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Arkéa précise les risques liés à son indépendance

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A l’occasion de l’actualisation semestrielle de son document de référence, le groupe pointe en particulier l’incertitude sur les réponses des régulateurs.

Deux mois après avoir présenté son schéma de sortie du groupe Crédit Mutuel, Arkéa s’est plié au traditionnel exercice d’actualisation de son document de référence. Alors que les conseils d’administration de chacune des caisses locales devront se prononcer cette automne sur la désaffiliation du reste du groupe, Arkéa y liste les différents risques théoriques liés à l’exécution de ce projet. Le document, qui intègre aussi une présentation des solides résultats du premier semestre 2018, pointe en particulier l’incertitude sur l’obtention et le délai des réponses des régulateurs.

«Du fait de son caractère inédit, Crédit Mutuel Arkéa ne peut garantir que le projet sera conduit à son terme, qu’il ne devra pas faire l’objet de modifications majeures par rapport à ce qui était initialement prévu ou [si] des difficultés nouvelles émergent lors de sa mise en œuvre», résume le document. Dans le cadre de sa nouvelle organisation, qui remplacera les caisses locales par des sociétés coopératives locales sans prérogatives bancaires, jumelées avec des agences bancaires dépendant de l’entité centrale Arkéa, le groupe devra mettre à jour son agrément bancaire auprès de l’ACPR et de la BCE. Arkéa devra aussi faire homologuer son modèle interne par la BCE, et éventuellement gérer la transition en revenant à un modèle standard, plus coûteux en capital.

Le document aborde aussi les risques sur les parts sociales, que le groupe Arkéa émet pour se financer en tant que groupe bancaire coopératif. Si les parts émises par le passé ne pourront pas faire l’objet d’un remboursement anticipé, la perte de l’agrément bancaire collectif de chacune des anciennes caisses locales pourrait les mettre dans l’incapacité d’émissions futures. «Un schéma d’émission est en cours d’étude avec l’ACPR et la BCE. Il n’existe aucune certitude sur le fait que le schéma proposé soit accepté par les autorités», indique le document de référence.

Le document liste par ailleurs plusieurs incertitudes concernant le vote à venir des conseils d’administration des caisses locales, qui doit ensuite ouvrir la voie à un vote de leurs sociétaires pour modifier les statuts. Les caisses locales qui décideraient de rester dans l’aventure Crédit Mutuel pourraient, de leur côté, prétendre à un remboursement des actions qu’elles détiennent dans le capital social d’Arkéa, au nominal. Le document mentionne enfin des risques de contentieux, le groupe Crédit Mutuel exigeant notamment la rétrocession «d’une partie» des 3,5 milliards d’euros de réserves d’Arkéa.

03/09/2018 L’AGEFI Quotidien / Edition de 7H

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Crédit mutuel-Arkéa juge son divorce « complexe à réaliser »

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par Matthieu Protard

PARIS, 30 août (Reuters) – La banque Arkéa, branche sécessionniste du groupe bancaire Crédit mutuel, juge elle-même que son projet de désaffiliation unilatérale de la banque mutualiste est « complexe à réaliser » et comporte « des incertitudes et des risques ».

Dans une actualisation de son document de référence, déposée le 29 août auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et disponible sur internet, Arkéa explique aussi que son projet de divorce du Crédit mutuel devra être soumis à l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ainsi qu’à la Banque centrale européenne (BCE) qui décident des agréments bancaires.

« Le projet de désaffiliation tel qu’envisagé par Crédit mutuel Arkéa est inédit et particulièrement complexe à réaliser », écrit la banque sécessionniste. « Du fait de son caractère inédit, Crédit mutuel Arkéa ne peut garantir que le projet sera conduit à son terme. »

« Les éventuels enjeux commerciaux liés à la perte de la marque ‘Crédit mutuel’ et l’adoption par Crédit mutuel Arkéa d’une dénomination et de marques commerciales ne reprenant pas les termes ‘Crédit mutuel’ doivent être pris en considération », poursuit Arkéa.

Dans son document de référence, la banque, qui veut s’émanciper du Crédit mutuel, dresse la liste des risques liés à son projet d’indépendance.

