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Les syndicats de BPCE attendent des précisions sur les fermetures d’agences …

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Le Groupe BPCE, qui chapeaute notamment les réseaux Banque Populaire (3.300 agences) et Caisse d’Épargne (4.200 agences), a esquissé en février les grandes lignes de son projet de « transformation de la banque de proximité » pour 2018-2020. Il comprend une réduction de 5 % du nombre d’agences, soit « un peu plus de 400 points de vente en moins » d’après la direction, qui mise sur le non remplacement d’un départ sur trois.

« Il est à craindre que le nombre de fermetures d’agences soit plus important (…) au regard des fermetures déjà observées », a indiqué un représentant de la CFE-CGC jeudi, à l’issue d’un comité stratégique tenu à Paris.
Les données présentées « relèvent davantage d’une orientation que d’un objectif », a-t-il complété. « C’est une indication », le chiffre de quelque 400 agences fermées « peut être dépassé » et le sera vraisemblablement, a poursuivi Jean-Pierre Janaudy (CFDT).
Des groupes de travail seront installés avant la présentation officielle du projet le 29 novembre, selon lui.
« Le plan stratégique n’est pas encore défini et les grandes orientations ne sont pas détaillées », a appuyé Philippe Donvito (Unifié/Unsa).
Sur le volet social, la direction a rappelé qu’elle misait sur le « remplacement de deux-tiers » des 11.000 départs prévus au cours du plan, soit « 3.600 non remplacements en trois ans », ajoute-t-il.
Le deuxième groupe bancaire en France veut également supprimer progressivement les postes de conseillers d’accueil pour les transformer en conseillers spécialisés, d’après la CFDT.
Il y aura « un meilleur ciblage de la formation mais a priori pas de budget en plus », a précisé M. Janaudy.
Sur les 23,4 milliards d’euros de revenus générés en 2016 par BPCE, 70 % provient de son réseau banque de proximité (Banque populaire, Caisse d’Épargne, Banque palatine, Crédit Foncier…).
30/03/2017 16:34:03 – Paris (AFP) – © 2017 AFP

 

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Le verdict sur les statuts de la Confédération du Crédit Mutuel est reporté

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29/03/2017 L’AGEFI Quotidien / Edition de 18H

Il faudra attendre pour connaître le verdict de la justice concernant le changement de statut de la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM). Programmée le 28 mars puis repoussée une première fois d’une journée, la décision de la cour d’appel de Paris, qui sursoit à statuer, a en effet été reportée ce mercredi sans précision d’un nouveau calendrier. L’instance avait été saisie par la CNCM dans le sillage du verdict du tribunal de grande instance de Paris, qui avait annulé l’an dernier les résolutions de son assemblée générale du 14 octobre 2015 à la demande de Crédit Mutuel Arkéa.
Le feuilleton judiciaire entourant la transformation de l’association CNCM, organe central du groupe Crédit Mutuel, en société coopérative continue donc. Présentée il y a un an comme une étape nécessaire pour mettre le groupe dans les clous de la supervision unique de la BCE, cette transformation ne serait cependant plus aussi essentielle pour la CNCM. «Si la justice nous dit que c’est possible nous procéderons à la transformation de la CNCM et si la justice nous dit que ce n’est pas possible nous continuerons à fonctionner comme aujourd’hui», estimait début mars Nicolas Théry, le président de la CNCM, à l’occasion de la présentation des résultats du groupe.

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Crédit Mutuel Arkéa : «Nous avons une vraie ambition nationale »

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Ronan Le Moal, directeur général de Crédit Mutuel Arkéa, dévoile les lignes directrices de la stratégie de transformation de la banque. Son positionnement, la digitalisation des services bancaires et les nouveaux usages nourrissent l’ambition du groupe de se déployer au-delà ses frontières régionales.

Tous les acteurs du secteur tentent aujourd’hui de dessiner la banque de demain : comment Arkéa se projette-t-elle ?

Le plan stratégique « nouvelle vague » que nous détaillerons à la rentrée prochaine prend pour point de départ les trois chocs subis par l’industrie bancaire : le choc réglementaire, le choc relationnel qui voit le client reprendre le pouvoir sur le banquier et le choc concurrentiel, lié à l’arrivée de nouveaux acteurs qui, non seulement numérisent la relation client, mais la réinventent aussi et relèvent par la même occasion les exigences du consommateur en matière de service. Ces différentes forces vont modifier en profondeur les trois briques qui nourrissent notre lien avec nos clients : transactionnelle, opérationnelle et relationnelle.

 

Quelles sont les conséquences pour Arkéa ?

