Non classé

La transformation de l’univers bancaire : vers quels métiers à l’horizon 2025 ?

transformation métier banque
Culture Banque > Carrière Bancaire > La transformation de l’univers bancaire : vers quels métiers à l’horizon 2025 ?

La transformation de l’univers bancaire : vers quels métiers à l’horizon 2025 ?

L’univers bancaire subit actuellement de profondes métamorphoses. La numérisation pousse actuellement les banques vers la plus grande transformation de leur histoire. Dans un univers toujours plus concurrentiel, réussir ce changement est devenu une question de vie ou de mort pour les différents établissements financiers.

L’observatoire des métiers de la banque a donc mené une étude, de façon à évaluer quelles seront les missions des employés de banque à l’horizon 2025. Cette étude révèle, en outre, que trois types d’activités sont fortement menacés par les évolutions technologiques : la gestion administrative, la gestion des opérations courantes, ainsi que le travail de collecte et de suivi des données. Les autres activités bancaires, quant à elles, pourraient être radicalement transformées.

Les métiers bancaires voués à disparaître d’ici 2025

En premier lieu, l’activité bancaire qui semble la plus menacée concerne la gestion administrative et comptable des établissements financiers. Il s’agit du classement et de l’archivage des documents aujourd’hui entièrement dématérialisés et automatisés. De même, l’envoi des e-mails de relance est désormais réalisé par des machines plutôt que par les conseillers.

? Lire le boulversement des métiers bancaires

La tenue des agendas et l’organisation des rendez-vous se fait, elle aussi, directement en ligne. Enfin, des outils d’intelligence artificielle pourraient, à long terme, s’occuper des déclarations fiscales, de l’élaboration des contrats de travail et des comptes-rendus de réunions. Le traitement des opérations courantes, lui aussi, risque bien de disparaître. En effet, le passage des opérations bancaires courantes est de plus en plus digitalisé. Les ordres de transactions sur les marchés financiers sont également concernés. Des outils de scoring permettent désormais d’évaluer directement les risques. Les contrôles de conformité des pièces fournies par les clients sont, eux aussi, gérés de façon automatique, en vue de réduire toujours davantage les fraudes. Enfin, le recueil d’informations simples et leur interprétation seront également réalisés par des machines, ce qui pourrait bien remplacer bon nombre d’analystes financiers, d’économistes et de chartistes. 

Les métiers voués à une profonde transformation

Si certains métiers bancaires sont totalement destinés à la disparition, d’autres métiers-repères actuels pourraient bien devenir secondaires à l’horizon 2025. Tel est le cas des chargés d’accueil ou des opérateurs de marché. Les contrôleurs des gestions, les gestionnaires administratifs, les techniciens en comptabilité ou en finance, ainsi que les techniciens en ressources humaines pourraient, eux aussi, passer au second plan. 

Les activités liées à la vente seront totalement repensées. En effet, les assistants virtuels seront une aide considérable à la détection des besoins des clients. Les nouvelles technologies assisteront donc les chargés de clientèle dans la promotion et la vente des produits et des services bancaires. De nouveaux supports d’aide à la vente seront disponibles et l’univers marketing des banques sera donc directement impacté. L’instruction des demandes de crédits et l’évaluation des risques seront assistées par l’intelligence artificielle, ce qui impactera directement la négociation des conditions d’octroi des plans de financement. De ce fait, les activités de management seront transformées, de façon à mieux correspondre aux nouvelles attentes des collaborateurs.

Bien entendu, de nouveaux métiers-repères feront leur apparition. Les métiers de la Data formeront une nouvelle catégorie à part entière au sein de la cartographie des ressources humaines bancaires. Les métiers-supports, quant à eux, deviendront de véritables partenaires au fonctionnement commercial des banques. Aussi les employés de banque peuvent trouver de nouveaux métiers du côté de la FinTech. Reste alors aux employés du secteur financier à faire évoluer leurs connaissances et leur savoir-faire technique pour se positionner au mieux au cœur de cette métamorphose de la carrière bancaire.

Non classé

Avec ses résultats, Arkéa veut prouver qu’il peut vivre seul

Capture d’écran 2019-03-01 à 13.25.20.png

La banque mutualiste a capté 274.600 nouveaux clients l’an dernier, ce qui la conforte dans son projet de sortie du périmètre de la Fédération nationale du Crédit Mutuel. Aucun calendrier n’est désormais affiché.