LISTE DE RISQUES

Parmi ces risques figurent notamment le risque lié à la demande d’indemnisation de la Confédération nationale du Crédit mutuel (CNCM), l’organe central du Crédit mutuel, le risque lié au calcul des ratios de solvabilité financière ainsi que celui lié à l’obtention des autorisations réglementaires.

« La désaffiliation du groupe Crédit mutuel Arkéa de l’ensemble Crédit mutuel pourrait entraîner une évolution du modèle interne de calcul des risques pondérés conduisant à une augmentation des exigences en fonds propres, voire un passage vers un modèle standard », souligne Arkéa.

Concernant l’aval de l’ACPR et de la BCE, la banque indique que « des discussions sont en cours avec chacune de ces autorités, aucune assurance ne peut être donnée quant à l’obtention de leur accord ni quant au délai et aux modalités de l’obtention de leur accord ».

« La modification de la dénomination sociale de Crédit mutuel Arkéa nécessitera l’accord préalable de ces autorités », poursuit encore l’établissement bancaire.

Depuis fin 2014, la banque Arkéa est engagée dans un bras de fer avec le CNCM et a lancé cette année son projet d’indépendance.

Fin mai, l’ACPR avait déjà estimé qu’une sortie d’Arkéa du groupe bancaire mutualiste serait une « opération complexe » et avait appelé les deux parties au dialogue.

Par ailleurs, dans un courrier adressé en mars à la direction d’Arkéa, et dont Reuters a obtenu une copie, l’ACPR et la BCE rappellent que la réglementation confie à l’organe central CNCM « le soin d’exercer le contrôle administratif, technique et financier des établissements qui lui sont affiliés ».

Le document de référence actualisé d’Arkéa : http://bit.ly/2Ca4GzU

(Edité par Dominique Rodriguez)

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Crédit mutuel: Arkéa admet la folie de son projet de divorce

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PAR

Sous la pression de l’Autorité des marchés financiers, Arkéa, que dirige Jean-Pierre Denis, est obligée d’admettre que son projet de divorce d’avec la Confédération nationale du Crédit mutuel est une pure folie, assortie de risques innombrables qui ne sont pas encore tous identifiables ni chiffrables. La banque n’en continue pas moins son aventure hautement périlleuse.

Voilà des mois que la Confédération nationale du Crédit mutuel (CNCM) répète inlassablement que le projet de sécession de la banque Arkéa, regroupant ses fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest, est une pure folie. Ce qui est aussi le point de vue des autorités de tutelle des banques, la Banque centrale européenne (BCE) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui dans de nombreux courriers adressés au patron de l’établissement breton, Jean-Pierre Denis, l’ont mis en garde contre son projet, soulignant ses très graves dangers. Et jusqu’à présent, il faut bien admettre qu’Arkéa faisait mine de ne pas entendre ces mises en garde, et continuait, tête baissée, d’avancer dans son aventure.

Mais désormais, ce n’est plus le cas. Les autorités de tutelle des banques ont-elles tordu le bras à la direction d’Arkéa pour qu’elle admette elle-même publiquement que son projet était assorti de risques considérables ? La direction de la banque risquait-elle d’être prise en flagrant délit de diffusion de mauvaises informations aux marchés, si elle ne se pliait pas à cette exigence de transparence ?

En réalité, selon nos informations, ce ne sont dans le cas présent ni la BCE ni l’ACPR, guère pugnaces, qui ont donné de la voix mais l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui a la charge de réguler les marchés et de veiller à l’honnêteté et à la sincérité des informations financières qui y sont diffusées, de sorte que les investisseurs puissent agir en bonne connaissance de cause.

C’est donc un véritable coup de semonce que l’AMF a adressé à Arkéa, qui s’était cantonnée jusque-là à délivrer des informations lénifiantes aux marchés. Et le résultat est stupéfiant : le « document de référence actualisé » que la banque Arkéa a mis en ligne sur son site Internet, ce mercredi 29 août, portant sur l’exercice 2017 est d’une tonalité qui n’a strictement plus rien à voir avec le « document de référence » initial, publié au printemps dernier. Ce n’est pas une actualisation ; c’est une révolution.

Il suffit d’examiner tour à tour les documents. Voici d’abord le « document de référence »pour 2017, publié au printemps dernier.