Pour ce qui est de la première brique, qui couvre la façon dont les clients souscrivent des produits, d’ici 5 ans, les transactions seront quasiment toutes digitalisées et c’est pourquoi nous poursuivrons notre stratégie de partenariats avec de nouveaux acteurs comme Leetchi ou Grisbee qui sont capables d’aller chercher des clients via le canal digital. La deuxième brique, c’est-à-dire la qualité d’exécution des opérations, constitue quant à elle un levier fort d’amélioration de la relation avec nos clients : il faut reproduire l’effet « wahou ! » que peut susciter un acteur comme Amazon quand il exécute une commande. Nous allons dans cette optique transposer à notre clientèle de particuliers le savoir-faire et l’excellence opérationnelle que nous avons développés ces huit dernières années dans notre activité de services financiers en marque blanche .

Y-a-t-il encore de la place pour des agences dans ce schéma ?

Bien sûr ! Ce que les gens attendent désormais en agence c’est une promesse de valeur supérieure à ce qui est proposé dans le digital. Ils s’y rendront pour obtenir un accompagnement à l’occasion d’événements importants pour lesquels une interaction est fondamentale, comme un mariage, un achat immobilier ou le financement des études de leurs enfants. Ce coaching financier, qui constitue la brique relationnelle de notre modèle et concerne aussi nos métiers d’assurance, passe par davantage d’anticipation et de prévention. Nous allons davantage exploiter les données et notre connaissance des clients pour être là aux moments clé de leur vie, sans attendre qu’ils viennent nous voir.

Aurez-vous pour autant besoin d’autant d’agences que par le passé ?

Nous avons la chance d’avoir agrandi notre réseau dans le sud-ouest avec notre part de marché, de disposer d’une densité d’agences cohérente avec notre pénétration dans le Massif central et notre maillage en Bretagne nous permet de lutter à armes égales avec la concurrence. Ce parc d’agences limité au niveau national, qui pouvait être une faiblesse, est aujourd’hui une force car nous pouvons tester de nouveaux modèles de développements sans concurrencer nos canaux existants.

Lancerez-vous dans cette optique une offre de banque mobile à la rentrée ?

Oui mais plus largement cela veut dire que nous avons une vraie ambition nationale avec notre plan « nouvelle vague », laquelle ne sera pas au détriment de notre réseau physique.

@NinonRenaud capture-decran-2016-10-22-a-16-54-54

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Notre crainte, c’est que les banques deviennent la sidérurgie de demain …

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Vers la fin du travail dans le tertiaire ?

La révolution numérique déferle sur le secteur des services. L’automatisation entraîne la suppression d’emplois peu qualifiés mais s’accompagne d’une montée en compétences.

LE MONDE ECONOMIE | 11.03.2017 à 12h14 • Mis à jour le 14.03.2017 à 11h19 | Par Clara Bamberger

« Pensons-nous, oui ou non, qu’en raison de la révolution numérique, le travail va se raréfier ? La réponse est oui », déclarait Benoît Hamon sur Europe 1, le 2 janvier. Le candidat socialiste à l’élection présidentielle est tellement convaincu de la raréfaction du travail à l’avenir que c’est à partir de ce postulat qu’il justifie sa proposition d’instaurer un revenu universel, considéré comme « une nouvelle protection sociale adaptée aux insécurités de notre temps ».

On ne compte plus les études relatives à l’impact de la numérisation et de l’automatisation sur l’emploi. L’une des plus alarmistes, rédigée en 2014 par le cabinet Roland Berger, estimait que 42 % des métiers français présentaient une probabilité d’automatisation forte du fait du déploiement massif de l’informatique dématérialisée (big data et cloud), des objets connectés ou encore de la robotique avancée.

Toutefois, en janvier, un rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) est venu relativiser ces inquiétudes, jugeant que « moins de 10 % des emplois existants présentent un cumul de vulnérabilités susceptibles de menacer leur existence dans un contexte d’automatisation et de numérisation ».

Lire aussi : « Le robot n’est pas nécessairement l’ennemi de l’emploi »

Alors, qui croire ? Au-delà des rapports prospectifs, nous nous sommes penchés sur les mutations à l’œuvre en termes d’emplois, du fait de la révolution digitale, au sein de trois poids lourds du tertiaire : la banque, la grande distribution et le tourisme. Car après s’être diffusée dans l’ensemble de l’industrie, l’automatisation est en train de se propager aux entreprises de services, qui génèrent la très grande majorité de nos emplois.