Trop petit le Crédit Mutuel Arkéa pour prétendre à son indépendance ? A cette interrogation récurrente, Jean-Pierre Denis, son président, répond que son groupe est le « plus capitalisé de la place et de plus en plus rentable. Notre taille n’est pas un handicap mais un avantage ».

Il entend une nouvelle fois le démontrer par ses résultats de l’année 2018. Son PNBA – produit net banque-assurance – de 2,1  milliards d’euros a progressé de 2,7 % ; son résultat net de 437 millions d’euros est en hausse de 2,1 % et son encours d’épargne a augmenté de 3,2 %. Depuis 2014, le bénéfice de la banque a quasiment doublé.

Pour meilleure preuve que son modèle est pérenne et immune aux turbulences liées à sa  stratégie d’indépendance , Arkéa fait état de la conquête de 274.600 nouveaux clients l’an dernier dont 130.000 pour la banque de détail – physique ou en ligne – où le groupe tire encore 44 % de ses revenus.

Le groupe basé en Bretagne s’est diversifié, notamment dans le « b to b » où il a réalisé l’an dernier 20 % de ses activités. En marque blanche, il gère notamment les activités bancaires de clients comme Carrefour et Auchan, par exemple pour leurs cartes de paiement.

Arkéa s’est aussi impliqué dans le financement des acteurs de l’immobilier, des collectivités et des entreprises (17 % de ses revenus) et les assurances (24 % de ses recettes).

Avec ses résultats, Arkéa veut prouver qu\'il peut vivre seul

837 emplois créés en CDI

Pour renforcer sa présence territoriale et être plus « solidaire » de son environnement, la banque mutualiste qui a créé 837 emplois en CDI l’an dernier, a mis en application début février son projet d’accompagnement de ses 50.000 clients les plus fragiles.

Ceux-ci n’auront plus à supporter de frais pour incidence bancaire. « Cela va peser à hauteur de 5 % sur notre résultat net », indique Jean-Pierre Denis qui va au-delà des engagements pris par les banques en décembre pour répondre à la crise des « gilets jaunes ».

« Nous sommes partisans d’une répartition plus équilibrée de la valeur créée », insiste Ronan Le Moal, le directeur général d’Arkéa. Il met en exergue l’intéressement versé au personnel d’un montant de 124 millions d’euros en 2018, contre 85 millions d’euros il y a 3 ans. Le dirigeant a besoin de ses troupes pour aller au bout de son projet d’indépendance.

Plus de calendrier pour l’indépendance

Initialement prévu en 2019 , Jean-Pierre Denis, n’indique plus de calendrier de sortie d’Arkéa du périmètre de la Confédération nationale du Crédit Mutuel. Il calme le jeu et précise que les négociations engagées avec les superviseurs (Banque de France et Banque Centrale Européenne) « se font dans un état d’esprit constructif ».

Un document de 3.000 pages est étudié à la loupe pour définir « le mode d’emploi de la désaffiliation ». Pour Jean-Pierre Denis « tout le monde vient à cette idée de la séparation. Il n’est pas question pour nous de faire vite mais de bien faire ». « D’ailleurs, poursuit-il, nos équipes y travaillent avec celles du Crédit Mutuel Alliance Fédérale. Elles se parlent sereinement ».

Stanislas du Guerny
Les Echos  Correspondant à Rennes
Non classé

Les résultats d’Arkéa appuient ses velléités d’indépendance

Capture d’écran 2019-03-01 à 13.19.39.png

Les résultats d’Arkéa étoffent l’argumentaire développé par la branche dissidentedu Crédit Mutuel pour quitter le giron du groupe bancaire. Arkéa, qui regroupe les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif Central, a publié hier un bénéfice net en hausse de 2,1% sur un an, au titre de 2018, à 437 millions d’euros, son plus haut niveau jamais atteint. Record historique également pour le PNBA (produit net banque assurance), ressorti à 2,15 milliards d’euros l’an dernier, en progression de 2,7%.

«Une large partie de notre portefeuille d’activités n’est pas corrélée à l’évolution des taux», dont la faiblesse lamine les marges d’intérêts des banques européennes depuis des années, a expliqué Jean-Pierre Denis, président d’Arkéa, lors d’un point presse. La diversification du groupe ces dernières années a en effet ramené le poids de la banque de détail dans son PNBA à 44%. Près d’un quart des revenus d’Arkéa proviennent de l’assurance et de la gestion d’actifs, des métiers générateurs de commissions.