Dans ce document, en aucun passage, il n’était dit que Arkéa envisageait une « désaffiliation unilatérale » – la formule n’apparaît pas dans le texte. Et aucun risque lié au projet n’était évoqué. Le document suggérait même explicitement que l’indépendance d’Arkéa ne mettrait pas en cause son « statut coopératif et mutualiste et l’ancrage territorial » – alors que la BCE et l’ACPR ont maintes fois répété que ce serait pourtant le cas.

Bref, le « document de référence » première mouture présentait Arkéa sous ses plus beaux atours et n’évoquait aucun danger à l’horizon.

Avec le « document de référence actualisé », changement radical de ton : la banque est contrainte d’admettre que le projet d’indépendance pourrait être hautement dangereux. Voici ce document.

Les jongleries sémantiques d’Arkéa

Quand on consulte ce document, on tombe d’abord sur une première bombe : pour la première fois, la direction d’Arkéa est contrainte d’admettre qu’elle envisage « une désaffiliation unilatérale » de la CNCM.

« Le Groupe Crédit Mutuel Arkéa va désormais engager la mise en œuvre opérationnelle de sa désaffiliation unilatérale. Le Conseil d’administration de Crédit Mutuel Arkéa, en date du 29 juin 2018, a approuvé le schéma d’organisation cible du futur groupe indépendant et a appelé les caisses locales à se prononcer à compter de l’automne 2018 sur la mise en œuvre de ce schéma. Il a par ailleurs été décidé que Crédit Mutuel Arkéa exercera ses activités sous une autre dénomination sociale que “Crédit Mutuel”. En tout état de cause, la mise en œuvre opérationnelle de la désaffiliation unilatérale du Groupe Crédit Mutuel Arkéa reste soumise à l’approbation des caisses locales », peut-on lire.

Ces lignes fonctionnent comme un aveu : les dirigeants d’Arkéa n’ont aucun mandat des caisses locales pour sortir unilatéralement de la CNCM. Ils se sont dotés de ce mandat via le seul conseil d’administration d’Arkéa (et pas les conseils des caisses locales) mais uniquement dans le cas d’une agression de la CNCM, agression qui n’a pas eu lieu. Ils agissent donc sans mandat direct des caisses. Ce projet de désaffiliation unilatérale semble malgré tout enclenché.

Deuxième aveu : la direction d’Arkéa, qui avait longtemps fait campagne contre la CNCM en prétendant qu’elle nourrissait un projet secret de centralisation, remettant en cause l’indépendance des caisses locales, est dans l’obligation d’admettre que ce projet de centralisation, c’est en fait elle-même qui veut le mener à bien : « Pour ce faire, l’ensemble des activités financières réglementées des caisses locales seraient apportées ou cédées à Arkéa, qui ouvrira corrélativement des agences locales en leur sein. De plus, dans le cadre de cette nouvelle organisation, toutes les opérations de banque et les services d’investissement seraient alors effectués par l’agence locale d’Arkéa, ouverte dans les mêmes locaux que ceux de la SCL », peut-on lire.

Et c’est ensuite que le document est dans l’obligation de pointer les risques innombrables de l’opération de divorce.

Il y a d’abord les « risques relatifs à la complexité du contexte et des risques liés à la désaffiliation du Groupe Crédit Mutuel Arkéa de l’ensemble Crédit Mutuel ».

« Le projet de désaffiliation tel qu’envisagé par Crédit Mutuel Arkéa est inédit et particulièrement complexe à réaliser. La situation liée au projet de désaffiliation du Groupe Crédit Mutuel Arkéa de l’ensemble Crédit Mutuel est complexe et des incertitudes et des risques associés existent. Par ailleurs, les éventuels enjeux commerciaux liés à la perte de la marque “Crédit Mutuel” et l’adoption par Crédit Mutuel Arkéa d’une dénomination et de marques commerciales ne reprenant pas les termes “Crédit Mutuel” doivent être pris en considération. » Ce qui est évidemment de nature à inquiéter passablement les marchés, puisque c’est Arkéa elle-même qui le dit.