· Alerte sur les agences bancaires

Avec plus de 370 000 employés, le secteur bancaire représente 2,3 % de l’emploi salarié privé en France. Les moyens consacrés au numérique se situent au cœur de la stratégie de ces entreprises.

Le groupe BPCE a ainsi annoncé en février un investissement de 750 millions d’euros dans les fintech et souhaite généraliser la souscription digitale, en portant la part de ses ventes à distance de 11 % à 40 % en 2020. Parallèlement, BPCE envisage de supprimer 400 agences de son réseau, ce qui correspond à une suppression de 3 600 emplois.

Dans le cadre de son plan stratégique 2020, BNP Paribas prévoit quant à elle d’investir 3 milliards d’euros dans le digital, tandis que le Crédit mutuel-CIC a signé un partenariat avec IBM pour mettre en place, dans son réseau, une plate-forme cognitive, Watson, capable de répondre aux mails des clients.

L’alerte est donnée sur le sort des agences bancaires.

D’après le baromètre sur l’image des banques réalisé par l’institut BVA, si 52 % des Français se rendaient plusieurs fois par mois en agence en 2010, ils n’étaient plus que 20 % en 2016.

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infographie : Le Monde

Conséquence logique de cette digitalisation, on assiste à une contraction du réseau bancaire « physique ». Entre 2009 et 2015, le nombre d’agences en France – à la fois commerciales, coopératives et mutualistes – est passé de 38 311 à 37 567, soit une diminution de 1,9 %. Il s’agit néanmoins d’un chiffre très faible en comparaison avec la baisse moyenne de 15 % constatée dans l’ensemble de la zone euro durant la même période (– 12 % en Allemagne, – 30 % en Espagne et même – 44 % aux Pays-Bas).

Depuis 2007, le nombre de salariés dans ce secteur n’a cessé de décroître, hormis un léger rebond en 2011. Ainsi, à la fin 2015, la Fédération bancaire française (FBF), qui regroupe l’ensemble des entreprises du secteur, comptabilisait 371 600 salariés, contre 387 100 en 2007, soit une baisse de 4 % en huit ans.

Si le nombre de recrutements (contrats à durée indéterminée et à durée déterminée) au sein des entreprises adhérentes à la FBF continue d’être important (39 800 en 2015, soit une hausse de près de 12 % par rapport à 2014), il compense tout juste celui des départs – soit 40 550 en 2015.

« Notre crainte, c’est que les banques deviennent la sidérurgie de demain si des investissements importants ne sont pas réalisés en matière de formation des salariés. »

La majorité de ceux-ci correspondent à des départs en retraite (39 % en 2015), loin devant les licenciements économiques (2 %). « La pyramide des âges devrait rester favorable encore deux ou trois ans, analyse Régis Dos Santos, président du syndicat national des banques (CFE-CGC). Mais l’on voit bien que la transformation numérique s’accélère : les plans stratégiques des grands groupes, comme ceux de BNP Paribas ou de BPCE, prévoient des investissements massifs dans le digital. »

« Notre crainte, ajoute-t-il, c’est que les banques deviennent la sidérurgie de demain si des investissements aussi importants ne sont pas réalisés en matière de formation des salariés. Pour l’instant, celle-ci n’est pas à la hauteur, d’où le risque réel de “rupture digitale” d’ici trois à quatre ans. »

Quoi qu’il advienne, une mutation sensible des profils recherchés par les banques est déjà à l’œuvre, allant vers une montée en compétences. « Nos clients ne se déplacent plus en agence que lorsqu’ils ont une question précise et avec un bon niveau d’information préalable », décrypte Stéphane Dubois, DRH de la banque de détail du groupe Société générale. D’où une évolution du recrutement : en 2015, 47 % des embauches correspondaient à des postes de cadres, soit 7 points de plus par rapport à 2013.

Certains métiers à faible valeur ajoutée pâtissent donc directement de l’automatisation des services bancaires. Les chargés d’accueil et de service à la clientèle représentaient ainsi 20 % des embauches du secteur en 2013, mais seulement 15 % en 2015.

A l’inverse, on assiste à une progression des recrutements de profils plus experts, à l’image des conseillers en patrimoine ou des chargés de clientèle aux entreprises, sans oublier l’émergence de nouveaux métiers issus de la transformation digitale, autour notamment du big data et du marketing numérique.

· Des caisses sans caissières ?

Forte de plus de 600 000 emplois, la grande distribution est aussi concernée par l’automatisation.