Sur le front de la solvabilité, Arkéa affichait un ratio CET1 de 17,5% fin 2018, «le meilleur de la place depuis plusieurs années», affirme Jean-Pierre Denis. Il a toutefois diminué de 1 point en l’espace d’un an, en raison de la norme IFRS 9 et de l’augmentation des fonds propres nécessitée par la hausse de 11% des encours de crédit, l’an dernier. «Notre conquête brute a été très forte durant une année 2018 pourtant marquée par un discours anxiogène sur le groupe», a insisté Jean-Pierre Denis, en référence à la procédure de désaffiliation lancée en janvier 2018 par Arkéa.

Dernier rebondissement en date dans cette guerre fratricide entre la banque et la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), le conseil d’administration de cette dernière a approuvé le 18 février une décision de caractère général (DCG) définissant un cadre juridique pour la désaffiliation de caisses. Une DCG par laquelle «la confédération reconnaît enfin le principe même du droit à désaffiliation de chacune des caisses locales du groupe Arkéa».

Selon une source proche du dossier, le document élaboré par Arkéa sur les modalités et les conséquences juridiques, financières et opérationnelles de sa désaffiliation est en cours de finalisation. Il sera ensuite soumis aux avis de la BCE, de l’ACPR et de la CNCM, préalables indispensables avant sa présentation au vote des administrateurs des caisses concernées. Lesquelles lanceront ensuite chacune une demande de désaffiliation.

01/03/2019 L’AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Non classé

Guerre au Crédit Mutuel : Arkéa boycotte Standard&Poor’s

Capture d’écran 2019-03-01 à 09.27.17.png

Le Crédit Mutuel Arkéa a décidé de ne plus être noté par l’agence de notation américaine. L’une des raisons invoquées : le traitement défavorable des activités d’assurance, « composantes-clés » du projet de la banque.

« Le Crédit Mutuel Arkéa annonce la dénonciation de la convention nouée avec la Confédération Nationale du Crédit Mutuel (CNCM) relative à sa notation par l’agence S&P Global Ratings », a fait savoir ce 25 février l’enseigne regroupant les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et, pour l’heure, du Massif Central. En conséquence, à partir du 1er juin, Arkéa ne sera plus noté par l’agence américaine… L’enseigne, représentée actuellement par la CNCM auprès de S&P, préférant être en lien direct avec les agences de notation qui la suivent.

Arkéa motive également cette décision par « les crières d’analyse et la méthodologie » de S&P et « en particulier le traitement défavorable des activités d’assurance, qui sont des composantes-clés de la réussite [de son] modèle de croissance », détaille Arkéa. L’enseigne continuera par contre à être évaluée par Moody’s et Fitch Ratings, les deux agences concurrentes à S&P.

Pour rappel, à plusieurs reprises, S&P a émis des doutes sur le projet d’indépendance d’Arkéa, les conséquences financières et la faisabilité même du projet. En conséquence, l’agence de notation a placé en 2018 Arkéa en perspective négative et menacé de dégrader sa note sans toucher à celle de l’ensemble du groupe Crédit Mutuel.
En savoir plus sur https://www.cbanque.com

Non classé

Le Crédit Mutuel Arkéa décide de ne plus être noté par Standard and Poor’s Global Ratings

Capture d’écran 2018-08-29 à 16.56.52

 

Brest, le 25 février 2019 – Le Crédit Mutuel Arkéa annonce la dénonciation de la convention nouée avec la Confédération Nationale du Crédit Mutuel (CNCM) relative à sa notation par l’agence S&P Global Ratings. Cette résiliation prendra effet au 1er juin 2019. Le Crédit Mutuel Arkéa continuera d’être noté par les agences Moody’s Investor Services et Fitch Ratings.

 

La CNCM représente notamment le Crédit Mutuel Arkéa auprès de S&P Global Ratings pour la notation des programmes d’émission. Dorénavant, le Crédit Mutuel Arkéa sera en lien direct avec les 2 agences qui le noteront.

Cette décision est également motivée par les critères d’analyse et la méthodologie retenus par S&P Global Ratings et en particulier le traitement défavorable des activités d’assurance, qui sont des composantes-clés de la réussite du modèle de croissance mis en œuvre par le Crédit Mutuel Arkéa.

En complément, le Crédit Mutuel Arkéa va solliciter l’arrêt de la notation par S&P Global Ratings des véhicules de refinancement Arkéa Home Loans SFH et Arkéa Public Sector SCF, à effet du 1er juin 2019.