La banque fait ensuite un ajout qui retient particulièrement l’attention, même s’il a été écrit de manière alambiquée pour ne pas éveiller les soupçons : « La mise en œuvre de la désaffiliation du Groupe Crédit Mutuel Arkéa ne modifiera pas sa nature de groupe coopératif et territorial, aux valeurs mutualistes. Cependant, sa désaffiliation de l’ensemble Crédit Mutuel a des conséquences qui peuvent être difficiles à appréhender. Du fait de son caractère inédit, Crédit Mutuel Arkéa ne peut garantir que le projet sera conduit à son terme, qu’il ne devra pas faire l’objet de modifications majeures par rapport à ce qui était initialement prévu ou que des difficultés nouvelles émergent lors de sa mise en œuvre. »

Là encore, les investisseurs risquent de ne guère apprécier autant d’incertitude. Mais il y a aussi un aveu de plus, presque dissimulé. Car le mandat reçu par la direction d’Arkéa des administrateurs de caisses locales était de riposter à une possible agression de la CNCM par un projet d’indépendance, mais en veillant bien à ce que la banque garde son statut coopératif et mutualiste.

Or la BCE et l’ACPR ont plusieurs fois mis en garde Arkéa, en faisant valoir que son divorce lui ferait perdre son statut mutualiste, auquel les sociétaires sont fortement attachés. Dans la formulation ci-dessus, on constate donc un habile glissement sémantique : il n’est plus dit qu’Arkéa restera une banque mutualiste et coopérative. Non, elle se transformera en une banque coopérative… « aux valeurs mutualistes ». Ce qui n’a plus rien à voir.

Au siège du Crédit Mutuel de Bretagne au Relecq-Kerhuon (Finistère), une bannière arbore le mot d'ordre « Indépendance pour Arkéa ». © DRAu siège du Crédit Mutuel de Bretagne au Relecq-Kerhuon (Finistère), une bannière arbore le mot d’ordre « Indépendance pour Arkéa ». © DR

Et ensuite, il y a les « risques relatifs aux caisses locales » et les « incertitudes sur la possibilité pour les caisses locales de poursuivre des émissions de parts sociales par offre au public et perte de l’agrément des caisses locales ».

« La désaffiliation unilatérale des caisses locales de l’ensemble Crédit Mutuel emporterait la perte du bénéfice de l’agrément bancaire collectif octroyé dans les conditions de l’article R. 511-3 du Code monétaire et financier (CMF), ce qui pourrait être susceptible d’avoir un impact sur leur possibilité d’émettre, pour le futur, des parts sociales par offre au public. Les émissions par offre au public des parts sociales constituent à ce jour une source de financement essentiel pour CMA. L’incapacité des caisses locales à poursuivre les émissions par offre au public pourrait avoir des incidences fortes sur sa situation financière si un schéma alternatif n’était pas mis en place. Un schéma d’émission est en cours d’étude avec l’ACPR et la BCE. Il n’existe aucune certitude sur le fait que le schéma proposé soit accepté par les autorités. » La direction de la CNCM n’emploierait pas de formules plus acerbes pour condamner le projet.

Cela se poursuit par les « risques liés à l’accord des autorités de contrôle ».

« La réalisation du projet de désaffiliation unilatérale est soumise à la décision de l’ACPR et de la BCE concernant l’agrément bancaire de Crédit Mutuel Arkéa et des caisses locales qui lui sont rattachées, ces autorités étant amenées à se prononcer lorsque la perte de la qualité de société affiliée sera notifiée à l’ACPR par l’organe central pour chaque entité du Groupe Crédit Mutuel Arkéa conformément à l’article L. 511-31 du CMF. À ce stade, des discussions sont en cours avec chacune de ces autorités, aucune assurance ne peut être donnée quant à l’obtention de leur accord ni quant au délai et aux modalités de l’obtention de leur accord. La modification de la dénomination sociale de Crédit Mutuel Arkéa nécessitera l’accord préalable de ces autorités », peut-on lire. Ce qui est tout aussi ravageur.