En décembre 2016, Amazon frappait un grand coup aux Etats-Unis en inaugurant à Seattle (Etat de Washington) son premier supermarché du futur, Amazon Go : un magasin sans caisse, sans paiement et sans file d’attente ! L’astuce ? Lorsque le client entre dans le magasin, il n’a qu’à s’identifier en passant sur une borne son téléphone mobile. Amazon peut ensuite détecter tous les achats de l’utilisateur. Une fois sorti du magasin, celui-ci reçoit sa facture sur son téléphone. Amazon Go n’est pour l’instant qu’un prototype. Mais la question surgit naturellement : l’horizon d’un supermarché sans caissiers est-il inéluctable ?

Si l’on considère l’ensemble du secteur du commerce et de la distribution, il y aurait en France environ 200 000 caissiers et caissières – soit 20 000 de moins qu’il y a dix ans, du fait du développement des caisses automatiques.

« Nous ne sommes hélas qu’au début de l’érosion », craint Guy Laplatine, délégué syndical central CFDT chez Auchan. Ce dernier mène depuis janvier des actions de sensibilisation du public pour protester contre « la généralisation des caisses automatiques » au sein de l’enseigne, qui se traduirait, selon la CFDT, par la suppression d’environ 2 000 emplois d’hôtesses de caisse – car il s’agit très majoritairement de femmes – d’ici à trois ans.

Un projet démenti par la direction d’Auchan, qui assure qu’aucun plan d’automatisation des caisses n’est à l’œuvre. Mais Guy Laplatine persiste : « La direction a beau démentir, la vague d’automatisation est en marche et ne s’arrêtera pas. Depuis 2005, chez Auchan, plus de 1 800 ETP [équivalents temps plein] n’ont pas été pourvus en caisse, ce qui a abouti à une suppression de 2 500 emplois d’hôtesses, étant donné que celles-ci travaillent à temps partiel, 25 heures par semaine. »

La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), l’organisation professionnelle qui regroupe la plupart des enseignes de la grande distribution à prédominance alimentaire, se veut rassurante. « Dans notre branche, nous évaluons à environ 140 000 les effectifs en caisse. Par rapport à il y a cinq ans, ce chiffre est stable, explique Renaud Giroudet, directeur des affaires sociales de la FCD. Lorsque l’on enlève cinq caisses dans un hypermarché, ce n’est pas pour autant que l’on supprime cinq emplois. Les caisses automatiques nécessitent une présence humaine pour intervenir en cas de problème de passage d’articles. »

« Si l’on généralisait les caisses automatiques, les files d’attente seraient beaucoup plus longues, car les clients seront toujours plus lents que les hôtesses. »
Carrefour, premier employeur privé de France avec 115 000 salariés, tient à montrer qu’il ne succombe pas aux sirènes de l’automatisation. « Nos effectifs sur les caisses sont stables depuis plusieurs années », souligne une porte-parole du groupe.

Quant à la FCD, elle rappelle que seulement 3,5 % des caisses sont aujourd’hui automatiques dans le commerce. « Si l’on généralisait les caisses automatiques, les files d’attente seraient beaucoup plus longues dans les hypermarchés, car les clients seront toujours plus lents que les hôtesses », explique Renaud Giroudet.

Quelle est la probabilité que les enseignes de la grande distribution se convertissent progressivement au modèle 100 % automatisé d’Amazon Go ? Le sujet est ultrasensible. « Bien sûr que tout client rêve d’aller au supermarché sans avoir à faire la queue pour payer, indique Susanne Molkentin-Lacuve, directrice marketing de Diebold Nixdorf, leader mondial des automates bancaires et des caisses automatiques. Mais quelle est la maturité et quels sont les coûts de ces technologies ? Ce modèle est-il adapté à tous les formats ? Et est-ce que les clients sont prêts à accepter qu’on les filme tout au long de leur parcours ? Ce sont de vraies questions. »

· Le déclin des agences de voyages « physiques »

Le secteur touristique, qui représente plus de 7 % du produit intérieur brut français, est particulièrement touché par l’essor des services en ligne et celui de l’économie collaborative. Les agences de voyages « physiques » sont-elles en mesure de pouvoir survivre ?

« On nous promettait la mort des agences de voyages traditionnelles avec l’explosion des plates-formes en ligne. Eh bien, elles résistent ! », se félicite Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du voyage (ex-Syndicat national des agences de voyages), qui représente les 31 000 salariés des agences à la fois physiques et en ligne – les premières comptant pour environ 70 % de l’emploi. Quelque 3 500 agences de voyages « physiques » émaillent aujourd’hui le territoire – un chiffre en baisse de 10 % depuis 2012 – et font face à la concurrence redoutable d’environ 500 plates-formes en ligne.