Le Crédit Mutuel Arkéa continuera d’être noté par Moody’s Investor Services et Fitch Ratings.

 

A propos du Crédit Mutuel Arkéa
Le Crédit Mutuel Arkéa est composé des fédérations du Crédit Mutuel de Bretagne, du Sud-Ouest et Massif Central, ainsi que d’une trentaine de filiales spécialisées (Fortuneo, Monext, Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels, Arkéa Investment Services, Suravenir…). Avec plus de 10 000 salariés, 3 500 administrateurs, 4,4 millions de sociétaires et clients dans la bancassurance et plus de 132 milliards d’euros de total de bilan, le Crédit Mutuel Arkéa se classe parmi les tout premiers établissements bancaires ayant leur siège en région.
Plus d’informations sur www.arkea.com

Non classé

Jean-Pierre Denis (Arkéa) inquiété dans l’affaire Kering

Jean-Pierre Denis Arkéa Kering

Le président du Crédit Mutuel Arkéa pourrait être inquiété par la jutisce française, en sa qualité d’administrateur de Kering, concernant les pratiques fiscales illégales du groupe de luxe français.

Alors que les rêves d’indépendance de Jean-Pierre Denis, président d’Arkéa, la filiale du Crédit Mutuel, ont pris du plomb dans l’aile — ce dernier n’ayant toujours pas été en mesure de fournir un projet de scission valable aux autorités bancaires françaises et européennes ainsi qu’à la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), qui l’exigent depuis un certain temps maintenant — M. Denis pourrait voir la justice frapper à sa porte dans le cadre des récentes révélations de fraude fiscale de l’entreprise Kering, dirigée par François-Henri Pinault.

L’affaire Kering

Après de premières révélations, en mars 2018, concernant le système d’optimisation fiscale ayant permis au géant français du luxe d’évader 2,5 milliards d’euros d’impôts en Europe, Mediapart vient de lever le voile sur le montage financier illégal mis en place par Kering (ex PPR) destiné à rémunérer l’ancien PDG de Gucci, Patrizio Di Marco.

Dans un article publié fin janvier, au titre particulièrement évocateur — «?Kering : les paiements au Panama et les mensonges au Sénat?» —, le média français accuse ainsi le milliardaire François-Henri Pinault, PDG du groupe, de pratiquer «?l’évasion fiscale à tous les étages?». Et ce à travers plusieurs pays : Suisse, Luxembourg, Panama…

Différents «?montages offshore?» avérés, révélés par Mediapart — documents internes à l’appui —, que Kering a niés devant le Sénat français à deux reprises. L’un de ces montages bénéficiait directement, outre au géant du luxe, à Patrizio di Marco, le patron de Gucci (de 2008 à 2014), la marque phare de Kering. Pour lequel son employeur aurait mis en place un système de rémunération illégal, lui ayant permis de ne payer «?que?» 100?000 euros d’impôts sur le revenu par an en Suisse. Soit un taux d’imposition de 2 %, «?20 fois moins qu’en Italie?», où il aurait dû être imposé, renseigne Mediapart.

«?Courrier embarrassant?» pour Jean-Pierre Denis

Cette affaire pourrait éclabousser Jean-Pierre Denis en raison de son poste d’administrateur chez Kering : dans une lettre adressée à Patrizio di Marco, le 26 mars 2013, François-Henri Pinault affirme au PDG de Gucci qu’il pourra facturer des honoraires de 1,1 million d’euros et aura droit à un «?second bonus calculé sur les résultats du groupe à long terme?» et précise que «?le montant [du bonus] a été fixé “‘sur les conseils du comité des rémunérations”’ du conseil d’administration de Kering?», dont faisait partie, entre autres, Jean-Pierre Denis. Un courrier «?embarrassant pour les personnalités qui siégeaient à l’époque dans ce comité?», conclut Mediapart.

Ces révélations ne sont pas de bon augure pour Jean-Pierre Denis. D’aucuns estiment en effet qu’elles apportent un éclairage nouveau sur sa volonté indéfectible de sortir du giron du Crédit Mutuel. Déjà pointé du doigt pour son salaire supérieur à beaucoup de dirigeants du CAC 40 — 1,6 million d’euros en 2017 —, et sa présence au fonds financier Tikehau Capital aux côtés de François Fillon, sous le coup d’une enquête pour des soupçons d’emplois fictifs, le président d’Arkéa est aujourd’hui inquiété dans une affaire d’évasion fiscale qui vient appuyer les dires de certains, selon lesquels, pour Jean-Pierre Denis, le profit prime sur le reste. Ces révélations contrastent par ailleurs avec le bien-être de la Bretagne, celui des salariés et sociétaires d’Arkéa qu’il prétend défendre avec son projet de scission. Le ciel s’assombrit pour Jean-Pierre Denis.