On passe ensuite au « risque lié aux calculs prudentiels ». « Par ailleurs, la désaffiliation du Groupe Crédit Mutuel Arkéa de l’ensemble Crédit Mutuel pourrait entraîner une évolution du modèle interne de calcul des risques pondérés conduisant à une augmentation des exigences en fonds propres, voire un passage vers un modèle standard (…) La désaffiliation de l’ensemble Crédit Mutuel pourrait conduire à revoir le mode d’évaluation des risques pondérés pour les 58 milliards d’euros d’expositions au risque actuellement évaluées selon une approche notation interne », admet le document.Il y a juste les « risques liés aux demandes d’indemnisation de la CNCM » qu’Arkéa conteste. Comme Mediapart l’avait révélé (notre article est ici), la confédération étudie la demande de dommages considérables, si la sécession intervenait. « À ce jour, le Groupe Crédit Mutuel Arkéa n’a pas été saisi d’une quelconque demande formelle et étayée. Crédit Mutuel Arkéa contestera cette demande si elle venait à être formalisée », lit-on dans ce document actualisé.

Quoi qu’il en soit, que penser d’un projet de scission que la banque présente de la sorte ? C’est elle-même qui le suggère : le bon sens serait de mettre fin aux hostilités et de suspendre cette guerre bancaire stupéfiante. Et pourtant, Arkéa n’a visiblement nulle intention de rendre les armes. Comprenne qui pourra.

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Crédit Mutuel : Arkéa fait de sa solidité financière un étendard pour son indépendance

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Arkéa a annoncé le 28 août dernier avoir généré un bénéfice « record » au premier semestre. Son président Jean-Pierre Denis y voit la pertinence des choix stratégiques du groupe.

« Dans la continuité d’une année 2017 remarquable, le groupe coopératif et mutualiste présente des performances d’ensemble à leur plus haut niveau historique ». C’est la formule choisie par Arkéa – qui depuis plusieurs mois ne communique plus sous le nom de Crédit Mutuel Arkéa – pour introduire ses résultats financiers semestriels. Et de fait, tous les indicateurs sont au vert !

Durant les 6 premiers mois de l’année, le produit net bancaire de l’entité a progressé de 8% par rapport au premier semestre 2017, à plus d’un milliard d’euros. Son vivier clients s’est élevé de 3,6% au cours du premier semestre. Ses encours crédit et épargne ressortent également en hausse. Arkéa a, en conséquence, dégagé un résultat net semestriel de 247 millions d’euros, contre 193 millions un an plus tôt. Le bénéfice du groupe a ainsi augmenté de 28% par rapport au premier semestre 2017.

Crédibiliser sa sortie du Crédit Mutuel

« C’est une immense satisfaction de voir le groupe Arkéa afficher de tels niveaux de performance. Dans un environnement économique contrasté, où la persistance de taux d’intérêts bas pénalise particulièrement les activités de banque de détail, Arkéa a su tirer profit de la diversité et de la complémentarité de ses métiers pour présenter un tableau économique de premier ordre », se félicite par communiqué Jean-Pierre Denis, le président d’Arkéa.

Autre motif de satisfaction : le ratio de solvabilité. Augmentant avec la quantité de fonds propres d’une banque, cet indicateur renseigne sur la capacité d’un établissement bancaire à faire face à ses engagements en cas de choc financier. A fin juin 2018, le ratio de solvabilité d’Arkéa s’est établi à plus de 18% : le « meilleur niveau de la place bancaire française », souligne Jean-Pierre Denis. Cela « confirme d’ailleurs, plus que jamais, la solidité intrinsèque du groupe. (…) Le groupe Arkéa démontre une nouvelle fois, de façon objective et indiscutable, sa pleine capacité à poursuivre sa belle trajectoire de croissance en toute indépendance », ajoute son président.

Arkéa suspendu au scrutin des caisses locales

Pour Arkéa, rassurer ses clients, les autorités de contrôle – très réservées sur le projet de scission – et ses collaborateurs sur sa solidité financière est un enjeu majeur. Le groupe, qui souhaite s’extraire du giron du Crédit Mutuel, va en effet faire face prochainement à une nouvelle échéance dans sa quête d’indépendance. Après s’être déclarées en avril dernier très majoritairement favorables au projet de scission, les caisses locales d’Arkéa vont statuer cet automne sur la future organisation du groupe en cas de sortie effective.

Dessinée fin juin par le conseil d’administration, cette nouvelle organisation impacterait directement les quelques 300 caisses. En effet, le futur Arkéa disposerait d’un agrément d’établissement de crédit unique, et non plus collectif.