D’après le cabinet de conseil Oliver Wyman, sur le marché français des réservations de voyage, les agences « physiques » ont vu leur part de marché passer de 59 % à 47 % entre 2009 et 2013. Durant la même période, celle des agences en ligne a, elle, progressé de 19 % à 30 %. Ce sont surtout les agences indépendantes qui ont vu leurs réservations chuter (– 6 %), tandis que les plus grosses ont résisté, voire progressé (+ 4 % pour Havas Voyages ; + 3 % pour Voyages Leclerc…).

La contraction du réseau d’agences de voyages traditionnelles ces dernières années s’est-elle traduite par une fonte des effectifs ? Jean-Pierre Mas botte en touche : « Le nombre d’emplois détruits dans [ces structures] n’a pas été quantifié, mais il est largement compensé par la création d’emplois dans les agences nouvelles, qu’elles soient en ligne ou physiques avec une stratégie “omnicanal”. »

« On va vers une concentration autour de quelques gros acteurs au détriment des petites agences. »
Un avis que ne partage pas Pascal Pedrak, responsable de la branche tourisme à la CFDT : « Il est compliqué d’avoir des chiffres fiables dans le secteur du tourisme. Mais la profession, vieillissante, est clairement en déclin. On va vers une concentration autour de quelques gros acteurs – on le voit avec la fusion récente entre TUI et Transat – au détriment des petites agences, qui semblent vouées à une disparition progressive. »

Les centres d’appels des tour-opérateurs ont particulièrement souffert du double effet de la délocalisation et de la digitalisation des réservations : les Entreprises du voyage estiment à 4 000 les emplois perdus en cinq ans.

Pour anticiper les mutations à l’œuvre, le syndicat a mis en place en 2015 une gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC), dans laquelle ont été identifiés plusieurs métiers « sensibles », appelés à connaître une baisse des effectifs et une évolution de leurs attributions. Parmi eux : les conseillers voyages, les forfaitistes, les conseillers billetterie, les chargés de documents de voyage…

A l’inverse, la GPEC avance que les métiers de commerciaux, de chargés de marketing ou de chargés de communication constitueront demain la clé pour capter de nouvelles clientèles.

« L’omnicanalité est la clé de la réussite pour les agences traditionnelles, assure Pierre-Olivier Grolleau, directeur du réseau d’agences du voyagiste TUI France. Le conseiller voyages doit être capable d’accueillir le client physique, mais aussi de répondre au client virtuel. »

L’enseigne, qui disposait de 130 agences intégrées en 2013, en a aujourd’hui 60. Depuis 2013, une centaine de départs volontaires ont concerné les agences du groupe. Un nouveau concept d’agences digitalisées a été déployé, les « Tui Stores », dans lesquels les conseillers utilisent des tablettes tactiles pour faire découvrir aux clients leur destination de rêve.

« Exercer à vie un métier immuable ne sera plus envisageable »

« Dans une économie digitalisée, les mutations seront constantes et imprévisibles, analyse Eric Hazan, directeur associé senior du cabinet McKinsey. Exercer à vie un métier immuable ne sera plus envisageable : les emplois se décomposeront en une série de tâches dont une partie seulement demeurera inchangée. Nous aurons besoin d’un système dans lequel chacun puisse renouveler ses compétences en continu, tout en ayant des incitations et des filets de sécurité adaptés. » Tout un programme.

Clara Bamberger

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Crédit Mutuel Arkéa défend son modèle d’ETI de la banque

Par Delphine Cuny  | <!–
mis à jour le –> 07/03/2017

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Le groupe bancaire régional, qui investit beaucoup dans les startups de la Fintech, s’estime bien avancé dans son plan stratégique 2020. (Crédits : Arkea)

Le groupe des fédérations de l’ouest, en conflit avec l’organe central de la banque mutualiste, a gagné des clients et amélioré ses résultats en 2016, malgré le contexte de taux. Preuve de la justesse de son positionnement de groupe régional, argue son président.

Plus petite mais pas plus fragile, au contraire. C’est le message que martèle Jean-Pierre Denis, le président du Crédit Mutuel Arkéa, qui regroupe les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central de la banque mutualiste. La banque régionale a réalisé des résultats solides l’an dernier, malgré l’impact des taux d’intérêt ultra-bas : son produit net bancaire a atteint « un plus haut historique » de 1,85 milliard d’euros (+4,1%) tout comme son bénéfice net part du groupe à 336 millions d’euros (+13,5%), selon les chiffres publiés lundi après-midi.