Capture d’écran 2019-02-15 à 17.26.05

Non classé

La fintech est-elle la nouvelle bulle internet ? Est-ce que certains acteurs bancaires, comme le Crédit Mutuel Arkéa en France qui multiplie les prises de participation, sont trop investis dans ce secteur ?

bulle qui explose

Les start-ups de la finance attirent un nombre croissant d’investisseurs. Près 40 milliards de dollars y ont été investis en 2018 dans le monde, deux fois plus qu’en 2017 et 5 fois plus qu’en 2014. Les investisseurs voient-ils dans les fintechs les futures Google et Amazon ou misent-ils aveuglément sur des sociétés fragiles ? Réponse d’Antoine Baschiera, président de l’agence de notation Early Metrics.

Antoine Baschiera Early Metrics

Antoine Baschiera est PDG et co-fondateur de l’agence de notation spécialisée dans les start-ups Early Metrics. Implantée à Paris, Londres, Berlin et Tel-Aviv, elle a audité plus de 2 400 jeunes pousses.

 

Les banques, les assureurs, les fonds de capital-risque généralistes investissent dans les fintechs. Des fonds dédiés sont même créés. Ne s’emballent-ils pas un peu trop vite pour ce secteur très jeune ?

Antoine Baschiera : « Clairement, il y a un effet d’emballement. La fintech est probablement l’un des seuls secteurs à intéresser autant les corporates [les banques, les assureurs et autres sociétés financières… ndlr] que les acteurs de la finance traditionnelle comme les fonds de capital-risque. Cette multiplicité des investisseurs potentiels, qui se concurrencent sur les levées de fonds, n’est pas sans conséquence sur les montants levés par les fintechs. La pression concurrentielle permet aux fintechs d’atteindre facilement leur objectif de collecte voire même de les dépasser. Résultat, on observe qu’à maturité égale les jeunes pousses de la finance ont tendance à lever plus que les start-ups du retail [commerce de détail, ndlr] par exemple . »

fintech, CB Insights

Les rachats de fintechs par des banques apportent-ils de la crédibilité au secteur ?

Antoine Baschiera : « Ces rachats montrent aux sociétés de capital-risque qu’il y a une voie de sortie possible. En d’autres termes, le dynamisme des corporates a deux conséquences. L’intérêt des banques et des assureurs pour la fintech accroît la compétition entre les investisseurs. Ensuite, il aiguise l’appétit des fonds d’investissement qui voient là une possibilité de revendre aisément leurs participations. Dans les deux cas, cela conduit à gonfler les fonds levés. »

Jugez-vous que certains acteurs bancaires, comme le Crédit Mutuel Arkéa en France qui multiplie les prises de participation, sont trop investis dans ce secteur ?

Antoine Baschiera : « Entre l’incubation, le partenariat commercial ou la prise de participation directe, il existe différents leviers pour se lier à une fintech. C’est pourquoi la notion d’investissement au global est complexe à appréhender. Certaines banques sont en effet très exposées aux start-ups de la finance, mais ce n’est pas forcément mauvais si elles diversifient les moyens de collaboration. Arkéa en est un bon exemple. La banque investit dans la fintech via différents leviers, en rachetant des sociétés comme Pumpkin, en collaborant avec des jeunes pousses avant d’y investir progressivement – ce fut le cas pour MangoPay – ou encore en créant, avec Max, une start-up interne. »

Funding Circle, Revolut, Klarna… Le nombre de fintechs licornes – ces sociétés non cotées dont la valorisation estimée dépasse le milliard de dollars – progresse. Certaines semblent pourtant encore chercher leur modèle économique. Quel crédit accorder à ces valorisations ?