 

www.cbanque.com

 

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Arkéa : nouvelles performances un premier semestre 2018

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La Crédit Mutuel Arkéa a présenté des résultats du premier semestre 2018 au plus haut niveau historique avec un résultat net à 247 millions d’euros. Dans un contexte de divorce avec la Confédération du Crédit Mutuel, le groupe Arkéa, qui demande son autonomie affiche un PNBA sur les six premiers mois de l’année à plus d’un milliard en progrès de 7,9 % par rapport au 1er semestre 2017. Le total de bilan progresse de 4,6 milliards d’euros sur la période, à 132,9 milliards d’euros. « Cette réussite montre enfin la pertinence de notre modèle », insiste le président Jean-Pierre Denis, alors que la BCE demande des garanties à la direction bretonne sur son projet d’indépendance.

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28 août 2018

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Les cinq métiers les plus menacés par l’intelligence artificielle

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Selon le think tank Institut Sapiens, cinq métiers semblent plus menacés que les autres par l’intelligence artificielle et l’automatisation. Ils pourraient disparaître dans le courant du XXIe siècle.

L’intelligence artificielle ne détruira peut-être pas tous les emplois, mais elle en détruira certains. Parmi ceux-là, l’Institut Sapiens, think tank fondé notamment par  le Dr Laurent Alexandre et qui se concentre sur des problématiques liées aux nouvelles technologies, en a identifié cinq.

« Ce sont près de 2,1 millions d’actifs concentrés dans ces cinq métiers qui ont une forte probabilité de voir leur emploi disparaître dans les prochaines années », est-il écrit dans l’étude publiée mardi 21 août 2018 : «  L’Impact de la révolution digitale sur l’emploi  ».

Automatisation et baisse d’effectifs

Pour établir ce classement, l’Institut a pris en compte les métiers « qui sont à la fois directement remis en question par une technologie et qui ont vu leurs effectifs diminuer depuis trente ans ».

Dans un premier temps, les enquêteurs ont recensé une quinzaine de postes dont les tâches étaient automatisables. Puis, ils ont croisé leur tableau avec celui des métiers qui avaient connu la plus forte diminution d’effectifs.

Erwann Tison , directeur des études à l’Institut Sapiens indique aux « Echos » avoir pris en compte le coût de la main-d’oeuvre : « Plus le coût est faible, moins l’intérêt de remplacer le travailleur par une machine est élevé. »

Les projections ont ensuite été calculées selon deux hypothèses. La première, linéaire, est la plus optimiste. En gros, il s’agit de continuer la courbe telle qu’elle est lancée. La date d’extinction est alors la plus lointaine. La seconde, la plus pessimiste est exponentielle ; la tendance s’accentue. La date d’extinction est la plus proche.

1. Employés de banque et d’assurance

Les employés de banque et d’assurance sont les plus menacés selon l’Institut Sapiens. Leurs effectifs sont passés de 356.000 en 1986 à 221.000 en 2016 soit une diminution de 39 %. L’effet du numérique se fait ressentir partout en France ; on ne compte plus le nombre d’agences qui ferment au profit des opérations par Internet.

« La banque et les assurances […] risquent de ne plus compter aucun [employé] d’ici 2038 à 2051, soit une véritable extinction prochaine et rapide », indique l’étude.

2. Employés de la comptabilité

Le métier de comptable s’est déjà radicalement transformé en quelques années. Fini les petites mains (les aides-comptables) qui entraient sur papier les montants des chèques. Si les effectifs ont augmenté durant les années 2000, ils sont désormais 10 % de moins qu’en 1986, soit 300.000.

« La tendance est depuis quelques années à l’externalisation du métier », note le rapport, qui prévoit une extinction entre 2041 et 2056, quand « des logiciels intelligents dédiés pourront ainsi effectuer les tâches comptables sans intervention humaine ».

3. Secrétaire de bureautique et de direction

Le nombre de secrétaires n’a cessé de diminuer depuis 1986, passant de 765.000 à 560.000 en 2016. Leur extinction est prévue entre 2053 et 2072. Toutefois, ce n’est pas la première fois que l’on prophétise la disparition de ce métier ; déjà dans les années 1980, l’arrivée de l’informatique semblait les condamner.