Une performance financière soutenue par une bonne dynamique commerciale : le groupe bancaire, qui possède aussi ses propres filiales de banque en ligne Fortuneo, d’assurance-vie Suravenir, de paiement électronique Monext et la cagnotte en ligne Leetchi, revendique un gain net de 350.000 clients, portant le total à 3,93 millions. L’encours de crédits a progressé de 5,1% à 47 milliards d’euros, celui de l’épargne de 16% dépassant les 100 milliards d’euros, le portefeuille d’assurances de 3,4%.

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[Les résultats 2016 du Crédit Mutuel Arkéa]

« Ces résultats confirment la solidité intrinsèque du modèle d’ETI de la banque de notre groupe. Un modèle unique qui repose sur une croissance diversifiée et une taille qui favorise tout à la fois l’agilité et la rapidité d’exécution et nous permettent ainsi d’explorer de nouvelles voies de conquête. Nous sommes, plus que jamais, déterminés à défendre ce modèle à succès et d’avenir d’ETI de la banque, un modèle parfaitement adapté aux attentes du marché et de nos clients », déclare Jean-Pierre Denis dans le communiqué.

Bras de fer pour l’indépendance

Ces propos s’inscrivent dans le cadre du bras de fer pour son indépendance qui l’oppose au président de la Confédération nationale du Crédit Mutuel, l’organe central de la banque mutualiste, Nicolas Théry, également à la tête de la puissante fédération CM11-CIC (11 fédérations, de Strasbourg à PACA). Ce dernier tient d’ailleurs une conférence de presse ce mardi au cours de laquelle il fera un point sur les procédures en cours. En janvier, la confédération a prononcé un blâme contre la caisse interfédérale Arkéa qu’elle accusait de contre-façon de marque et de non-respect de la territorialité.

Arkéa rappelle notamment que son ratio de solvabilité (Common Equity Tier One) à 15,3%, se situe très au-dessus des exigences réglementaires et « confirme la solidité intrinsèque du groupe qui dispose d’une réserve de puissance sans précédent pour continuer à se développer et à investir ».

L’un des domaines dans lesquels Arkéa s’est montré particulièrement actif est le numérique : après le rachat de Leetchi-Mangopay, le groupe implanté près de Brest a investi dans une flopée de startups de la Fintech, dont 2 millions d’euros dans Fluo (comparateur de contrats d’assurances) annoncés il y a quelques jours, 3 millions en octobre dans Grisbee (gestion de patrimoine en ligne), et une participation dans Vivienne Investissement (robo-advisor). Arkéa a aussi participé à la levée du fonds de capital-risque français Daphni et espère faire de ce positionnement comme partenaire privilégié des startups un avantage concurrentiel.

« Nous avons su très tôt prendre le virage du digital ce qui nous donne aujourd’hui une longueur d’avance que nous entendons bien conserver pour aborder les défis de la transformation du secteur bancaire et être de ceux qui vont réinventer la banque et l’assurance » fait ainsi valoir Ronan Le Moal, Directeur général du Crédit Mutuel Arkéa.

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/credit-mutuel-arkea-defend-son-modele-d-eti-de-la-banque-654963.html

 

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Journée des droits de la femme. L’égalité au travail en 10 chiffres

Par Laurence JAFFRÈS.

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Ce 8 mars c’est la journée internationale des droits des femmes. Le moment de rappeler en 10 chiffres que si les droits des femmes progressent dans le monde de l’entreprise, il reste encore du chemin à parcourir. Repères.

2186 

Si rien de change, il faudra attendre 2186 pour que l’égalité homme femme devienne réalité, soit 170 ans. D’après le rapport 2016 du forum économique mondial sur parité homme-femme.

47,98 %

de la population active sont des femmes, selon l’Insee en 2015.

35,64 %

des membres des conseils d’administration sont des femmes en 2015. Une progression, alors qu’elles n’étaient que 8,5 % en en 2007 (Observatoire Skema, édition 2017).

32 %

des créateurs d’entreprises sont des femmes en 2010. Elles étaient 26 % en 2007. L’entrepreneuriat au féminin en France est l’un des plus favorables et se situe au 4 ème rang mondial sur 17 pays retenus. Bémol, ce taux de création est un des moins élevés des pays de l’OCDE : 4% des femmes en France sont entrepreneurs contre 6% en Grande Bretagne, et 10 % aux Etats-Unis. (Women’s report, 2012).

31,69 %

des cadres et professions intellectuelles supérieures sont des femmes selon l’Insee en 2015.

