitrage, juste 0,6% de frais de gestion annuels et 0,2% de plus en cas de gestion pilotée par Carmignac. Nous sommes les premiers à proposer en ligne la gestion par cette maison sérieuse et prestigieuse, l’un des principaux acteurs européens de la gestion d’actifs » a fait valoir Maxime Camus, le directeur général et cofondateur, lors d’une conférence de presse vendredi.

Il existe déjà de nombreuses offres d’assurance-vie en ligne, d’ING Direct à Fortuneo (filiale d’Arkéa), ainsi qu’une autre startup dans laquelle Arkéa a investi, la société de gestion de portefeuille en ligne Yomoni, mais dont l’assurance-vie est uniquement en fonds indiciels (« trackers » ETF). Grisbee s’engage à avoir « les frais les plus bas et pas de frais cachés » et son contrat est accessible à partir de 1.000 euros comme versement initial.

Algorithmes et bilan patrimonial
Le site ne sera pas mono-produit, promettent ses dirigeants, mais se présente comme un « coach financier digital » à bas coût pour le grand public.

« Nous avons d’abord lancé il y a quatre ans un premier site Finansemble, avec un outil defiscalisator qui a créé beaucoup de buzz », a expliqué Maxime Camus, l’un des quatre cofondateurs, un quadra, ex-consultant chez CapGemini. « C’était la première brique de Grisbee qui permet de faire un check-up de sa santé financière en ligne, à travers des algorithmes et des moteurs de calcul et de recommandation que nous avons développés nous-mêmes. Nous ne mettons pas des produits en avant d’emblée.»

Grisbee a « encapsulé » l’agrégateur de comptes Linxo (une autre startup dans laquelle a investi Arkéa) et propose un tableau de bord complet du patrimoine, financier, immobilier et professionnel de l’utilisateur, avec des indicateurs sur la diversification, le rendement, etc. Deux mois après son lancement grand public, elle revendique 4.000 utilisateurs, presque tous gratuits. L’objectif est de leur faire souscrire des options payantes (les abonnements vont de 5 à 50 euros par mois). Elle espère en séduire 20.000 dans les deux à trois ans. Si la startup met en avant sa technologie, elle ne se définit pas comme un robo-advisor, ces robots-conseillers : dans l’équipe de 12 personnes installée près de Versailles, il y a de vrais conseillers en gestion de patrimoine qui peuvent répondre par tchat, e-mail ou téléphone, et dresser un bilan patrimonial ou retraite personnalisé (en option payante).

« Nous nous adressons au plus grand nombre, notre cible c’est 12 millions de foyers, en écrêtant les plus fortunés et en déduisant les non-imposables » a indiqué le directeur général.

« Exaspérés » par le banquier « vendeur de produits »
Le cofondateur de cette Fintech ne dédaigne pas un peu de provoc’ :

« Quand on est en face de son banquier, on a l’impression d’avoir plutôt un vendeur de produits qu’un conseiller, sauf quand on est un client aisé. Grâce aux nouvelles technologies, on veut offrir du conseil patrimonial de qualité accessible à tous » a-t-il lancé vendredi.

Les voilà pourtant désormais eux aussi vendeurs de produits. Sur leur site, les quatre associés, qui ont gardé la majorité du capital (Arkéa détiendrait environ 30%), y vont encore plus fort : « Nous sommes quatre épargnants exaspérés par l’absence de conseils financiers simples et pertinents » écrivent-ils.

Un banquier a souscrit à cette vision « disruptive » : le directeur général d’Arkéa (fédérations de Bretagne, du Massif Central et du Sud-Ouest de Crédit Mutuel), Ronan Le Moal, qui tient lui-même un discours sur « le métier de coach financier et l’accompagnement de projets de vie » que doit apporter une agence à son client « et pas la vente de produits ».

« Nous sommes dans une logique de partenariat, plutôt que de se dire ils vont disrupter, alors essayons de les combattre » a relevé Bernard Le Bras le président du directoire de Suravenir, tout en confiant « j’ai moi-même remplacé mon fichier Excel pour gérer mes finances par l’outil de Grisbee !»

Dans cet univers à la concurrence multiforme, des banques en ligne aux robo-advisors, l’équipe de professionnels confirmés comptent utiliser les fonds levés en octobre pour investir dans la technologie, en particulier l’intelligence artificielle, et recruter de nouveaux développeurs pour créer d’autres fonctionnalités et une application mobile.

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Après une année difficile, Keytrade Bank intégré au groupe Crédit Mutuel ARKEA, affiche ses nouvelles ambitions

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Keytrade Bank, qui va lancer au printemps prochain des prêts hypothécaires en ligne, entend se positionner comme une « véritable alternative » aux banques traditionnelles, a laissé entendre mercredi le CEO de la banque en ligne, Thierry Ternier, au cours d’une conférence de presse. Malgré les nombreux défis qui guettent le secteur bancaire, Keytrade, désormais intégrée au groupe français Crédit mutuel Arkéa, affiche des ambitions de croissance.

Si 2016 a été difficile pour le secteur bancaire, avec les taux au plancher, l’année qui s’achève a en outre vu Keytrade Bank passer en juin des mains de Crelan vers celles de la banque française Crédit Mutuel Arkéa. Dans la foulée, Keytrade et Fortuneo ont été regroupées au sein d’une seule structure légale, Arkéa Direct Bank, qui opère sous la marque Keytrade.

L’année 2016 a également vu la reprise par Keytrade Bank du portefeuille de 10.000 clients de PSA Bank en Belgique et le lancement de « KeyPrivate », une solution de gestion discrétionnaire associant recours à des algorithmes et expertise humaine (comités d’investissement et d’experts universitaires). « Un modèle hybride », selon Thierry Ternier, qui a attiré, en un an, 1.000 clients représentant 40 millions d’euros sous gestion. « Parmi ces 1.000 clients, 80% sont des clients existants et 20% des nouveaux », précise le CEO, qui s’attend à une « croissance exponentielle » dans les prochaines années de « KeyPrivate » et espère atteindre un milliard d’euros d’actifs sous gestion en 2020.

Plus généralement, Keytrade Bank veut se profiler comme une véritable solution de rechange aux banques traditionnelles et proposera dès avril des prêts hypothécaires en ligne, avec l’ambition d’atteindre un portefeuille d’1 à 1,5 milliards d’euros d’ici 2020. La banque en ligne n’exclut pas non plus de se lancer, en 2018 ou 2019, dans le crédit à la consommation, par exemple pour l’achat d’une voiture. « Nous voulons être une solution globale en répondant aux besoins de nos clients », résume Thierry Ternier. Keytrade Bank compte pour l’heure 285.000 clients, pesant 10 milliards d’euros d’actifs. La banque emploie 150 personnes et compte faire gonfler ses effectifs de 10% l’an prochain.

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