« Il y a une grande différence : on est passé d’une secrétaire par client à une secrétaire pour plusieurs clients aujourd’hui, justifie Erwann Tison. Un employé peut faire le travail de plusieurs d’autrefois. Il y aura encore un prestige à avoir quelqu’un sur ce poste pendant quelque temps, mais lorsque la technologie sera assez mûre, il ne restera plus qu’une petite poche d’actifs dans ce secteur. »

4. Caissiers et employés de libre-service

Le nombre de caissiers et d’employés de libre-service a augmenté par rapport à 1986, mais la courbe est décroissante depuis les années 2000.

« Les caisses automatiques qui permettent de diminuer drastiquement la masse salariale fleurissent depuis plusieurs années dans les supermarchés », remarquent les auteurs de l’étude, qui projettent une extinction du métier à 2050 ou 2066.

« Ici, un autre critère a été pris en compte, précise Erwann Tison. C’est l’effet générationnel : certaines personnes continueront toute leur vie à se diriger vers un humain au moment de passer en caisse. »

5. Ouvriers de la manutention

La disparition de ce métier est estimée au plus tôt en 2071 et au plus tard en… 2091. « La marge est importante car le coût de la main-d’oeuvre est faible », explique Erwann Tison.

Ce métier a connu une diminution de 17 % de ses effectifs entre 1986 et 2016 pour compter aujourd’hui 675.000 employés. Et force est de constater que l’objectif des géants de la distribution  comme Amazonou Baidu est bien d’automatiser leurs entrepôts autant que faire se peut.

Si certains métiers risquent de disparaître, d’autres peuvent apparaître , souligne Erwann Tison : « Si vous aviez dit, il y a dix ans, que l’un des métiers les plus importants dans le marketing serait aujourd’hui celui de  community manager , on vous aurait ri au nez. »

Il ne cache pas aussi que l’art de la prévision est un exercice risqué qui demande que, «  toutes choses égales par ailleurs  », les phénomènes se poursuivent. Mais les bouleversements induits par l’IA seront tels qu’il sera bien difficile de conserver « toutes choses égales par ailleurs » sur plusieurs décennies.

Rémy Demichelis
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Quel rôle pour le conseiller bancaire dans 10 ans ?

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Les innovations technologiques et le changement de comportement des usagers bancaires bouleversent déjà le rôle du conseiller bancaire. En observant les évolutions déjà en cours, certains spéculent sur le devenir du conseiller bancaire et de l’agence physique en 2028. Que projettent-ils ? 

L’agence bancaire est morte. Vive l’agence bancaire !

La dématérialisation des parcours clients, les nouvelles fonctionnalités accessibles en ligne ou le développement du mobile banking questionnent les établissements financiers sur le devenir de l’agence bancaire physique. Si l’uniformisation était jusqu’alors la norme, petit à petit des stratégies distinctes sont testées pour retenir le client. Toutefois, deux tendances ont émergé : créer des espaces uniquement dédiés aux conseils ou privilégier les espaces supports en complément des canaux numériques. Coincé dans un entre-deux, le bilan demeure mitigé d’autant que le niveau de fréquentation des agences continue de diminuer et que les plans de fermeture s’enchainent.

Vers plus de relationnel pour le futur conseiller bancaire

Dans une décennie, ni les agences ni les conseillers humains n’auront déserté. Les banques traditionnelles seront mieux imbriquées dans les étapes suivies par le client. Les agences seront également des lieux de vie avec un accueil plus personnalisé. Si les robots-conseillers disposeront d’une présence accrue, le conseiller humain apportera de la valeur ajoutée pour accompagner le client aux moments clés de sa vie. Les chatbots serviront à répondre aux demandes d’informations simples, autour des produits bancaires de base, des mails ou encore des prises de rendez-vous. Délestés de ces tâches chronophages, les chargés de clientèle recentreront leurs activités et leurs compétences sur le conseil personnalisé et le relationnel.