28 %

des filles sont en écoles d’ingénieurs. La majorité étudient la chimie et l’agronomie. Elles sont ultra-minoritaires dans les autres branches.Elles représentent 21 % des ingénieurs en poste, et la différence du salaire annuel moyen entre hommes et femmes atteint 30, 2 % en 2014.

26 %

représente la proportion des femmes présentes au sein des comités de direction des entreprises de l’Union européenne. Ce chiffre était de 24 % en 2016.

19 %

c’est l’écart de salaire moyen, selon l’observatoire des inégalités de l’Insee, pour un poste équivalent à temps plein entre un homme et une femme. Cet écart devient plus important quand les personnes grimpent dans l’échelle des salaires. L’écart est de 22 %  pour les 10 % de femmes les mieux rémunérées. A l’inverse, en bas de l’échelle, l’écart baisse à 8 %.

11,59 %

Ce pourcentage est celui des femmes dans les Comités exécutifs. En 2007, elles étaient 8%. Une progression limitée qui illustre la persistance d’un plafond de verre, et voit ces comités comme de lieux de pouvoir aujourd’hui encore essentiellement masculins. (Observatoire Skema 2017)

7 %

du montant total des levées de fonds en France (en 2016) est réalisé par des femmes, pour un montant de 126,6 millions d’euros. Un montant en hausse de 29 % par rapport à 2015. 13 % des start-up qui ont levé des fonds en 2016 sont dirigées par des femmes, un recul de deux points par rapport à 2015.

http://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/economie-au-feminin/economie-au-feminin-10-chiffres-qui-parlent-des-femmes-en-entreprises-4841050?utm_source=neolane_of-ofe_newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=of-ofe_newsletter&utm_content=20170308&vid=1253174

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Nicolas Théry: «Le Crédit Mutuel a retrouvé un fonctionnement totalement normal»

7 mars 2017

Le président du Crédit Mutuel constate qu’Arkéa joue à nouveau le jeu et trouverait logique que le président de cette grosse fédération, Jean-Pierre Denis, revienne à la table de la maison commune.

Le Crédit Mutuel, cinquième groupe bancaire français, a réalisé une belle année 2016 avec un bénéfice historique de 3,25 milliards d’euros (+7,7%) et 49,5 milliards de fonds propres, ce qui lui donne un ratio de solvabilité de 15,7%, le plus élevé de toutes les grandes banques hexagonales. Son président Nicolas Théry affirme à l’Opinion sa volonté de respecter l’autonomie des groupes régionaux et constate que malgré, ses rodomontades, Crédit Mutuel Arkéa transmet désormais les informations demandées et participe aux groupes de travail de la confédération.

Nicolas Théry, 51 ans, inspecteur des finances, ancien conseiller de Dominique Strauss-Kahn à Bercy puis directeur de cabinet de Pascal Lamy à Bruxelles, est entré dans le groupe Crédit Mutuel en 2009 et en préside la confédération nationale depuis un an.

Le groupe Crédit Mutuel a affiché de bons résultats en 2016 dans un environnement difficile. Pouvez-vous encore progresser   ?
Nos performances viennent de notre mix qui associe tous les métiers de banque sur toutes les clientèles (entreprises, particuliers, professionnels, banque privée) en faisant de chacune des caisses locales un centre de service capable de distribuer tous les produits de la banque, de l’assurance et du service. Cela désensibilise un peu les réseaux par rapport à la marge financière   ; cela fidélise les clients et permet un développement solide. En outre, le service du client est très bien adapté à la nouvelle économie. Pour réussir, la clé c’est le nouveau mode de relation. La digitalisation c’est à la fois des process innovants, la puissance et la sécurité informatiques, domaines dans lesquels le Crédit Mutuel est particulièrement bien pourvu, et une relation renforcée entre les salariés et les clients.

Comment voyez-vous évoluer les taux d’intérêt   ?
On est engagé dans un cycle de hausse des taux aux Etats-Unis. La zone euro est de nouveau en inflation positive, proche de la cible de la BCE. Pour autant, on devrait avoir en Europe une stabilisation des taux, une sortie progressive des taux négatifs et des taux bas puis, je l’espère, une repentification de la courbe plus représentative de la réalité. La banque, c’est le commerce des promesses. Quand l’avenir a une valeur moindre que le présent, tous les métiers de la banque et de l’assurance sont perturbés.