« La décorrélation entre la valeur de marché d’une fintech et sa valeur intrinsèque est un marqueur de bulle »

Antoine Baschiera : « A mon sens, il y a un début de décorrélation entre la valeur que le marché est prêt à payer pour certaines fintechs et leur valeur économique intrinsèque mesurée par leur chiffre d’affaires ou leur nombre de clients. Je suis prêt à me montrer inventif en cherchant de nouveaux indicateurs afin d’évaluer la valeur d’une néobanque comme N26 ou Revolut. Malgré tout, je ne trouve pas réellement d’éléments qui justifient les montants levés et leur valorisation si ce n’est la compétition que se livrent les investisseurs entre eux. Et cette décorrélation fait partie des marqueurs des bulles ! »

L’envolée rapide des fonds levés par les fintechs, l’utilisation de technologies nouvelles ou encore l’abondance des liquidités sur les marchés financiers sont autant d’éléments qui rappellent la bulle internet du début des années 2000. Trouvez-vous cette comparaison pertinente ?

Antoine Baschiera : « Le contexte macro-économique très favorable encourage les levées de fonds records. Les fintechs ont effectivement de nombreux points communs avec les sociétés internet : l’attrait pour la technologie mais aussi la largeur de leur clientèle potentielle. Les fintechs qui réalisent les tours de table les plus importants sont d’abord celles qui ciblent des énormes marchés universels comme la banque de détail ou la banque des PME. Autre point commun : les start-ups des années 2000, comme les fintechs d’aujourd’hui, sont partie-prenantes d’un tournant technologique : l’internet il y a une vingtaine d’années, l’acquisition et le traitement de la data aujourd’hui. »

Par contre, à la différence des jeunes pousses de l’internet, les fintechs ne se précipitent pas pour entrer en bourse. Est-ce qu’il peut avoir une bulle financière sans introduction en bourse ?

« Les fintechs redoutent probablement l’analyse plus rationnelle et pragmatique des investisseurs en bourse »

Antoine Baschiera : « Je pense qu’il y a un effet d’apprentissage. Les fintechs redoutent probablement l’analyse plus rationnelle et pragmatique que pourraient porter ces investisseurs sur leur modèle de valeur, leur bilan et leur compte de résultat. Le private equity est probablement plus tolérant avec les faiblesses d’une entreprise puisqu’il passe par un contrat privé. La bonne nouvelle, c’est que, de fait, si bulle il y a, son explosion restera circonscrite à un nombre plus limité d’investisseurs. Elle ne va pas secouer l’économie avec la même ampleur que la bulle internet. En effet, à la différence de l’investissement dans la fintech aujourd’hui, les startups d’internet en 2000 avaient attiré une typologie très variée d’investisseurs : des investisseurs professionnels mais aussi des particuliers plaçant parfois l’économie d’une vie. »

Voyez-vous dans les difficultés actuelles des plateformes de crowdfunding les prémices de l’éclatement d’une bulle fintech ?

Antoine Baschiera : « Non, pas du tout. Nous assistons à la mort d’un modèle qui ne marchait pas en France. A l’étranger, au Royaume-Uni, le crowdfunding semble avoir davantage réussi à s’ancrer. En France, persisteront les 2 ou 3 meilleures plateformes de prêt et peut être 1 ou 2 sur l’equity. Par contre, si dans quelques années une néobanque sur-financée et sur-valorisée venait à montrer des signes de faiblesse, là il pourrait y avoir un effet boule de neige. »

Quand selon vous va-t-on assister au retournement du marché de la fintech ?

Le retournement du marché « ira relativement vite, à l’horizon 5 ans »

Antoine Baschiera : « Cela ira relativement vite, à l’horizon 5 ans à mon sens. J’ignore quel sera l’événement déclencheur : un changement brutal du contexte macro-économique ou alors quelques faillites de fleurons de la fintech ? »

Quelques start-ups internet, comme Amazon ou Ebay, sont sorties grandies de l’explosion de la bulle. Quelles fintechs pourraient tirer leur épingle du jeu ?

Antoine Baschiera : « Les fintechs gagnantes auront une caractéristique commune : ce sont celles qui auront réussi à travailler avec des acteurs traditionnels. Les cas d’October est intéressant. Cette plateforme reçoit entre autres l’argent de la Banque européenne d’investissement et de compagnies d’assurance… d’acteurs qui pourraient finalement prêter en direct aux entreprises. Kabbage est un autre exemple de collaboration fructueuse. Cette plateforme de prêt pour les entreprises a développé un modèle rapide de scoring du risque de défaut des PME qu’elle met à disposition de banques partenaires. A l’inverse, les fintechs qui concurrencent frontalement les acteurs traditionnels et qui n’auront pas réussi à trouver de nouvelles sources de financement vont subir de plein fouet le retournement du marché. »

En savoir plus sur https://www.cbanque.com

Non classé

Des CGP de plus en plus « pro »

17/01/2019 L’AGEFI Hebdo

Dans un contexte de baisse des marges et des taux, de pression réglementaire accrue et de transformation digitale, les conseillers en gestion de patrimoine font évoluer avec succès leur profession.