Du conseiller bancaire au coach financier

Interrogé par l’AGEFI sur sa vision du banquier en 2028, Erwan Cabillic, directeur des opérations clients et conseillers au Crédit Mutuel Arkéa, envisage un conseiller bancaire devenu « coach financier, au service de son client, qui l’accompagnera dans la réalisation de ses projets ». Julien Muresianu, cofondateur de Jalgos, valide : « le conseiller bancaire pourra pousser des offres [au client] qui collent à ses besoins ou qui les anticipent ». Plus globalement, Yann Lhuissier, directeur général adjoint, Crédit Agricole Alpes Provence, imagine un réseau qui « s’articulera autour de grandes agences, qui concentreront plus de compétences et de spécialisation. Sur les territoires, des points conseil seront 100 % digitaux, avec un espace qui permettra aux conseillers bancaires de recevoir les clients en mobilité. ».

Banques en ligne

Article rédigé par Olivier B.
Rédacteur web pour www.banques-en-ligne.fr

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Le Crédit Mutuel Massif Central victime d’une fuite de données

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Fin mai, 69 000 clients sociétaires du Crédit Mutuel Massif Central se sont fait subtiliser des données personnelles. Contactée, la banque nous a expliqué n’avoir pour l’heure constaté aucun incident bancaire consécutif à cette fuite.

Ces derniers jours, le Crédit Mutuel Massif Central a annoncé à ses clients avoir été victime d’une fuite de données. « Dans le cadre de la surveillance que nous réalisons, nous avons détecté une sortie isolée, non autorisée, de données de clients sociétaires du Crédit Mutuel Massif Central, dont les vôtres, en contravention avec notre politique de protection des données », explique ainsi le courrier envoyé par la fédération aux personnes concernées. Les informations dérobées sont personnelles. Il s’agit des noms et prénoms des clients, de leurs adresses postale et électronique, de leur numéro de téléphone, de leur âge ou encore de la date de dernières souscriptions de parts sociales. Toutefois, ces données ne permettent « en aucun cas » d’avoir accès aux comptes bancaires, souligne la banque dans le courrier.

La fédération du Crédit Mutuel a alerté la CNIL

Contacté, le Crédit Mutuel Massif Central nous a expliqué que la fuite a été détectée fin mai dernier. Loin d’être circonscrit à quelques clients, le vol des données concerne 69 000 sociétaires sur les 112 000 clients de la banque. « Nous avons réagi rapidement dès que l’incident a été détecté par nos services. Nous avons alors procédé à des enquêtes techniques et informé les autorités compétentes en matière de violation de données personnelles […]. Depuis, nous avons mis en place une surveillance spécifique et avons porté plainte auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris. Cette surveillance nous a permis de constater l’absence d’incidents bancaires liés à cette fuite de données et l’absence d’utilisation des données à des fins de démarchage », ajoute la banque.
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Révolution digitale : ces professions qui vont disparaître

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Selon une étude du think tank libéral Institut Sapiens, cinq métiers sont en sursis : comptable, caissier, employé de banque ou d’assurance, secrétaire de direction et manutentionnaire.

Pour les uns, c’est un motif d’angoisse. Pour les autres, un formidable espoir. Mais les faits sont là et il faut s’y faire. Le numérique bouleverse le monde du travail et cette révolution digitale n’est pas près de s’arrêter.

Selon une étude du think tank libéral Institut Sapiens que Le Parisien-Aujourd’hui en France publie en exclusivité, cinq métiers ont été ces dernières années particulièrement touchés par les bouleversements liés à la robotisation et l’intelligence artificielle au point d’être menacés.

2,1 millions d’actifs « ont une forte probabilité de voir leur emploi disparaître dans les prochaines années », note l’étude. Il s’agit des métiers de comptable, de caissier, d’employé de banques et d’assurance, de secrétaire bureautique et de direction et enfin, de manutentionnaire.

Plus d’employés de banque en 2050

L’Institut Sapiens, qui s’est appuyé sur des données de la Dares – le service des études statistiques du ministère du Travail – regroupant les effectifs des emplois classés par familles professionnelles sur trente ans a conclu, par exemple, que la profession d’employé de banque, dont les effectifs ont fondu de 40 % entre 1986 et 2016, pourrait disparaître totalement à l’horizon 2050, soit quelques années avant les comptables – dont la date d’extinction prévue est en 2056.