«Il faut financer le logement social et les investissements publics dans les meilleures conditions. A 0,75 % cette mission n’est plus remplie. Il faut donc une nouvelle baisse des taux réglementés»

Cette situation a-t-elle un effet sur la collecte d’assurance-vie   ?
Les produits en euros sont une promesse de maintien du capital. On défend ce principe même si les rendements diminuent. Mais pour notre groupe, l’assurance est un triptyque entre dommages, vie et emprunteurs, qui représentent chacun environ un tiers de l’activité.
La pression liée aux taux bas a donc un impact plus limité pour le Crédit mutuel. C’est la diversification qui est la clé de notre solidité et de notre développement futur.

Qu’en est-il pour le Livret bleu   ?
Aujourd’hui, avec un taux de 0,75 % net d’impôt, l’épargne réglementée immédiatement liquide rapporte autant que les emprunts d’État à 10 ans. Un dispositif où un placement à 15 jours rapporte le même taux qu’un emprunt à long terme est un dispositif malsain  ! Il faut protéger l’épargne populaire donc il n’est pas question d’avoir un taux négatif. Mais il faut aussi financer le logement social et les investissements publics dans les meilleures conditions. A 0,75 % cette mission n’est plus remplie. Il faut donc une nouvelle baisse des taux réglementés.

Le président du Crédit mutuel Arkéa vient d’affirmer que vous n’êtes pas le mieux placé pour défendre les intérêts de sa banque…
Les résultats du Crédit Mutuel Arkéa, comme ceux des cinq autres caisses fédérales (Laval, Lille, Strasbourg, La Roche-sur-Yon, Fort-de-France), sont excellents. Cela montre que c’est en restant au Crédit Mutuel qu’on obtient les meilleurs résultats. Arkéa, comme les autres fédérations, obéit à la même alchimie   : l’autonomie des groupes régionaux, de leurs fédérations et de leurs caisses locales, appuyés sur la marque Crédit Mutuel, la solidité et la solidarité garanties par la confédération. Je suis sûr que les résultats d’Arkéa auraient été moins bons hors de la confédération. La preuve en est que depuis qu’il parle de séparation, l’agence Moody’s a mis sa note sous surveillance négative mais n’a pas touché à celles des autres entités du groupe. En outre, sur les marchés, les taux des emprunts du CM Arkéa sont aujourd’hui supérieurs à ceux du CM Nord-Europe à Lille, de taille assez équivalente.

Pour Jean-Pierre Denis, président d’Arkéa, « au Crédit mutuel rien n’est réglé ». Que lui répondez-vous   ?
Les valeurs que nous partageons sont les mêmes. La volonté de développement est la même. Le souci des nouvelles technologies est le même. Le Crédit Mutuel, ce sont 2 100 start-up que sont les caisses locales et 6 ETI que sont les groupes régionaux responsables du développement. Le rôle de la confédération n’est pas de dire à Arkéa ce qu’il doit faire. Le développement et la stratégie commerciale sont de la seule responsabilité des fédérations. La confédération limite son intervention à trois points   : la cohérence prudentielle, la marque Crédit Mutuel et son usage et la représentation des intérêts collectifs. Cela fonctionne parfaitement et, depuis la décision du Conseil d’État de décembre dernier, Arkéa nous transmet toutes les informations demandées. Ses salariés sont revenus dans les groupes de travail. Il ne manque aujourd’hui que la présence des trois présidents des fédérations membres d’Arkéa au conseil de la confédération. Je trouverai logique que Jean-Pierre Denis et ses pairs reviennent à la table de la maison commune.

Il vous reproche de promouvoir un modèle de banque centralisée…
Il n’y a pas de volonté de centralisation de ma part. Appeler à l’unité comme je le fais ce n’est pas appeler à l’uniformisation, c’est appeler à l’unité dans la diversité, respecter l’autonomie des groupes régionaux à condition de respecter les disciplines communes. Une banque centralisée, c’est l’inverse de ce que veut être le Crédit Mutuel. Tous les groupes régionaux à l’exception d’Arkéa, soit 1  800 caisses locales et 16 fédérations, considèrent qu’il est de leur intérêt de rester dans la confédération. Notre mix entre responsabilité locale et coordination nationale est le bon.

Craignez-vous la nouvelle décision du Conseil d’État sur la solidarité au sein du groupe attendue pour cet automne   ?
Le Conseil d’Etat a rendu le 13 décembre un arrêt de principe disant que la loi était claire et que l’argument de la concurrence était inopérant. Donc le débat est clos. Notre position sur la solidarité répond parfaitement aux exigences systémiques. C’est l’avis de 16 fédérations et de la BCE. Et Arkéa nous a déclaré en janvier qu’il respecterait cette décision sur la solidarité. Aujourd’hui, le Crédit Mutuel a retrouvé un fonctionnement totalement normal et la confédération joue son rôle, rien que son rôle.

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