 

Des CGP de plus en plus « pro »
(Fotolia)

« Avec une progression de plus de 2 % du nombre des entreprises, et une croissance probablement supérieure à 5 % des parts de marché, l’activité est restée bien orientée en 2018 pour les cabinets de conseil en gestion de patrimoine (CGP). » Formulé par David Charlet, président de l’Association nationale des conseils financiers (Anacofi), ce constat confirme la montée en puissance régulière de ces experts patrimoniaux, regroupés au sein de 3.985 entreprises, selon l’Autorité des marchés financiers (AMF). « Les CGP bénéficient d’abord du retrait des banques, qui sont en train de multiplier les fermetures d’agences, souligne-t-il. Les campagnes de publicité TV des associations professionnelles ont aussi contribué à offrir plus de visibilité au métier qui se développe en attirant de nouveaux clients et en captant des parts de marché, notamment dans l’assurance-vie et l’immobilier neuf. »
La croissance du nombre de cabinets est, elle, alimentée par les reconversions qui ont toujours constitué le principal carburant de ce secteur. Un chemin qu’a emprunté Bérengère Sainte-Croix, 44 ans, fondatrice du cabinet BSC Patrimoine. Diplômée d’une maîtrise en gestion et marketing de l’IECS Strasbourg, elle a exercé plusieurs métiers dans la grande distribution, l’industrie et le secteur hôtelier, avant d’intégrer la banque privée de Barclays en 2011 comme CGP. « Après avoir décroché le certificat en gestion de patrimoine de Juriscampus, cette première expérience était pour moi l’opportunité de découvrir le métier et d’approfondir ma culture financière, explique Bérengère Sainte-Croix. Mais en tant qu’ancienne chef de projet Six Sigma (méthode orientée qualité, NDLR), j’ai toujours placé mes clients au centre de tous les processus. Je n’étais donc pas très à l’aise avec l’idée de leur vendre des produits à tout prix. Et en 2014, j’ai décidé de lancer mon propre cabinet afin d’être plus en phase avec mes valeurs. »

Professionnaliser les processus

Le dynamisme de l’activité s’inscrit dans un contexte de profondes évolutions pour cette profession soumise, elle aussi, à la baisse des taux et des marges, au renforcement de la pression réglementaire et à une transformation digitale qui s’est accélérée ces cinq dernières années. Ce cocktail a affecté l’exercice même du métier, comme le constate Bérengère Sainte-Croix. « Aujourd’hui, il est quasiment impossible de se lancer seul comme j’ai pu le faire en 2014, et d’exercer de manière isolée. La mise en conformité, les licences logicielles, les assurances, les formations obligatoires représentent un budget conséquent et une charge de travail énorme. Je l’atténue en me faisant accompagner par l’Anacofi, qui me fournit un support pédagogique et juridique, et par le groupement CGP Entrepreneurs, qui met à ma disposition les outils digitaux, les supports contractuels et une offre de formation sans lesquels je ne pourrai plus exercer. »
Cette nécessité de professionnaliser les processus a obligé les acteurs à se structurer, comme le reconnaît Marc Mesnil, président du cabinet du même nom. « Après avoir exercé seul pendant près de trente ans, j’ai recruté ces dernières années une assistante pour gérer l’accueil et l’administratif. Assistante que j’ai dû remplacer car, après l’obtention en alternance de son master en sciences des finances de l’Iseg Finance, je l’ai promue CGP junior. Elle m’épaule désormais dans l’élaboration des documents techniques et le développement d’une nouvelle spécialité : la gestion du patrimoine des personnes vulnérables sous tutelle ou curatelle. »
Sur un marché du recrutement très compliqué, les cabinets de CGP doivent se battre pour attirer les talents, comme le confirme David Charlet. « La grande majorité des diplômés des masters ou DU en gestion de patrimoine préfèrent toujours rejoindre l’univers plus classique et sécurisant des banques privées ou des assurances, qui se révèle aussi plus rémunérateur en début de carrière avec des salaires d’embauche de 10 % à 20 % supérieurs à ceux proposés par les cabinets de CGP. » Autre problème évoqué par Patrick Butteau, directeur général de CGP Entrepreneurs, qui fédère 320 structures : « Nombre de cabinets de petite taille renoncent à recruter parce qu’ils n’ont pas la surface financière pour assumer la rémunération d’un jeune diplômé. Celle-ci comprend un fixe de 28.000 à 30.000 euros, auquel il faut ajouter un intéressement qui oscille entre 15.000 et 20.000 euros en fonction des performances. »
De fait, l’alternance constitue la principale porte d’entrée des jeunes désireux de rejoindre les cabinets de CGP. « Allure Finance est en général bien placé dans les classements et nous commençons à voir arriver des candidatures spontanées d’étudiants disposés à nous rejoindre pour décrocher leur master 1 ou 2 en gestion de patrimoine, confirme Edouard Petitdidier, président de ce cabinet qui emploie sept collaborateurs, dont cinq conseillers. Le dernier que nous avons intégré nous avait été recommandé par un client et a été embauché après avoir obtenu son master 2 en alternance au cabinet. »
Les opérations de rachats ou de fusions entre cabinets permettent à ces derniers de capter des profils plus expérimentés, tout aussi rares sur le marché. Carole Pagès, 44 ans, a vécu cette expérience en 2013, et en a profité pour donner un tournant à sa carrière : « Après avoir travaillé comme CGP pendant quinze ans dans la filiale d’un grand groupe, la perspective de ne plus pouvoir exercer mon métier en toute indépendance m’a incitée à partir, raconte cette diplômée du DESS en gestion de patrimoine de l’université de Montpellier. Comme une quinzaine de mes collègues, j’ai décidé de rejoindre le projet de développement de Cyrus Conseil dirigé par Meyer Azogui. Et au bout d’un an et demi, j’ai été nommée directrice associée. »
« Cette tendance à associer les membres de l’équipe se retrouve dans de nombreux cabinets où vous avez d’ailleurs autant d’associés que de salariés », constate David Charlet. Pour fidéliser ses meilleurs éléments, Allure Finance a ainsi fait monter à son capital sa meilleure conseillère et sa responsable du service client. « Lorsque vous avez la chance de dénicher la perle rare, l’association à la stratégie et au résultat du cabinet reste le meilleur levier de fidélisation », confie Edouard Petitdidier.

Chef d’orchestre

Très active au sein de l’équipe des 25 associés du groupe Cyrus, Carole Pagès a conservé la gestion d’un portefeuille de 200 clients dotés de patrimoines compris entre 500.000 et 4 millions d’euros. « Mon quotidien est rythmé par les rendez-vous de suivis clients et de prospection, où je présente l’audit du patrimoine professionnel et personnel du prospect et la stratégie que je compte déployer. » Le sens du contact est une qualité essentielle pour réussir en tant que CGP. « Si vous n’aimez pas les gens, si vous n’êtes pas curieux et toujours en quête d’innovation et que vous n’éprouvez pas le besoin de vous autoformer en permanence, ce métier n’est pas fait pour vous », prévient Carole Pagès, qui apprécie sa position de « chef d’orchestre » du patrimoine de ses clients. « Lorsque je rédige un diagnostic patrimonial et que je propose une stratégie, c’est toujours en pluridisciplinarité avec un expert-comptable et un avocat fiscaliste afin de délivrer, en toute indépendance, le meilleur conseil possible, et de donner du sens au patrimoine du client », précise-t-elle. « Nous avons aussi la chance d’exercer un métier où chaque client est unique, ajoute Bérengère Sainte-Croix. Entre un jeune médecin de 30 ans qui désire construire un patrimoine immobilier et un chef d’entreprise de 50 ans qui souhaite se constituer des revenus complémentaires pour sa future retraite, les arbitrages sont toujours différents. »
L’avenir semble prometteur. Dans cinq ans, Bérengère Sainte-Croix se voit toujours à la tête de son cabinet : « Pour accélérer sa croissance, j’entends d’ailleurs développer une clientèle de chefs d’entreprise, en investissant notamment les champs de l’épargne salariale et de la trésorerie d’entreprise. » A 65 ans, Marc Mesnil commence, lui, à se pencher sur la transmission de son cabinet. « Je m’apprête à intégrer un second CGP afin de constituer un binôme qui pourra me succéder lorsque je déciderai de passer la main. Mais si ma santé me le permet, je compte bien travailler encore pendant cinq ou six ans pour aider l’équipe à réussir ces passages de relais. ».

Capture d’écran 2018-12-13 à 18.14.32